‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 457 sur 698 · Hermann Weber, \him. C/iron., 1898, p · texte numérisé non relu

Hermann Weber, \him. C/iron., 1898, p

3. Voyez notamment : Mon))aies (/recques antiques provenant de la Colleclion de feu le Prof. S. Pozzi (Genève, 1920, 4°), pl. XXV et XXVI, n°* 770 à 789 ;

Monnaies grecques antiques provenant des collections de S. A. l . le Grand Duc Alexandre Michailowitch, de sir Arthur Evatis et d^aulres amateurs (Genève, 1922,4"}, pl. XVIII, n»* 438 à 443 ; Cf. E. Babelon, La trouvaille de Mendé, dans la Revue numismatique, 1922.

LES VILLES DE MACÉDOINE — MENDÉ

pées dans sa pardalide dont on distingue parfois jusqu'aux mouchetures.

Silène a tantôt les deux pieds allongés sur la croupe de l'animal, tantôt une jambe à demi-ployée ; les pieds nus dépassent la pardalide qui recouvre les jambes.

La tête de Silène présente des variétés qu'on peut qualifier d'amusantes, et pour l'exécution desquelles l'artiste a fait preuve d'une habilité consommée dans son art de graveur. Tantôt le visage est de profil à gauche, tantôt il est de trois quarts à droite, de trois quarts à gauche, ou complètement de face, fixant malicieusement le spectateur ; tantôt la tête est retournée tout à fait en arrière, c'est à dire dans la même direction que la tête de l'ânesse. Le dieu a une barbe longue et soyeuse ; parfois ses cheveux sont retenus par une bandelette ; parfois il est couronné de lierre.

Sa main droite, le bras tendu, tient le canthare rempli de vin, tantôt verticalement, tantôt à demi penché ou presque renversé, suivant que Silène a plus ou moins vidé le vase. La main gauche est pendante et dans un libre abandon sur le flanc de la mule; une fois pourtant, elle tient un thyrse appuyé sur l'épaule du dieu (Pl. CGGXVI. fig. 1); une autre fois. Silène s'accoude sur la tête de l'ânesse, relevant la main pour y appuyer sa nuque (Pl. CGCXV, fig. 12).

Silène n'est pas ivre ; sa physionomie, dans toutes ces poses variées, n'exprime pas l'ébriété et l'abandon physique, mais au contraire, le bien être, la satisfaction et la joie sensuelle, le contentement des sens ; il est replet; son œil est pétillant, excité et non pas somnolent. D'ailleurs, son canthare n'est pas encore vide.

Dans son attitude générale, la pose de

Silène rappelle d'assez près celle du Faune ivre étendu à la renverse sur sa nébride, dans le groupe de marbre connu sous le nom de Faune Barberini, au Musée de Munich

Dans ce type monétaire si curieusement varié nous trouvons, au point de vue de Texécution, toute la perfection raffinée qui distingue les gemmes gravées les plus admirées : on sait d'ailleurs que les graveurs de gemmes étaient en même temps graveurs des coins monétaires. Remarquons la merveilleuse finesse des traits de Silène, la souplesse aisée de sa pose, la vérité anatomique du torse et même des pieds, dont on distingue jusqu'aux ongles, le souci du parachevé ayant été poussé par l'artiste jusque dans le rendu des plus infimes détails.

Il en est de même pour l'ânesse, dont l'expression est spirituelle, presque narquoise ; l'artiste a recherché la vérité anatomique jusqu'au point de sillonner de veines le flanc de l'animal.

Gomme nous l'avons déjà indiqué pour la période archaïque S ces belles monnaies de Mendé font manifestement allusion aux vignobles très réputés de cette ville ; un bon nombre de nos pièces représentent devant l'ânesse un corbeau perché sur un cep.

Les médecins dans l'antiquité recommandaient l'usage du vin de Mendé ^.

La forme du carré creux, plat et peu pro-

1. Max. Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 593 (fig.).

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