ILLYRIE ET ILES ILLYRIENNES
de Valona, vient du cœur de TEpire, jusqu'à Apollonie, après un long parcours.
Toute la côte iliyrienne est bordée d'un chapelet d'îlots dont plusieurs sont importants : c'étaient des nids de pirates dans l'antiquité. Citons, dans le golfe de Fiume, les îles de Cherso et de Veglia ; puis, entre Spalato et Raguse, Brazza (Braitia), Lissa [Issa)^ Curzola {Corcyra nigra)^ Sabbioncello, Meleda. Plus au sud, il n'y a plus d'îles jusqu'au petit archipel dont la grande Corcyre (Corfou) est le centre.
Plusieurs des villes de la côte et des îles étaient déjà célèbres dans l'antiquité ; il en est qui ont eu un atelier monétaire. Toutefois, Aquilée (Aquileia)^ Trieste gesie)^ Pola, la capitale de l'Istrie, qui a gardé son nom antique, Fiume, l'ancienne Tarsaiica, n'ont point de monnaies, non plus que Zara (lader), Scardona, Spalato (Salone), Narenta [Naronà). 11 n'en est pas de même de plusieurs des îles échelonnées entre Spalato et Raguse. Ce sont Lésina, l'ancienne Pharïa ou Pharos, Issa (Lissa), Corcyra melaina ou nigra (Curzola).
Epitaurum (Raguse) n'a pas de monnaies, mais on en possède de sa voisine Risinium (Rhizon), au fond du golfe de Cattaro.
Ulcinium (Dulcigno) n'a point non plus d'atelier, mais il y en avait un à Scodra (Scutari) et à Lissus (Alessioj.
Nous avons de belles suites monétaires de Dyrrachion (Durazzo) et d'Apollonie, à l'embouchure de l'Aous ; enfin quelques pièces à'Oricum, en face d'Apollonie.
Dans l'intérieur du pays, peu de villes ont eu, à quelque époque que ce soit, un atelier monétaire. Nous avons cependant, mais seulement au ir siècle av. J.-C, des monnaies à'Amantia ou Abaniia, la capitale de la tribu des Abantes, sur un affluent de
l'Aous, de Byllis, la capitale des Buliones ou Bullienses, sur l'Aous, non loin de Valona, et de la tribu des Daorsi, dans l'Herzégovine avec la légende AAOPlflN- Enfin, nous décrivons ci-après quelques monnaies à noms de rois et des monnaies des mines de Damastion, ville située dans la montagne, sur les confins de l'Illyrie et de l'Epire
Mais avant les premières années du siècle qui sont, sauf de rares exceptions nécessitées par les faits, la limite chronologique extrême du présent volume, les seules séries monétaires que nous ayons à enregistrer sont celles d'Apollonie, Dyrrachion, Damastion, Corcyre la Noire, Héraclée, Pharos, Issa. Les autres ateliers ne s'ouvrent que dans le cours du m® siècle ou même postérieurement.
Dans les annales de l'histoire ancienne, on remarque que les Grecs ne réussirent à installer sur les côtes de l'Illyrie que quelques comptoirs comme Apollonie et Dyrrachion. Les rois de Macédoine eux-mêmes, .qui dominèrent en Epire, ne prirent pas pied dans les âpres montagnes de cette région.
Vers l'an 400, on cite le roi illyrien Bardylis, qui fut en lutte contre le roi de Macédoine Amyntas II. En 387, Denys, tyran de Syracuse, fonde les colonies d'Issos et de Pharos ^. En 359, le roi de Macédoine Perdiccas est tué dans une guerre contre les lUyriens, mais Philippe, le père d'Alexandre, réussit à repousser leurs incursions. Alexandre, à son tour, vainquit Clitos, fils de Bardylis, et fit reconnaître
1. Sur la topographie de cette région, voir : G. Patsch, Contribuiion à la numismatique de Byllis et d'Apollonia (dans les Mémoires du Congres de numismatique. Paris 1900, in-S»).
g. Diod. Sic, XV, 13.