Gurtius. t. V. p
Si nous jetons un coup d'oeil général sur l'intérieur du pays, qui commence à se civiliser à partir d'Alexandre, nous constaterons avec Albert Dumont, que c'est l'influence macédonienne, à partir d'Alexandre et de Lysimaque, qui a fait pénétrer la langue grecque dans l'intérieur de la Thrace. Sans doute les monnaies des rois thraces Odryses ont des légendes grecques dès la fin du v*^ siècle avant notre ère, mais ces monnaies nationales imitaient celles des villes grecques échelonnées tout autour des côtes de laThrace et elles étaient, avant tout, destinées à payer les Grecs mercenai-
res à la solde des rois barbares, comme le furent les débris de l'armée de Xénophon en passant à la solde du roi thrace Seuthès.
La plus ancienne inscription grecque de l'intérieur de la Thrace qu'on ait signalée jusqu'ici remonte seulement à la fin du siècle ; elle paraît être du temps de Lysimaque. Elle a été trouvée à Bessapara dans le pays des Besses, non loin à l'Ouest de Philippopoli. Cette inscription atteste, dans tous les cas, que dès la fin du iv« siècle on parlait et on écrivait le grec dans le fond de la Thrace
§ II. — Abdère.
Pour les monnaies antérieures à l'expulsion des Perses, voyez notre Descr. hist., t. I, p. 1203 à 1-210 et pl. LVI, fîg. 1 à 7 2.
Le nom d'Abdère est généralement considéré comme un pluriel neutre, xâ "Aê8ï)pa ; mais les anciens en faisaient aussi parfois un féminin singulier, "ASSr^pa, gén. "AêÔTQpaç. On trouve même le masculin "AêSrjpo; et le neutre "A6§r)pou. L'ethnique est, chez les auteurs, 'AêSTjpTxrjç, pluriel 'AêSrjpTxai. Sur les monnaies le nom des Abdéritains commence à paraître seulement au milieu du V' siècle ; il a la forme ABAHPITEON ; sur les monnaies de l'époque impériale romaine on a ABAHPEITAL
Nous avons ditqu'Abdère était^au temps des guerres médiques, l'un des grands ports de la Thrace méridionale. En 480, Xerxès