Traité. Descr. hist., l. I, p
2. C. H. de l'Acad. des Inscript, et B. Lettres, mai 1912, p. 202.
LES VILLES DU PANGÉE THASOS
que c'était aux Pélasges, les premiers habitants de TEpire, que les Athéniens attribuaient ces divinités bestiales \
Mais si les Satyres, Pans on Silènes à pieds de bouc ou de cheval ou à pieds humains ne sont pas rares dans Tarchéologie figurée, les Satyres à tête de bouc sont exceptionnels, bien qu'Hérodote les
signale : atYOTrpoawitov -/.al xpaYOCTxeXÉa On
pourrait admettre qu'Hérodote a voulu désigner par l'épithète a'YOTrpoawTiov, non point une vraie tête de bouc, mais une figure humaine bestiale, au nez épaté, à la barbe hirsute comme celle d'un bouc.
Pourtant, il existe au musée de Léningrad une statuette de bronze, trouvée dans le Péloponnèse, qui représente un satyre avec une véritable tête de bouc et des pieds de bouc (pieds fourchus) ^
Le mythe du satyre enlevant une nymphe ou une ménade est expliqué de la manière suivante par Léon Heuzey.
Dans la plaine qui sépare Philippes de
la mer, coule un petit cours d'eau appelé dans l'antiquilé le Zygastès. Or, d'après Appien, « c'était dans les champs voisins, que Coré était occupée à cueillir des fleurs lorsqu'elle fut surprise et enlevée par Hadès. On ajoutait que le dieu, au passage du torrent, avait brisé le joug de son char, Tov ^uyov à;ai, d'où le nom de Zygastès donné à ces eaux ^ » .
En s'appropriant cette légende grecque, les Thasiens et les barbares de la région du Pangée l'ont barbarisée, en quelque sorte, en lui donnant une forme obscène et primitive et en supprimant le char et les chevaux. Le ravisseur est devenu un Satyre monstrueux du thiase du Dionysos- Sabazios adoré au sommet du mont Pangée : il était le dieu commun à tous ces barbares de l'Epi- Thrace, d'où la présence du même type si étrange sur les monnaies d'un grand nombre de ces tribus thracomacédoniennes
Période de la symmachie athénienne (de 465 à 411 av. J.-C).
La suite des monnaies de Thasos décrite au 1. 1 de notre Descr. hist., p. 1198. pl. LV, fig. 18 à 26, s'arrête vers l'an 465.
Au cours des campagnes de Gimon pour chasser les Perses des côtes de Thrace et de Macédoine, Eion ayant été prise en 470, Thasos entra dans la symmachie athénienne. Mais les Athéniens n'eurent alors qu'une
idée : prendre aux Thasiens leurs mines insulaires et continentales. Il s'ensuivit un conflit terrible. Dès 465, les Thasiens furieux se détachèrent de la ligne atticodélienne; les Athéniens décidés à étouffer sans retard ce commencement de révolte vinrent assiéger Thasos et détruisirent la flotte des Thasiens ^ « Après un siège de