Hérodote, IV, 75 ; Strabon, VII, fragm
Cette Neapolis ou Neopolis du Pangée est mentionnée dans les textes épigraphiques parmi les villes tributaires d'Athènes au temps de la Ligue attico-délienne dès la 83' Olympiade (447 av. J. C) ; ces inscriptions l'appellent NcàTioXts ou NsoTtoÀtxai uap' 'AvTtaapav, pour la distinguer de Neapolis dans la presqu'île de Pallène et de Neapolis de la Chersonèse de Thrace.
Elle était à la fois sur la mer et sur la grande route militaire et commerciale de la Thrace, la via regia ouverte par les rois de Macédoine, améliorée par Philippe, et qui devint la via Egnalia des Romains ^
Ce sont vraisemblablement les Athéniens qui, ayant dépossédé les Thasiens, développèrent l'établissement maritime de Daton, lui donnèrent le nom de Neapolis « la ville neuve ». D'après cela, les monnaies anépigraphes au type érétrien de la tête de Gorgone seraient de Daton.
La légende NeoTroXtxiuv ou ses variantes aurait commencé à paraître avec l'arrivée des Athéniens au v*" siècle. Neapolis a du être peuplée par un synœcisme d'Erétriens, de Thasiens, d'Athéniens, d'anciens habitants d'Anlisara et de Daton, groupés sous la protection des escadres athéniennes, dans la baie où s'élève aujourd'hui Cavala ^.
Les monnaies de Neapolis ont au revers une tête de femme jeune dont Gousinéry a fait une Vénus Victrix ; mais c'est, dit L. Heuzey, la « Victoire elle-même, la déesse Niké, si chère aux Athéniens qui associaient son culte à celui de Minerve. » Ce type monétaire me paraît rattacher étroi-
1 . Tite Live, XXXIX, 27 ; cf. Heuzey, Mission de Macédoine, p. 12.
2. L. Heuzej'^ Mission de Macédoine, p. 24 ; B. Head, Brit. Mus. Catal. Macedonia, Introd. p. xvi ; E. Curtius, Hist. grecq., t. V, p. 51.
LES VILLES DU PANGÉE — PHILIPPES
tement la fondalion ou la colonisation de Neapolis à Theureuse expédition qui mit entre les mains d'Athènes le riche littoral jadis exploité par les Thasiens. Le rapprochement est d'autant plus curieux que Cimon qui fit cette conquête (vers 465), voua justement un cuUe à la Victoire et lui éleva son temple de TAcropole » ^
Cependant, rien ne caractérise comme étant Niké, cette tête qui, sur les bons exemplaires, parait tantôt diadémée, tantôt couronnée de longues feuilles comme une tête de nymphe, plutôt que couronnée de laurier. Il y aurait plutôt lieu, semble-t-il, de rappeler Aphrodite, à cause de la co-
lombe qui est parfois, figurée devant le menton de la déesse (n° 1166) A la vérité, à la place de la colombe, certains catalogues décrivent une rose ou un caducée ; mais l'oiseau est certain sur notre n° 1166. Si réellement ces symboles variés existent (je n'en ai vu aucun exemplaire), la colombe elle-même, au lieu de caractériser la tête de divinité qu'elle accompagne, ne serait plus qu'un symbole adjoint de magistrat monétaire. La question reste à éclaircir.
Le monnayage de Neapolis prend fin vers 359, avec la conquête de la région du Pangée par Philippe de Macédoine.
§ V. — Philippes.
En Fan 361 avant notre ère, un parti de Thasiens et d'Athéniens, sous les ordres de l'orateur athénien Callistrate, débarqua par surprise au pied du mont Pangée. et s'étant aventuré dans la montagne s'empara des anciennes mines thasiennes qui furent ainsi remises en exploitation
Les nouveaux colons s'installèrent à proximité des ruines de l'ancienne Daton, en un site appelé Crénides (Kp/jvîôe;, tes peliles sources). « Au pied même du mur occidental de l'acropole de Philippes, dit Heuzey, vers l'endroit où la route pavée sort de la ville, le terrain est défoncé par une quinzaine de petites sources qui jaillissent au bord de la plaine et dont le voisinage sulfit pour justifier le nom de Crénides donné au premier établissement grec fondé sur remplacement où devait s'élever la ville de Philippes » ^
Cet établissement thaso-athénien des