‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 422 sur 698 · Voyez Descr. hist., t. I, p · texte numérisé non relu

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blissements des Grecs dans ces contrées barbares, au sud d'Argilos, Bromiscos, aujourd'hui Vrasta. Bromiscos, qui n'a pas de monnaies, était au débouché dans la mer du lac de Bolbé, allongé de l'est à l'ouest et raccordé lui-même par un cours d'eau marécageux au petit lac Coronea^ lequel se trouve non loin de Salonique. Ainsi, la presqu'île de Chalcidique était isolée de la terre ferme, bien protégée par ce cordon de lacs et de marécages que flanque toute une chaîne de montagnes assez élevées qui vont du golfe d'Orfano au golfe de Salonique,

La sécurité des colonies grecques se trouvait garantie du côté de la terre ferme et elles avaient la maîtrise absolue de la mer. Leur commerce avec les barbares du voisinage, possesseurs des gisements d'or et d'argent, était assuré contre toute surprise : de là, leur prospérité, leur richesse, leur nombre presque incroyable pour une aussi petite contrée, et l'abondance de leur monnayage jusqu'à ce qu'elles fussent conquises par Philippe.

Après Bromiscos. sur la côte occidentale du golfe Strymonique, on rencontre la baie d'Acanthe ou de Hiérisos. Là, se trouvait, un peu dans l'intérieur des terres, Stagire (Nizvoro), la patrie d'Aristote, qui n'a pas de monnaies, Orthagorie qui, au contraire, eut un atelier au iv^ siècle, et Arné où l'on a voulu classer quelques pièces.

Il y a des monnaies qui portent comme nom de ville, Apollonie ; on ne sait s'il s'agit de la ville d'Apollonie sur le bord méridional du lac Bolbé, aujourd'hui Pasarakia, ou d'une autre Apollonie située auprès de Galepsos, au pied du mont Pangée.

Mais le grand entrepôt commercial des Grecs dans la baie de Hiérisos, était Acan-

the, colonie d'Andriens, dont les grandes et belles séries de tétradrachmes au type du lion dévorant le taureau ont débuté dès l'époque archaïque. C'est au sud-est d'Acanthe que Xerxès, en 480, fit creuser un canal pour couper l'isthme d'Acté et frayer un passage à sa flotte qui allait envahir la Grèce ^

Après Acanthe, la première ville que l'on rencontre le long de la presqu'île d'Acté est Olophyxos [Chilandari] qui a des bronzes du milieu du iv* siècle. Tout à fait à la pointe de la presqu'île, se trouvait Acroathon qui s'est appelée aussi Uranopolis, au pied du mont Athos, qui élève son pic de marbre jusqu'à deux mille mètres. Situé à égale distance de l'entrée de l'Hellespont (les Dardanelles) et du golfe de Pagases, au nord de l'Eubée, le mont Athos projette son ombre jusque sur la plage de Lemnos. Uranopolis n'a pas de monnaies avant l an 306 qui précède notre ère.

Sur les côtes moins hospitalières du golfe Singitique, entre la presqu'île d'Acté et celle de Sithonie, il n'y a point de villes monétaires. Mais sur le golfe Toronaïque, abrité par le promontoire Derrhis (cap Drepano) on trouve au fond d'une petite baie les ruines de Toroné ou Téroné, célèbre par ses vins et dont les monnaies débutent dès l'époque archaïque. Sermylé au fond du golfe (aujourd'hui Derna) a eu aussi des monnaies très anciennement.

La troisième presqu'île de la Chalcidique, celle de Pallène fut la première colonisée par les Grecs ; elle est la plus rapprochée de l'Eubée. Les ateliers monétaires y furent nombreux dès les vi' et v siècles. Ce sont :

1. On y a fait une importante trouvaille de dariques d'or. Voyez Descr. hisl., t. I, p. 26J.

Olynthe (aujourd'hui Sofular), colonie de Chalcis d'Eubée, et qui devait être le siège de la Confédération Olynthienne ou Chalcidienne, qui a de si belles monnaies et joua un rôle politique considérable au temps de Philippe et de Démosthène.

La ville importante de Spartolos, auprès d'Olynthe n'a pas de monnaie à son nom; mais elle fut la capitale des Bottiéens qui y frappèrent les monnaies à la légende BOTTIAinN.

Sur la côte occidentale de cette même presqu'île de Pallène, se trouvait la fameuse Potidée, colonie corinthienne, puis possession athénienne, dont nous avons vu les premières séries monétaires au type de Poséidon Hippios; après Alexandre, elle devait devenir la ville deCassandra. Au sud de Potidée, se trouvait le petit port de Sané, auquel on a proposé, autrefois, d'attribuer des monnaies ; puis Mendé [Caliandra) dont les monnaies au type de Tâne et de Silène sont souvent fort remarquables au point de vue artistique.

