ILLYRIE ET ILES ILLYRIENNES APOLLON [E
nominalement sa domination par les tribus illyriennes. Pyrrhus lui aussi dut combattre les lllyriens. Après Pyrrhus, le roi des Illyriens Agron eut un premier conflit avec les Romains. Ce fut sa veuve, la reine ïeula
qui, tirant surtout parti des exploits des pirates qu'elle gouvernait, porta à son apogée cette puissance illyrienne que les Romains devaient mettre si longtemps à abattre .
§ II. — Apollonie.
Apollonie d'Illyrie, aujourd'hui Pollina ou Pollona, se trouvait sur le cours inférieur d'un petit cours d'eau, TApsos, à une courte distance de son embouchure sur la mer Adriatique, en face de Brindisi en Italie ^ Par les vallées de l'Apsos et de l'Aous, on pénétrait par Apollonie jusqu'au cœur de la Macédoine. Voilà pourquoi, au vii« siècle, les Corinthiens et les Corcyréens s'entendirent pour fonder en cet endroit une colonie qui fut rapidement florissante. Elle s'appela d'abord ruXâxeta, du nom de Cylax, qui y conduisit et y installa les colons. Mais le nom d'Apollonie ne tarda pas à prévaloir Les ruines de la ville ont été tout récemment mises au jour par les fouilles de M. Léon Rey.
Apollonie d'IIlyrie qui commença à battre monnaie seulement au temps de la guerre du Péloponnèse, n'a joué qu'un rôle politi-
que effacé dans Thistoire grecque : ce fut seulement après la conquête de la Grèce par les Romains que ceux-ci comprirent l'importance stratégique de cette ville pour leur politique de pénétration en Grèce; aussi Apollonie est-elle souvent citée au cours des guerres de la fin de la République romaine.
Comme colonie de Corcyre, et attachée aux destinées de celle-ci bien plus qu'à celles de Corinthe, Apollonie commença par émettre des statères corcyréens aux types de la vache allaitant son veau et des jardins d'Alcinous. D'après leur style, ces monnaies qui ne se distinguent de celles de Corcyre que par leur légende, ne sont pas antérieures à la première moitié du iv« siècle, au temps où Athènes et Sparte se disputaient la possession de Corcyre, la métropole ^
Groupe A. — Premine moitié du iv^ siècle.
311, — Vache debout à dr., détournant la tête pour regarder le veau qu'elle allaite.
ï^. AP. Deux fleurons stylisés, à longs pétales, renfermés dans deux rectangles placés côte à côte dans un carré linéaire (jardins d'Alcinous).