Tome IV
avec lequel la déesse accueillit Hermès lorsque celui-ci voulut lui faire violence
Sur les drachmes n»' 614, 613, on lit le mot ENN0AIA2 en lettres très fines. C'est M. Kegling qui a déterminé définitivement celte lecture au lieu de EAAAI, lecture adoptée antérieurement ^ 'Ewooia;, pour *Evoo(a;, signifie « la protectrice des routes» (Èvooîo^, èvoota). On a précisément dans Sophocle {Antig. 1199), c'.voota 'Exâtr., Hécate protectrice des routes, dans l'obscurité nocturne. Hermès est dit aussi, quel- (juefois, £'.voo'!o;.
I.a bipennesur les n°^ 61^2, 613, 618, 019, (représentée sous le n^ 61:i, deux fois, dans le chaiiii) et sur le tlanc du cheval), s'explicjue sans doute par ce fait que la ville de Pagascs, le port de Phères et de lolcos, où s'embarqua Jason avec les Argonautes, était le centre du culte de Dionysos TTÉXsxu;, Dionysos biprnnis. La bipenne, on le voit, se rattache directement aux légendes primitives de Phères et de la région dont elle était la capitale. Un passage de Théopompe ' nous informe que le
l. \'lll. lUUa, p. 175. On a cru lire aussi le nom de sur une monnaie de Larisse (ci-après,
n» 699 . Il s'agit en réalité du nom abrégé de 'F.AXavoxpârr,;.
7. Fraç). Iiisl. graec, Didot, t. I, p. 332 ; cf. Newton, iVwm. Chron , 1841, p. 10; S. Muret, Bull. Con\ helL, t. V, 1881, p. 297-298.
LA THESSALIÉ
LA PÉLASGIOTIDE : PHÈIVES
tyran Alexandre avait un culte particulier pour Dionysos-TTÉXexu; de Pagases. Après qu'Alexandre eut été assassiné en 359 et qu'on eut retrouvé ses restes à Crannon^ ce fut par l'intervention miraculeuse de Dionysos- bipennis que le cadavre du
tyran reçut les honneurs de la sépulture ^
Quant au pied de cheval qui forme le type des n^' 617 et 6^0 c'est sans doute le pied du cheval de Poséidon, sous lequel jaillit la fontaine Hypérée.
Teisiphon, de 359 à 353.
Deux des frères d'Alexandre exercèrent successivement la tyrannie à Phères, après sa mort, Teisiphon et Lycophron II. Le
premier, Teisiphon, fut tage de Thessalie de 359 à 353. Voici les monnaies qui portent son nom.
622. — Protomé de taureau cornupèteà dr., la tête de trois-quarts. TEIIIOONOY- Protomé de cheval non bridé, bondissant à dr.
15 (P) Pl. CCXCV, fig. 1.
623. — Variété, avec lEIII(t)ONOY et le cheval bridé. ^ 15 (P) Pl. CCXCV, fig. 2.
Les types de ces bronzes sont les décrits plus haut (n° 621). mêmes que ceux des bronzes d'Alexandre
Lycophron II (353-352 av. J.-C).
On n'a pas de monnaie au nom de Lycophron II, qui succéda à son frère Teisiphon en 353. Lycophron fui le dernier Tayoc de Thessalie. Pour se maintenir contre les Aleuades de Larisse, il s'allia avec Onymarchos le chef de la ligue Phocidienne durant la guerre Sacrée. L'invasion
de Philippe de Macédoine appelée par les Aleuades mit fin à la puissance de Lycophron et d'Onymarchos qui périrent tous deux dans la lutte ^ Les bronzes dont la description suit et qui portent seulement le nom de Phères ont été frappés sous Teisiphon et sous Lycophron IL
624. — Tête d'Hécate de face, un peu inclinée à g., les cheveux enroulés et ceints d'une couronne de myrte. Dans le champ, à g., un poisson.
I^- (l)EPAION. Hécate assise de face sur un cheval qui galope à dr. ; la déesse est vêtue d'un chiton talaire et tient devant sa poitrine trans-
1. A. de Longpérier, Rev. numism., 1859, p. 112. 2. Voyez ci-dessus, notre Descr. hist., t. III, p. 325.
LA THESSALÏE
LA PÉLASGIOTIDE : SCOTUSSA
versalement et dans les deux mains, une torche allumée. Dans le champ à g., un mutle de lion de profil à g.
Ai 16 ; triob. égin. ; 2 gr. 70 (P) Pl. CCXCV, fig. 3.
625. — Même tète d'Hécate, de face, un peu inclinée à g.; dans le champ à g., une torche que la déesse tient de la main dr. levée. ^L. OEPAION. Môme type d'Hécate à cheval. M 22. (7^) Pl. CCXCV, fig. 4; — autre (L) Pl. CCXCV, fig. 5 \
Philippe, maître de Phères, y élabht une constilution républicaine, s'en fit attribuer les revenus et mit une garnison macédonienne dans toutes les villes do. la contrée '-. Phères cessa de battre monnaie^; elle ne devait rouvrir son atelier que cinquante ans plus tard sous Démétrius Po-
liorcète, le restaurateur des libertés publiques des villes grecques. Elle reprit alors, au début du IIP siècle, la frappe de ses (uonnaies au\ types d'Hécate et de la nyn)])lie Hypérée avec les légendes 0EPAiON,. puis OEPAinN-
Î5 HI. — Scotussa.
Sur les premières séries monétaires d(î (/ne, t. 1, p. 1030, n°'l i39 à iAl'2, pl. XLÏII, cette ville, voir notre DpsrripHfn} Iiisloi-i- tii;-. ^.'J à ^S.
626. — Protomé de cheval non bridé, bondissant à dr. ; dessous, PY. I^. IKO. Grain d'orge dans sa gousse. (1. cr.
M 19 ; Drachme égin., 5 gr. 79 ( Boston) Pl. CCXCV, fig. 6
Cette pièce se rattache à la série (jue seconde moitié du V' siècle, Scotussa ait
nous avons décrite dans la période archaï- cessé de bal Ire monnaie pour une période
que. Les lettres TTY sont les initiales d'un assez, longue, nom de magistrat. Il semble que dans la
Monnaies frappées de 100 à iU) l .
627. — Tète barbue dTIéraclès coifVé de la peau de lion, à dr.
ï^. IKO- Protomé de cheval à dr., baissant la tète et levant la jambe gauche, la longe pendante.
1. fîri^. jV/«/s. Ca/. r/<e.9sa/?/, p. 48, n° 23, pl. X, 16. 3. Ro^ïling. Sammlung Warren, 724 (de
2. P. Monceaux, Fastes éponymiques de la iigue l'anc. coll. Bouipois). thessallenne, p. 20 ; ci-dessus, p. 224.
359 LA THESSALIE LA PÉLASGIOTIDE ! SCOÏUSSA 360
JEU; triob. égin., 2 gr. 96 (Jameson) Pl. CCXCV, fig. 7 ; — autre, 2gr. 75 [L) 1.
628. — Tête imberbe et laarée d'Héraclès à dr., avec la peau de lion sur le cou.
I^. IKOTOYIIAION. Déméter ou Hécate, debout de face, vêtue d'une robe talaire serrée à la taille, s'appuyant sur une longue torche, m 12; trihémiobole égin. Pl. CCXCV, fig. 8 ^
629. — Tête imberbe d'Héraclès à dr., coiffé de la peau de lion.
I^^. IKO. Protomé de cheval à g., baissant la tête et levant une jambe. JE \^ [L) Pl. CCXCV, fig. 9 \