‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 210 sur 698 · Brit. Mus. Cat. Thessaly, p. 44, n° 18, pl. IX · texte numérisé non relu

Brit. Mus. Cat. Thessaly, p. 44, n° 18, pl. IX

LA THESSALIE — LA THESSALIOTIDE I PHARSALE

Mais, à Pharsale, les drachmes, d'un remarquable style, groupées sous le n° 481, portent, outre les lettres TH et IP, le nom OTMA(i)3A3T {= TEAEci)ANTO, rétrograde) inscrit à l'exergue du revers en lettres extrêmement ténues, qui paraît bien être la signature de l'artiste graveur de ce beau coin monétaire.

Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que la lettre T ou le monogr. "E, initiales du nom TeXicpavxoc; sont inscrits sur d'autres pièces d'argent (n^ 488 a) et sur des pièces de bronze (n°^ 501 a et 502 a) d'un style remarquable et à une place du champ où l'on doit s'attendre à trouver plutôt une signature d'artiste que le nom d'un magistrat monétaire ordinaire.

Ce nom TeXscpavxo (non TrjXécpavxo) est sans doute un génitif; quoiqu'on puisse supposer un nominatif TeXécpavxoç (comme Hevocpavxo; ^j. Les signatures d'artistes sur les monnaies grecques sont indifféremment au nominatif ou au génitif. Est-il possible d'identifier cet artiste TeXécpavxoç, ou doit-on le ranger parmi les graveurs dont les œuvres sont seules à attester le remarquable talent?

Pline cite un artiste du nom de Télép/îanè^ originaire de Phocide (plutôt que de Phocée), qui, suivant nous, pourrait bien être identique au graveur qui a signé 7'elephanto les drachmes de Pharsale.

« Les artistes qui ont écrit sur l'art, dit Pline, célèbrent par des louanges extraordinaires Tôléphams le Phocidien (ou le

1. Une inscription de Piières nous donne au nominatif, un personnage appelé SevôcpavToç Nixtaio;. Heuzey et Daumet, p. 425, n" 199; Heruianii Gollitz, Dialektinschriften,t. I, 128. Les noms, et même les ethniques, en -to; sont fréquents dans la Grèce du nord,

Phocéen, 7'elephanem Phoceum), inconnu d'ailleurs, parcequ'il habita en Thessalie où ses ouvrages sont restés inconnus. Leurs suffrages l'égalent à Polyclète, à Myron, à Pythagoras. Ils louent de lui sa Larissa, son Spintharos le fentathle et son Apollon.

D'autres assignent une cause différente à son obscurité : c'est qu'il se donna aux ateliers des rois Xerxès et Darius [quoniam se regum Xerxes et Darii officlnis dediderit

Ainsi Pline mentionne un grand artiste toreuticien qu'il appelle Telephanes et qui travailla en Thessalie. Au point de vue onomastique, rien ne s'oppose à ce que le personnage que Pline appelle 7'elephanem, à l'accusatif, et celui qui signe la monnaie de Pharsale TeXécpavxo au génitif, soient le même individu. Au lieu du génitif TeXecpavouç, la monnaie nous donne un génitif en -avxo;, comme on a : èXicpaç, gén. èXe'cpavxoc;. Ata^, gén. A'.'avxof;; Heptcpaç, gén. Ilepicpavxo; ; et par analogie : 'Aptaxocpwv, -cpwvxoç; Ssvocpîov, -cpwvxo;; Aa[jocp(Lv, -cpwvxoc-

La forme génitive TeXîcpavxoc; dérive du nominatif TeXscpa^. Il n'y a pas lieu de s'étonner que Pline ait adopté en latin la forme Telephanes. Pas n'est besoin de supposer une altération du texte de Pline, comme lorsqu'il appelle, par exemple,

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