‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 546 sur 698 · Les Laiéens · texte numérisé non relu

Les Laiéens

Nous avons décrit * les pièces sur lesquelles on lit en traits épais et grossiers AAlAI • Ces caractères sont interprétés par Svoronos comme donnant le nom de la tribu paeonienne des Laiéens (AataTot, e0vo; ïlaiovtxôv). D'après ce savant, les Laiéens auraient battu monnaie dès le début du v* siècle. Nous avons exposé les raisons pour lesquelles l'opinion de Svoronos, formulée dès 1889, ne paraît pas devoir être admise ^ Ce savant a repris la question en 1919 ^, mais sans apporter d'arguments nouveau sinon cette assertion singulière que la légende AAiÂI « est écrite en claires et bonnes letlettres archaïques ». Il suffit de comparer cette légende avec celles des monnaies de bon style des Derroniens, des Bisaltes, des Orreskiens ou du roi des Edoniens Gelas,

pour acquérir au contraire la certitude, comme l'a bien vu Hugo Gaebler, qu'il s'agit de lettres barbares et d'époque postérieure, ce que prouvent aussi la grossièreté du type des pièces et l'irrégularité de leur poids. Les AataTot, cantonnés au nord du Strymon, dans les gorges du mont Orbelos et voisins des Thraces Odryses, sont signalés par Thucydide pour s'être soulevés en 429, à l'appel du roi des Odryses Sitalcès. Si c'est leur nom qu'on doit reconnaître dans la légende barbare des pièces précitées, (à supposer qu'elle ait un sens) on ne saurait placer ces imitations barbares qu'à une époque tardive, impossible à préciser. Nous proposerions volontiers, mais par conjecture, de les rapporter à la révolte contre les Athéniens de l'an 429

1235. — ]*ersonnage assis dans un char traîné par un bige de taureaux^ à droite (un seul taureau est représenté); l'homme est coiffé du pétase et tient le fouet et les rênes; le caisson du char est un treillis d'osier. En haut, dans le ch., un grand casque à dr. ; sous le taureau, une rose macédonienne sur sa tige.

I^. Grande tête casquée d'un héros barbu, à droite, les cheveux nattés sur le cou. Cette tête semble posée sur une base décorée d'un grénetis. Dans le champ, à g., une étoile à huit rayons.

iîl 37; Octodrachme, 37 gr. 36 (P) Pl. CCCXXVII, fig. 6 ; — autres ex., 38 gr. 88 [Jameson).

1. Notre Descr. hist., t. I, p. 1050, pL XLIV, fig. 4 et 5; cf. J. Svoronos, V hellénisme primitif de la Macédoine, p. l et 22, et pl. III, fig. 7 et 9.

2. Svoronos, op. cit., p. 2, se plaint que son article de VEpfiemevis de 1889 ait « échappé à l'attention de ceux qui se sont occupés de la question après lui ». J'ai, au contraire, discuté et critiqué amplement cet article, au t. Idema Descript. hist.y p. 1050.

3. J. Svoronos, Ufiellén. prim. de la Macédoine, p. 1 etc.; cf. p. 22.

4. Svoronos classe également, sans motif, aux Laiéens les pièces anépigraphes au type du bouc agenouillé et détournant la tête, avec parfois dans le champ le signe 0. Svoronos, op. cit., p. 23. Nous avons rangé ces pièces au règne d'Alexandre I^S roi de Macédoine (notre pl. XLIX, fig. 9).

ROIS ET DYNASTES INCERTAINS

L'exemplaire de Paris a été longtemps considéré comme douteux, voilà pourquoi nous ne l'avons pas fait figurer sur notre pl. XLIV. Le revers bombé et la tête casquée qui semble gravée au trait, paraissent justifier ces doutes. Toutefois, la pièce de la collection Jameson, du même coin, si elle a bien été trouvé à Istip, comme on le dit, serait un argument en faveur de l'authenticité de l'un et l'autreexemplaires. Svoronos, qui ne doute pas de l'authenticité, fait remarquer la parenté de la tête casquée du revers avec celle qui forme le type des

monnaies d'^Eneia. Une tête casquée analogue est donnée au guerrier domptant son cheval sur des monnaies attribuées à Ichnae * et sur des monnaies des rois de Macédoine ^

La question d'authenticité mise à part, Svoronos propose d'attribuer ces pièces « à un peuple de la Paeonie tel que les Graaiens (rpatatoi), ou les Dobères (Aoêr^pc;) qui étaient les voisins des Derroniens et des Laiaiens, ainsi que des Crestones » \ On ne peut réfuter une conjecture qui ne repose sur aucune apparence de fondement *.

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