Diod. Sic, XV, 81 ; XYI
LES VILLES DE MACÉDOINE — OURANOPOLIS
Sur d'autres pièces (Pl. CCCXVIII, fig. H et 12, on voit le satyre qui, lui aussi, se penche sur l'amphore, mais en glouton, en ivrogne ; il approche ses lèvres du bord du vase pour boire le vin à pleines gorgées. On connaît beaucoup de monuments, surtout des monnaies, des peintures de vases et des pierres gravées qui représentent un sujet analogue
Le type de la cigogne (Pl. CGCXVIH, fig. 15) fait évidemment allusion à quelque légende locale se rapportant aux précédentes et analogue à la fable de La Fontaine. Le satyre et la cigogne boivent le vin découvert par les Ménades.
Les Téronéens se prévalaient ainsi, auprès du public, par ces images monétaires, d'avoir inventé le vin dès les temps mythiques. D'autres villes opposaient leurs propres traditions locales à ces prétentions ^
Si Ton se rappelle qu'un très grand nombre de suites de monnaies grecques ont été
frappées à l'occasion des jeux publics ou des fêtes célébrées périodiquement dans chaque ville hellénique, on se demandera si les monnaies de Téroné, comme celles de Mendé, n'ont point été frappées à l'occasion de la fête du Vin nouveau. Les deux Ménades qui découvrent le vin nouveau rappellent sans doute la fête qu'on appelait ni6o'.- Y'-5t, l'Ouverture des jarres (r^Oot) ou des tonneaux. C'était une fête de famille très populaire, qui faisait partie des Anthestéries, et qui consistait dans l'ouverture des amphores où fermentait le raisin, lorsqu'on jugeait que le travail de la fermentation était assez avancé : on pouvait alors commencer à boire le vin ^ . La Pithoigia, fête du vin nouveau, se célébrait le jour où on l'apportait pour la première fois au marché : les Ménades de la monnaie de Téroné inaugurent, pour la première fois, la fête de la Pithoigia.
§ XV. — Ouranopolis.
L'emplaceujent de la ville d'Ouranopolis (OupavoTToXi;) dans la presqu'île d'Aeté, est incertain. Plusieurs auteurs modernes la placenta Sané, au fond du golfe Singilique, à proximité d'Acanthe et de l'endroit où Xerxès fit creuser son fameux canal Les
types monétaires, comme nous le verrons tout à l'heure, rendent plus probable l'opinion de ceux qui proposent d'identifier Ouranopolis avec Acroathon, au mont Athos même, à la pointe de la presqu'île d'Acté \ Cette ville, mentionnée par Athénée ^ et
1. Nous nous bornerons à citer un statère d'électruni de Cyzique {Traité. Descr. fiist.^ t III, pl. CLXXV, fig. 28) et un vase peint célèbre où le môme sujet est accompagné de l'inscription : SIPANO^
TEPPON HEAYI HOINO.'^. (Ch. Lenormant et J. de Witte, Elite des monumenls cénimoqrapfiiques, t. 1, p. 134).
2. Cf. Uescrip. Iiist., t. I, p. 1215; K. Billiard, La viqne dans Vantiquiié, p, 66.
3. Plutarque, Propos de table, III, 1 ; cf. J. Girard, dans le Dict. des Anliq. gr. et rom. deDaremberg et Saglio, art. Bacchus, p. 235 ; R Billiard, La vigne, p. 43.