Presque à la pointe de la presqu'île, Scioné (aujourd'hui Canastri) a des monnaies qui rappellent ses prétentions à remonter jusqu'à l'époque troyenne. Toujours dans la presqu'île de Pallène, en remontant la côte nord-est, sur le sinus Toroyiaicus^ nous voyons échelonnées Thrambos, Neapolis, Aphytis : cette dernière seule a des monnaies ; elles sont au type de Zeus Ammon.

Autour du golfe Thermaïque, plusieurs colonies grecques, outre Therma elle-même, ont eu des monnaies aux v® et iv« siècles. Ce sont, le long de la contrée appelée la Botticé,le petit port de Dicaea, vieille colo-

nie d Érétriens, qui devait prendre le nom d'Antigoneia après Alexandre; Scapsa ou Capsa, auprès du cap Misemeri; Aeneia, au cap Kara-Burun qui ferme la baie de Salonique.

L'importance de Therma, plus tard Thessalonique (Salonique) lui vint de la sécurité de son port et de sa position à l'estuaire de quatre grands fleuves, l'Axios (le Vardar), l'Echedoros (le Galiko), le Lydias (la Belitza) et l'Haliacmon (la Vistriza), ce qui lui permettait de drainer tout le commerce des tribus de l'intérieur de la Macédoine jusqu'à la chaîne du Pinde.

Aux alentours de Therma, se trouvaient, comme villes monétaires, l^été, Ichnae, Pella, toutes les trois assez loin de la mer; leur voisine, Aegae, l'antique capitale des rois macédoniens, n'a plus de monnaies, Énfin, sur la côte qui se dirige vers la Thessalie, il y a Méthoné et Pydna.

Nous verrons celles de ces villes qui ayant eu déjà des monnaies dans la période primitive, ont continué à monnayer. Il est d'autres villes, dont les séries débutent seulement au v' ou au iv' siècle. Nous constaterons aussi que ces villes fermèrent leur atelier au fur et à mesure que Philippe, le père d'Alexandre, au cours de son règne, étendit sur elles sa domination. Philippe confisqua leur liberté politique, et avec cette liberté, leur droit de monnayage. Il fit de ce droit, un droit régulier dans toute l'étendue de la monarchie macédonienne, ne laissant subsister et seulement dans quelques villes, comme monnaie locale, que les pièces de bronze et les petites divisions de l'argent.

LES VILLES DE MACÉDOINE PYDNA

§ II. — Pydna.

Epoque d'Amy)itas III et de la Ligue Olynthienne. (de 389 à 379).

L'emplacement de Pydna, au pied du cap qui, sur la côte de Pierie ferme l'extrémité méridionale du golfe Thermaïque, est marqué par le bourg de Citros au nord de la plaine de Caterini, aujourd'hui à une lieue de la mer ^ . Ce fut à Toi-igine une colonie grecque. Elle pourrait peut être revendiquer quelqu'une des séries de monnaies archaïques i\m sont anépigrai)hes et dont l'origine macédonienne est maintenant assurée.

De bonne heure les rois de Macédoine s'emparèrent de Pydna pour avoir accès à la mer et ils en firent leur capitale. Au temps d'Alexandre I'', Thémistocle fugitif vint s'y embarquer secrèlement pour passer en Asie ^

Sous le successeur d'Alexandre, F^erdiccas II (454-413), Pydna fut assiégée par les Athéniens qui voulaient punir le roi de Macédoine d'avoir fomenté la révolte de Po-

tidée et organisé contre eux la Ligue Olynthienne 'K

Mais les événements ne tardèrent pas à changer de face. La Ligue Olynthienne devenue chaque jour plus puissante, entraîna Pydna dans sa révolte contre le roi de Macédoine. Les Athéniens, à leur tour, jaloux de la puissance de la Ligue, prêtèrent main forte au roi de Macédoine. Avec leur appui, le successeur de Perdiccas II, Archélaus, assiégea et reprit Pydna en 411. Puis il la détruisit et la rebâtit à '10 stades dans Tinlérieur des terres, pour lui épargner les surprises venant de la mer

Kn montant sur le troue en 389, Amyntas III traita avec la Ligue Olynthienne et lui abandonna tout le district maritime de la Macédoine, y compris Pydna. Ce fut alors que cette ville ouvrit son atelier monétaire et frappa les bronzes suivants.

917. — Tête imberbe d'Héraclès coift'é de la peau de lion, à dr.

1^. PYANAinN. Aigle à dr., les ailes closes, dévorant un serpent qu'il tient dans ses serres.

^ 17 (P) Pl. CCCXII, fig. 1 ; — autres (L, B) \

918. — Variété, avec nYNANAinN iP] Pl. CCCXII, fig. 2 : — autre iB).

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