‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 211 sur 698 · Voici le passage de Pline (XXXIV · texte numérisé non relu

Voici le passage de Pline (XXXIV

Artifices qui compositis voluminibus condideve hœc, miris laiidibus célébrant et Telephanem Phoceum ignotum alias, quoniam in Thessaliam habilaverit, ubi latuerint opéra ejus : alioqui suffragiis ipsorum aeguatur Polycteto, Myroni^ Pylhagorae. Laudant ejus Larissam et Spintfiarum pentathlon et Apollinum. Alii non liane ignobililatis fuisse causam, sed quoniam se regum Xerxis alque Darii ofjîcinis dediderit exislimatit. — Le peintre Téléphanès, de Sicyone (Pline, XXXV, 16j (vers 570-590) n'a de commun que le nom avec le sculpteur-graveur dont nous traitons ici. Adolphe Reinach, Textes grecs et latins relatifs à l'Iiistoire de la peinture ancienne, p. 62, note 3, et p. 65 (texte 60).

LA THESSALIE LA THESSALIOTIDE : PHARSALE

higonos un des sculpteurs de Pergame que nous savons s'être nommé en realité E pigonos ^ Le dialecte thessalien admettait, au surplus, deux formes pour le génitif. C'est ainsi qu'on trouve à la fois Tctaioôvoj et Tstatcpovxo;, Tofji'^iojv et Foucpixo-jv. On peut

donc supposer par analogie, pour le nom

TeXe'fâvr^ç, les génitifs TeXecpâvo'j; et TsÀi-

Pline qualifie Téléphanès de Phoceus (Telephanem Phoceum). On sait que l'ethnique Phoceus désigne aussi bien les habitants de la ville de Phocée en lonie (les Phocéens) que ceux de la Phocide ^les Phocidiens), petite contrée, *î>coxtç, voisine de la Thessalie, où Delphes se trouvait située. Heuzey a opté pour Téléphanès « le Phocéen ». H fait de Téléphanès un artiste ionien qui, appelé à la cour do Darius puis de Xerxès, revint de Perse à la mort de ce dernier, en 465, et passa ensuite en Thessalie, appelé par les lyrans des villes thessaliennes ^

Mais on peut présenter à cette thèse les objections les plus graves. Si le Telephanes

1. Pline, Hist. nat., XXXIV, «4; Max. CoUignoii, Hist. de la Sculpture grecque, t. 11, p. îiOO. Le personnage qui signe Xenocrates des monnaies de Chalcis, en Eubée, est généralement regardé comme étant le Xeiioclides signalé par Tite-Live pour l'un des principaux citoyens de Chalcis, au temps du passage d'Antiochus 111.

2. Les auteurs latins appellent couramment les habitants de la Phocide, Pkocenses. Voyez : Tite Live, XXXIU, 32, 34; Justin, VIII, 1 et suiv.; Pline, Hmt. nal., 111, îi, lU, etc. Les Grecs les appellent ♦I>w%fi£;, «horASEï,, «I>oJX£Ï<; (Hom., II., Il, bl'i et s.; Hérodote, l, 14G; Thucydide, 1, 107, etc.; Polybe, IV, y, 15, etc.; Strabon, IX, panaim.

3. Léon lleuzey. Un arLisle (jrec au s^eroice de la Perse : Téléphanès de l'hocee. Notice lue à l'Académie des Inscriptions et iielies-Letties et à 1 Académie des Beaux-Arts, dans les séances du 12 et du 13 novembre 1886, insérée dans la Revue poiiiique el liUéraire du 20 novembre 1886, pp. 661 à 663.

de Pline est, comme cela est infiniment probable, l'artiste qui a signé Telephanto la drachme de Pharsale, l'hypothèse de Heuzey ne peut être admise, parce que la monnaie ne saurail, par son style, être antérieure à 425 ; Téléphanès n'a pas vécu au temps de Darius 1 (521-485) et de Xerxès I (485-465). Pline, d'ailleurs, ne dit pas « Darius et Xerxès », mais au contraire « Xerxès et Darius », ce qui indique qu'il s'agit de Xerxès II dont le règne fut court et de Darius II Nothus qui régna de 425 à 405 ^

Quand il s'agit de Darius l et de Xerxès I les vaincus de Marathon (490) et de Salamine (480), tous les historiens de l'antiquité sont tellement habitués à dire u Darius et Xerxès »,que cette expression traditionnelle était passée pour ainsi dire à l'état de locution verbale. Pline l'eût certainement respectée s il n'avait eu de bonnes raisons pour dire « Xerxès et Darius ». Il a voulu désigner, dans l'ordre chronologique Xerxès II et Darius II. Or, il se trouve que ces deux princes sont bien contemporains de Téléphanès le graveur des monnaies de Pharsale.

Il est impossible, si Téléphanès vécut dans la seconde moitié du v^ siècle, qu'il ait commencé sa carrière à la cour des rois de Perse avant 485, pour venir travailler en Thessalie après 425.

Si l'on respecte le texte de Pline qui place Téléphanès dans le dernier tiers du v' siècle,

1. Artaxerxès l Longue main mourut vers la tin de 42.j ; il eut pour successeur son lils Xerxès 11 dont le règne dura, suivant les uns, seulement 4o jours ; d'autres chronographes lui donnent o mois, d autres, un an de règne. Maspero, llist. anc. de l'OnenL, t. 111, p. 418; Weissbach, Zur neubabylonischen und Ackàmenidiscken Clironolo(jie, dans Zeil. d. deul. Moryenl. Gesellschafl, t. LXll, 1908, p. 629-647.

LA THESSALIE LA THESSALIOTIDE I PHARSALE

il faut admettre par conséquence logique, que cet artiste n'était pas originaire de Phocée en lonie, mais de la Phocide. Pline dit Téléphanès le Phocidien (Phoceus ou Phocaeus suivant les manuscrits) et non Téléphanès le Phocéen.

Originaire de Phocide, Téléphanès alla travailler en Thessalie^ c'est-à-dire dans la

contrée voisine de sa patrie. Il s'y illustra par la gravure de coins monétaires et par les œuvres sculpturales signalées par Pline. C'est en raison de son talent éprouvé que le roi de Perse l'appela à sa cour, où il séjourna quelques mois sous Xerxès II (en 425) et de longues années sous Darius II Nothus (424-405) K

Bronzes.

499. — Tête d'Athéna à dr., coiffée du casque attique, les paragnathides relevées.

I^- (t)AP... Cavalier au galop à dr., brandissant sa masse d'armes, comme ci-dessus.

^ 16 (P) Pl. CCLXXXIX, fig. 9.

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