‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 19 sur 698 · Thucydide · texte numérisé non relu

Thucydide

mytliologio grecque et les représentations ligurées de l'antiquité. Ponr les Grecs, TAchélous était un grand lleuve dont le limon et les débordements annuels fertilisaient merveilleusement de vastes plaines, ou qui, parfois, se changeait en un immense torrent dévastateur. Sous ce double aspect, il fut divinisé. L'Acliélous fut le roi des neuves, le prototype de tous les- tleuves torrentueux de la Grèce. Sur les monnaies, il est aussi célèbre que le Gelas, de Sicile. Avec l'Apollon d'Actium il est la principale divinité des Acarnaniens. La symbolique antique lui donne la forme d'un monstre redoutable, tantôt dragon aux replis sans nombre qui se glisse et serpente lentement dans la plaine, tantôt taureau furieux à tète humaine, le front orné de cornes qui représentent les branches de son estuaire, une barl)e longue et limoneuse dont les poils sont autant de ruisseaux au cours ondulé

Les monnaies de l'Acarnanie interprètent surtout l'épisode mythique de la lutte d'Achélous avec Héraclès, dont voici la donnée essentielle.

Le dieu-tleuve Achélous briguait la main de Déjanire fille d'Oeneus, roi des l^loliens de Pleuron, lorsqu'Héraclès se présenta en rival importun. Dans la lutte corps à corps qui s'engagea entre les deux prétendants, Héraclès rompit Tune des cornes d'Aché-

lous. Cette corne, qui se confondit dans les légendes avec celle d'Amalthée, devint la corne d'abondance remplie de fruits de toute espèce et le symbole de la fécondité des champs arrosés par le fleuve.

« De l'aveu même des Grecs, remarque lÏGuzey, ce sont d'antiques travaux d'endiguement et de barrage qui donnèrent lieu à l'histoire d'Hercule luttant contre Achélous et lui ravissant une de ses cornes. Le terrain conquis ainsi sur le fleuve fut renommé dès les plus anciens temps pour sa fertilité, et c'est là que, pour la première fois, dans toute cette partie de la Grèce, on paraît avoir planté des vignobles. Oenée, roi de Pleuron, qui reçut d'Hercule ce territoire avec la corne d'abondance, joue en effet, dans la légende élolienne le rôle d'un héros introducteur de la vigne. De même, le nom d'Oeniades désignait probablement, dans l'origine, une population de vignerons, qui faisait ileurir au sud de l'Acarnanie cette culture longtemps étrangère au reste du pays » ^

Quant à la nymphe Callirhoé (KaÀÀtpoor^, KaXXipôr.), la légende la plus répandue en fait une fille de l'Océan et elle représente les eaux pluviales ; mais la tradition locale acarnanienne la donne comme fille d'Achélous et mère d'Acarnan, l'ancêtre éponyme des Acarnaniens ^.

t/aCARNANIE STHATOS

Groupe G. — Monnaiks autonomes de Stratos frnppres de 350 à 300 environ.

24. Pégase non bridé, volant à g., les ailes pointues. I^. ITPATinN. Tete de Fallas corinthienne à dr.; dans le ch., en symbole, la tête barbue d'Acliélous, à g.

1. L.lleAVAcy, Le mûiUOb/nipc el l'Acarnanie, pA'Sl. p. 437-438.

1. L. Mpiizey, Le mont Olf/mpe et L'Acarnanie, 3. Paiisanias, VlIT, 24,

27 L*ACARNAN1E OENIADËS 28

IR 22; statère corinthien, 8 gr. 50 (B) Pl. CCLXXI, fig. 22 K

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