‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 383 sur 698 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

PHILIPPE II (339-336 av, J.-C.)

§ I. — Résumé historique.

Philippe, le plus jeune des fils d'Amyntas II et d'Eurydice, naquit en 382 et monta sur le trône en 359 (Olymp. 105, 2). Il fit son éducation hellénique à Thèbes, où il resta trois ans en otage, de 368 à 365 II avait 23 ans à la mort de son frère Perdiccas III. 11 lui fallut d'abord se débarrasser de ses compétiteurs au trône devenu vacant. C'était, entre autres, son demi-frère Archelaus, fils bâtard d'Amyntas III et de Gygaea. Mais il l'eut vite écarté et il ne semble pas que cet Archelaus ait eu le temps de battre monnaie, non plus qu'Argaios et le Lyncestide Pausanias II.

Philippe soumit ensuite les Paeoniens dont le roi Agis venait de mourir ; remarquons cependant que la suite des monnaies des rois de Paeonie débute avec Lycceios (359-340) c'est-à-dire presque en même temps que celles de Philippe : nous en reparlerons plus loin.

Le royaume des ïéménides embrassait alors la basse Macédoine, c'est-à-dire la Piérie, la Bottiée, TEordée, l'Eniathie, TAm-

phaxitide, la Mygdonie jusqu'au cours du Strymon. La haute Macédoine ou Macédoine montagneuse dépendait aussi de ce royaume, mais elle avait des dynastes tributaires : c'étaient des princes apanagés et apparentés aux Téménides, qui gouvernaient d'une manière presque indépendante l'Elimée ou Elimiotide, la Lyncestide et rOrestide.

Les lettres ou monogrammes et les symboles qu'on relève sur les monnaies de Philippe H représentent, comme après lui, sur les monnaies d'Alexandre, soit les différents ateliers d'où ces pièces sont sorties, soit des noms de magistrats monétaires. Pour fixer l'interprétation de ces différents qui sont des marques d'ateliers, il importe donc de préciser l'étendue du royaume macédonien au début du règne de Philippe, et les agrandissements successifs qui eurent lieu sous le règne de ce prince : ce n'est, en effet, que dans l'intérieur de ces limites que Ton doit chercher à déterminer, d'après ces lettres ou ces symboles, les ateliers d'émission.

PHILIPPE II

D'une manière générale, on peut dire que l'autorité de Philippe au début de son règne s'étendait sur les bassins de THaliacmon (la Vïstriza), du Lydias [la Beiitza)^ de l'Axios {ie Vardar) et de l'Echedoros (la Galika)^ fleuves qui, tous, se jettent dans le golfe Thermaïque, et en outre, sur la Bisaltie, qui dépend de la vallée du Strymon, pays où les rois de Macédoine exploitaient d'importantes mines d'urgent dès le temps d'Alexandre P"" le Phillieliène, d'où les belleset abondantes monnaiesde ce prince ^ Ces mines d'argent au sud-ouest du Strymon furent possédées par Philippe dès le début de son règne ^

Le royaume macédonien confinait ainsi aux contrées des Paeoniens et des Illyriens, au cours du Strymon, à la péninsule de Chalcidique, à la mer et, au sud, à la cliaîne des monis Gambuniens ■^

Dans la suite de son règne, des guerres heureuses permirent à Philippe de s'étendre encore. En 357 av. J.-C, il s'empara de Pydna et lit alliance avec la Ligue Oiynthienne. 11 recula graduellement les limites de son royaume au nord-ouest jusqu'au lac Lychnis ; à l'est, il s'empara en 357 de la ville d'Amphipolis, franchit le Strymon et soumit les Edoniens avec l'établissement minier des Crénides, qu'il rebâtit en 35(5 et à laquelle il donna le nom de /*hiHppes [<t>['knzTzoi, Philippi). Ainsi devenu possesseur des mines d'or du mont Pangée, Philippe trouva dans leur exploitation des ressources qui lui permirent de frapper les magnifiques stalères d'or qui devaient

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