Cf. Svoronos, L'hellénisme primitif de la Macé
doine, p. 48.
LES VILLES DE MACÉDOINE APHITIS
Et si la ville dont nous nous occupons a pu s'appeler "Acputiç et ^j-ct;;, n'y a-t-il pas lieu de se demander si son fondateur mythique 'AcpuToç, dont le nom a été recueilli par Etienne de F^yzance. ne s'est pas appelé 'P'jioç aussi bien que 'Acpjxoc, et s'il n'est pas, en définitive, le même personnage que ^oî- Tco? le fondateur de la ville étolienne de <ï>otxta'. ou *otta; le même aussi que ^utô-j;, le fondateur de ^jxôtov en Elide ?
Ce qui tend à justifier ces rapprochements c'est que le fondateur de la ville étolienne, ^otxtoç, est donné par Etienne de By/ance comme étant un fils du devin Alcméon. Or, notre ville de la Chalcidique macédonienne, Aphytis ou Phytis était précisément une ville de devins. Nous venons de rappeler qu'elle avait un sanctuaire célèbre d'Ammon avec un oracle qui jouis sait delà plus grande renommée ^ A la fin du v« siècle, Lysandre faisait le siège d'Aphytis lorsqu'Ammon lui apparut et lui ordonna de s'éloigner -.
C'est par la présence de cet oracle d'Ammon que s'expliquent les aigles fatidiques ainsi que l'eiïigie de Zeus Ammon,sur les monnaies d'Aphytis.
Quant à la tête de héros sur l'hémi-dra-
chme nM032 (Pl. CCCXVII, fig. 26) nous y reconnaissons le héros éponyme Aphytos, le /-'!at-r^c; OU fondateur mystique dont Etienne de Byzance ne nous a transmis que le nom. Il était peut-être le même que Phytos fils d'Alcméon. Rien de surprenant à ce que ce fils de devin et devin lui-même ait été figuré avec casque en tête; c'est ainsi qu'était représenté son père lui-même ^.
La numismatique des villes grecques nous offre très fréquemment l'effigie imaginaire des héros mythiques fondateurs de ces villes. Nous ne citerons à titre comparatif, pour le v^ siècle avant notre ère, que la ville d'Aeneia, voisine d'Aphytis, qui place sur ses plus anciennes monnaies l'effigie de son fondateur éponyme, le héros homérique Enée, barbu et casqué.
Les carrés creux du revers de nos deux monnaies d'Aphytis sont tellement semblables à ceux de Mendé, que l'imitation est flagrante. Aussi, pour les expliquer, il n'est point nécessaire de supposer qu'il y avait à Aphytis comme à Mendé et aussi à Maronée, un cep de vigne sacré, entouré d'un véritable culte. Nous voyons ici tout bonnement un emprunt de type monétaire à une ville voisine.
Monnaies de bronze.
1034. — Tête barbue de Zeus Ammon de face, un peu inclinée à g., avec cornes de bélier.
I^. A0YTAinN. Canthare à deux anses surélevées. M ]S{P] Pl. CCCXVIII, fig. 1,2 \
1. Bouché-LecIfM-cq, La diuinalion et la science des présages, t. Il, p. 346.