P. Perdrizet, Cultes et Mythes du Pangée
6. Thucyd., I, 100 ; Plutarque, Cimon, 14; Diod. Sic, XI, 70.
LES VILLES DU PANGÉE — THASOS
trois ans, Thasos dut capituler et livrer aux Athéniens les villes, les territoires et les ruines qu'elle possédait en terre ferme ainsi que tous ses vaisseaux » Ses fortifications furent rasées.
Ayant ainsi dompté et dépouillé les Thasiens, les Athéniens entreprirent de pénétrer plus loin sur le continent, dans l'intérieur des montagnes du Pangée. Mais en 464, ils subirent une sanglante défaite à Drabescos, vers les sources de l'Angilès ^ .
Ils revinrent à la charge et ils fondèrent sur la côte, à la place du vieil établissement thrace de Daton, la ville de Neapolis [Neapolis Datenorum), sur la baie d'Antisara, qui devint rapidement florissante et dont nous décrivons plus loin les abondantes séries monétaires.
Quant à Thasos, le faible ti'ibut do 3 talents auquel elle fut astreinte dans le tarif de 454, comme contribution à la ligue attico-délienne, atteste évidemment l'état d'épuisement auquel elle fut réduite à la
suite du siège de 465-46:2 ; il s'explique aussi par ce fait que les Thasiens avaient dû céder aux Athéniens leurs mines du continent, c'est-à-dire le plus clair de leurs revenus ^ Plus tard, de 439 à 431, Thasos paie à Athènes un tribut de 30 talents (180.000 drachmes) parce qu'alors Athènes avait rendu aux Thasiens leurs possessions du continent, moins les mines du Pangée ^.
C'est à partir de ce moment qu'ont dû être frappées les monnaies qui suivent; elles ne se distinguent des précédentes que par leur style qui, se perfectionnant à chaque émission, atteint dans le groupe du Satyre enlevant la Ménade, une remarquable finesse artistique.
Nous avons vu que dans les pièces de la période archaïque, le Satyre a des pieds de bouc ou de cheval, — plutôt des pieds de bouc (pied fourchu). Sur les monnaies de la série que nous allons décrire, le Satyre a des pieds humains.
1121. — Satyre ithyplialliqiie emporlanl une Ménade; le Satyre est nu, barbu, courant à dr., les longues tresses de ses clieveux allongées sur ses épaules ; la Ménade qu'il tient dans ses bras est vêtue d'une tunique talaire ; ses cheveux tressés descendent sur ses é|)aules ; elle étend les deux bras, le bras g. baissé, la main dr. levée et étendue de face entre son visage et celui du Satyre.
Carré creux dont les quatre angles seuls sont enfoncés. JR. 21 ; stat. attique, 8 gr. 70 (P) Pl. CCCXXI, fig. 20; — autres, 9 gr. 3, 9 gr. 04 ; 8 gr. 70
1122. — Variété. Le Satyre a la barbe très longue; les quatre compartiments du carré creux bien accentués, en ailes de moulin.
iîl 22 ; stat. att., 8 gr. 81 [P] Pl. CCCXXI, fig. 21.
1. Thacyd.,1, 101 ; Ardaillon, Le Laurio7i, p. 144; E. Cavaignac, Histoire de V Antiquité, t. II, p. 52.