LES ROIS DES SCYTHES
Les monnaies que nous allons décrire sont, par leur style, des v^-iv® siècles ; elles rentrent par conséquent dans le cadre du présent volume. Les unes sont incertaines, d'autres se rattachent peut être aux séries des rois Thr.ices étudiées plus haut. Il en est enfin qui paraissent avoir été frappées parles rois scythes qui habitaient dans le voisinage des colonies grecques établies soit vers les embouchures de l'Ister (le Danube), du Tyras (le Dniester), de l'Hypanis (le Boug), du Borysthènes (le Dnieper), du Tanaïs (le Don).
Les Scythes voisins de la vieille colonie milésienne d'Olbia, en particulier, avec laquelle ils étaient en contact permanent, avaient de bonne heure acquis par ce contact et leur commerce avec les Grecs une culture avancée. Témoin ce fils d'un roi Scythe, Anacharsis qui, pour s'instruire, fit le tour des villes helléniques, visita Athènes en 592 av. J.-C, au moment où, grâce à Solon, elle étaitdevenue la capitale intellectuelle de la Grèce, et qui passa, même chez les Grecs, pour un « Sage de la Grèce »
(Hérod., IV, 76). Son voyage donna le prétexte, à la fin du xviti« siècle, à l'abbé Barthélémy d'écrire un livre d'histoire grecque qui est un chef-d'œuvre et dont on peut aujourd'hui encore recommander la lecture K
Dans lesinscriptionsgravéessur le rocher, à côté des bas-reliefs qui décorent l'entrée du tombeau de Darius P% fils d'Hystaspeet qui énumèrent les contrées soumises par ce prince, on lit en caractères cunéiformes : (( Celui-ci est Sariicas le Scythe « et ce roi Scythe Sarucas, du vr siècle avant notre ère, est représenté à côté de l'inscription avec un haut bonnet conique, et d'une taille plus grande que les autres rois vaincus qui figurent aussi dans la même inscription. Ceci tendrait à prouver que les Scythes étaient une race d'hommes particulièrement remarquable pour leur force et leur taille.
Sarucas n'est pas connu dans les sources grecques.
Le premier des rois scythes voisins d'Olbia, dont on connaisse le nom, s'appelait
\. E. Curlius, Hist. grecque, t. I, p. 518.