G. Perrot, I.e commerce des céréales en Atti
phore cimmérien qu'Athènes recevait 1 moitié du blé dont elle avait besoin *.
Aussi les Athéniens comblèrent d'honneurs Leucon et ses fils.
Les successeurs de Leucon, qu'on appelle les Leuconides furent les princes suivants :
Spartocos 111, fils de Leucon, qui régna 5 ans, conjointement avec son frère ]*aerisadès m, de 347 à 342; Paerisadès régna seul ensuite, de 342 à 309.
Spartocos III et Paerisadès III, après la mort de leur père Leucon, envoyèrent à Athènes une auibassade pour confirmer leur amitié avec les Athéniens et contracter l'engagement des traditionnelles livraisons de blé. En retour de quoi, les Athéniens décrétèrent que Spartocos et Paerisadès jouilaient des mêmes privilèges et des mêmes honneurs que Salyros et Leucon et qu'une couronne d'or de mille drachmes serait donnée à chacun d'eux à la fête des Panathénées; le décret fut gravé sur le Uiarbre. Quant aux deux jeunes princes, ainsi que leur frère Polyeucte qui fut gratilié des mêmes honneurs, ils offrirent les trois couronnes d'or qu'ils avaient reçues, au sanctuaire d'Athénn, de sorte qu'en réalité les Athéniens récupérèrent les effets de leur munificence .
Après la mort de son frère Spartocos, en 342, Paerisadès régna seul sur tout le royaume bosporan, jusqu'en 309.
Son nom est orthographié chez les auteurs, IJapiaâôr^ç, Ilapetaioïjc;, flapjaâSr,?, ^^ip^- <yior,ç, Btptaaor^;; le génitif peut être Ilaptaaôoo, ilap'.aâooj;, OU même Ilapiaaôeoç. Les rois postérieurs, du même nom, donnent sur
que, au siècle av. J.-C. Alhenes et le royaume du liosphore cimmérien, dans la Revue historique, t. IV, 1811, p. 1-13,
PHANAGORIE
leurs monnaies et leurs inscriptions ria-^p-.aâoo'j.
Paerisadès qui fut, paraît-il, un prince acconîpli, continua à être l'ami des Athéniens. Ceux-ci lui élevèrent sur l'Agora une statue de bronze, ainsi qu'à son (ilsSatyros et à son beau-père Gorgippos, dont il avait épousé la fille, Coinasarye. Paerisadès paraît avoir soumis à son autorité les barbares asiatiques, lesSindes, les Maeotes, les Thatenses.
En 309, son fils aîné Satyros lui succéda, mais ne régna que neuf mois. Viennent ensuite les règnes des frères de Satyros, appelés Prytanis et Eumelos. Celui ci régna de 308 à 303 av. J.-C. Son (ils Spartocos IV lui succéda et régna vingt ans, de 303 à 283 av. J.-C. Mais nous n'avons pas à j)Oursuivre plus loin les annales du royaume du Bosphore cirnmérien.
11 n'y a pas de monnaies qui portent les noms des rois que nous venot s d énumérer. D'ailleurs, il faut remarquer (ju'on les désigne sous les noms de ojvâi-:/,:;, -r jpawo; ou simplement d'arc hou tes, plutôt que sous celui de rois que leur donne Diodore. Euxmêmes, dans leurs décrets, prennent seulement le titre de : «o^ç^wv, bien qu'en fait leur puissance égalât celle des rois.
Latyschew fait remarquer (|ue la dénomi-
vni. —
♦t'avayop-a OU 4>avaYop£ia (ethnique «ï^avotYOpsj; OU ^avaYopEi-cr];) était située sur la rive orientale du Bosphore cimmérien, en face de Panticapée. C'était originairement une
1. OresctinikoNv, Zur Miinzkunde des Ciyoner. Bosporiis (1883) ; Podschiwalow, [Milnzen von Sai'malia Europaea, Cfiersonesus Taiirica und Boxporus Cimmerius^ Moscou, 1882; et Monnaies dea rois du
nation solennelle de apywv Boa-rropou /.a-, eeoooTta^ xai Paj'.XE'joiv l'.votov xa- MaiTÔJv xal
earicov, qui distingue la nature double de l'autorité des Spartocides sur les colonies grecques du Bosphore et sur les nations barbares, fut conservée jusqu'à Spartocos IV qui, le premier dans les inscriptions, se dit plus brièvement : à'pywv xa-. paT'.Xsjo);. C'est surtout au temps des Diadoques que prévaut, dans le Bosphore cimmérien comme partout en Orient, le titre de Baî'.Xeu;.
Les monnaies frappées durant leur règne ne portent que le nom et les emblèmes de la ville de Panticapée, leur capitale.
Les monnaies les plus anciennes qui portent le nom d'un roi du Bosphore cimmérien sont au nom d un roi Paerisadès, avec la légende BAIlAEni nAIPlIAAOY. Ce sont des statères d'or qui ont, au droit, l'elligie du roi, et au revers Alhéna nicéphore, type imité des statères de Lysima- (jue frappés à Byzance même après la mort de ce prince. Ces pièces ne sauraient donc être antérieures à la mort du roi de'Hirace, qui occupa le trône de 323 à 281 .
