L. Muller, Numism. d'Alexandre le Grand, p
que l'artiste a mis à faire ressortir tous les détails des chaussures du roi, de sa tunique, de sa causia, même du profil du visage royal, tout l'ensemble du type, atteste qu'il s'agit bien d'un portrait.
Dans la suite des monnaies des prédécesseurs de Philippe, aucun type n'éveille l'idée d'un portrait individuel. On peut seulement dire que les graveurs ont cherché à donner, sur certaines pièces, au cavalier macédonien un aspect royal, peutêtre quelque chose de la physionomie du roi régnant. Mais il en est tout autrement avec Philippe. Nous savons qu'il avait un visage, une barbe, un profil qui permettaient aux courtisans de dire qu'il ressemblait à Zeus Olympien ; nous venons de citer le témoignage de Diodore d'après lequel, Philippe, à la suite de sa victoire de Cliéronée, en 338, osa s'associer lui-même aux dieux immortels et, en quelque sorte, se diviniser. Nous verrons plus tard des assimilations de ce genre dans les efïigies monétaires d'Alexandre le Grand et des Diado(|ues. Enfin, les portraits des rois de Perse, des dynastes lyciens, des satrapes antérieurs à l'époque de Philippe, autorisent à admettre qu'il a dii avoir l'ambition d'imiter ces illustres exemples. Sur ses lélradrachmes Philippe s'est fait représenter à cheval coifl'é de la causia nationale et faisant le geste de la salutation, adopté plus tard par les empereurs romains sur leurs monnaies avec la légende Adventus Augusii. Les exemplaires bien frappés et à fieur de coin de ces belles pièces permettent d'apprécier ces détails particulièrement délicats.