Les m()nuaios qui portent BAZIAEnZ AEYKONOIet BAIlAEni inAPTOKOY sont aussi de rois appelés Leucon et Spartocosqui vécurent seulement au m" ou au II* siècles avant notre ère
Phanagorie.
colonie de Téos qui, "vers 540 av. J.-C, s'installa sous la conduite du héros Phanagoras fuyant la domination des Perses en lonie. Elle devint rapidement un élablisse-
liosphore cimmérien, Moscou. 1887.
A. von Sallet, ZeiL fiir Num., t. IV, 1811, p. 229 ; Inihoof-Bluiiier, f*o?-/ra/Ârô/>/e, p. 36.
ment très prospère et la principale ville du même situation que Byzance et Calchédon Bosphore asiatique, rivalisant avec sa voi- à l'entrée du Bosphore de Thrace. Phanasine Panticapée, capitale du Bosphore gorie commença à battre monnaie seuleeuropéen. Les deux villes étaient dans la ment au iv« siècle avant notre ère.
1761. — Tête d'un Cabire, imberbe, les cheveux longs, coiffé du pileus lauré, à g.
1^. <t>ANA. Taureau cornupète, à g.
17; 4 gr. 45 (L) Pl. CCCLV, fîg. 10 \
1762. — Même droit.
I^. 0ANA. Protomé d'un taureau cornupète, à g.; derrière, un grain d'orge. JK iO ; i gr. 30 (P) Pl. CCCLV, fig. 11 ^
1 763. — Tête d'un Cabire barbu, coiffé du pileus conique, à g. I^. OANA. Taureau cornupète, à g.
Sur les pièces d'argent (n^s>[76i^ 1763) on pourrait être tenté de reconnaître, au droit, le héros Phanagoras, fondateur de la ville, mais il vaut mieux y reconnaître un Cabire
imberbe (n^^ 1761, 1762) et un Cabire barbu (n° 1763) ; le pileus conique convient mieux aux Cabires.
Bronzes,
1764. — Tête de Pan barbu, couronné de lierre, à dr. I^. OA. Arc et flèche.
yE 17 (P) Pl. CCCLV, fig. 12.
1765. — xMême description.
^ 14 à 12 (P) Pl. CCCLV, fig. 13 et 14; — autres (L) '\
Les pièces de bronze que nous venons de décrire (n°s 1764,1765) sont identiques, sauf pour la légende, aux bronzés de Panticapée. Elles appartiennent peut-être à la période durant laquelle Phanagorie fut soumise
aux archontes-rois de Panticapée.
Au iii^ siècle av. J.-C, Phanagorie continua à émettre des monnaies d'argent et de bronze dont la légende est 0A, 0ANA»
OANArOPITHN
1. Brit. Mus. Catal. Pontus, Paphlagonia, p. 3, Mionnet, SuppL, t. IV, p. 416, n°6 (d'après Koehler,
Pl- I' ^- ' Médailles grecques, p. 380, n° 46, pl. X, 5).
2 Reviie numism., 1900, p. 122. 4. Brit.' Mus. Catal. Pontus, etc., p. 3, n»' 2 et 3.
a.Koehne, Musée Kotschouhèy.t. I, p. 403, n. 23; 5. B. Head, Hist. numor., p. 494.
§ IX. — Sindé
La ville qu'on désigne généralement sous Leur capitale paraît avoir, d'après Scylax,
le nom de Sindé ou Sinda Sarmatica était reçu une colonie grecque. Dans tous les
à une courte distance (500 stades) au sud cas, elle eut un atelier monétaire au
de Phanagorie. Elle était la capitale des iv* siècle.
Sindes (StvSot) qui donnèrent leur nom à la Polyen (VIII, 55) parle longuement de la
contrée (Stv8r/.ô; >a{jLr;v). Les Sindes, déjà Méotide Tirgata, femme d'Hécataios, roi
mentionnés par Hérodote, étaient un peuple des Sindes. Celui-ci ayant été détrôné par
de la Sarmatie asiatique, installé à l'extré- son peuple, se réfugia à Panticapée, auprès
mité nord-ouest de la chaîne du Caucase. de Satyros, roi du Bosphore cimmérien.
1760. — (îriiïon assis, à dr., les ailes recoqiievillées. I^- ZINAON. Têle de cheval, à dr. Carré creux. ^ 14 ; 1 gr. 19 ^ Pl. CCCLV, ûg, 15.
1767. — Tête imberbe d'Héraclès, coifTé de La peau de lion, à dr. ^L. IINAON. Têle de cheval, à dr. Carré creux.
/R 14 ; 1 gr. 01 cassée (P) PL CCCLV. fig. 16 ; autres \
1768. — Même description.
m 7^;P1. CCCLV, ftg. 17 et 18.
1769. — Héraclès nu, agenouillé ii dr., tirant de l'arc. F^. IINAflN. Chouelle de face, les ailes éployées.
m 1.S Pl. CCCLV, fig. 19.
1770. — Tête de taureau, à dr.
1^. Tête de cheval, à dr. Carré creux. /R 7 ° ; Pl. CdCLV, fig. 20.