H. ilead, lliat. nvmor., (2^ éd.) p
fin du \i' ou le début du v« siècle, ont dû adopter ce genre de numéraire en raison des liens étroits qui les rattachaient a Corinthe, leur métropole. Ce monnayage est alors la conséquence de l'alliance politique et économique qui plaçait les colonies corinthiennes sous l'hégémonie de leur métropole, régime auquel Corcyre refusa si longtemps de se plier. Mais, pour la plupart des autres colonies de Corinthe, comme Argos, Alyzia, Astacos, Stralos, Thyrreion, ce fut seulement, au contraire, à un moment déterminé de leur histoire monétaire qu'elles ont abandonné leurs types locaux pour adopter les types corinthiens ; elles ont ensuite quitté ceux-ci, après s'en être servi pendant une période plus ou moins longue. La chronologie des événements politiques permet d'établir que l'adoption des types corinthiens par ces villes coïncide avec l'intervention armée de Corinthe dans les affaires de l'Acarnanie et les guerres dont cette région fut le théâtre. L'influence directe de Corinthe sur ce monnayage est encore attestée par ce fait que dans toutes ces colonies, les usages monétaires suivent le même développement qu'à Corinthe et présentent des particularités parallèles dans le style, la légende, les noms de magistrats, les symboles, qui parfois même sont identiques ; il serait bien dillicile d'expliquer ce parallélisme rigoureux sans admettre une entente monétaire entre toutes ces villes et une sorte de direction de la part de la métropole.
D'un autre coté, lorsque des colonies corinthiennes plus lointaines et devenues politiquement indépendantes comme Syracuse, Leontion, Terina ont aussi, au iv*" siècle, adopté momentanément les types et le poids de la monnaie métropolitaine, ce fut
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évidemment de leur plein gré, mais sous la pression des circonstances, dans un but économique et en raison du développement de leurs affaires avec les autres colonies corinthiennes. Les touXoi étaient alors le principal véhicule du commerce entre les côtes occidentales de la Grèce, l'Italie et la Sicile.
Pour nous restreindre à TAcarnanie, aux v^ et iV' siècles, la ligue acarnanienne ne prend pas tout d'abord les types corinthiens sur ses monnaies fédérales. Elle adopte les emblèmes nationaux du fleuve Achélous et de la nymphe Callirhoé (ciaprès, n°' 7 à 23). Seul le monnayage autonome des villes, pour la plupart à partir du milieu du iv® siècle, adopte les types corinthiens. Mais après Tan 300, quand la
corinthienne Leucas sera devenue la capitale de la Ligue qui s'étendra d'ailleurs au delà des frontières de FAcarnanie, le monnayage fédéral adoptera lui même les types corinthiens avec le monogramme de la Ligue, ou fi^ et les initiales des villes diverses où les pièces sont émises. Enfin, ce qui affirme bien l'union politique acarnanienne dans cette dernière période, on relève les mêmes noms de magistrats fédéraux sur les monnaies des diverses villes confédérées. On ne saurait donc le nier; ce monnayage acarnanien de l'époque macédonienne revêt les mêmes caractères d'union monétaire que celui de la Ligue achéenne et des autres Ligues politiques du même temps.
§11. — Stratos.
Comme nous l'expliquons plus haut, la ville de Stratos fut aux v* et iV siècles la capitale de la Confédération acarnanienne. D'après Thucydide, Stratos était la première ville de FAcarnanie ^ Elle était située sur la rive droite de FAchélous, éloignée de son embouchure, dit Strabon, d'un peu plus de 200 stades. Ses ruines qui se voient à Sourovigli, non loin du bourg de Lepenou, sont renfermées dans une enceinte qui a encore ses portes et ses tours. Stratos qui commandait la grande et fertile plaine d'Acarnanie ^, au temps de la guerre du
Péloponnèse, était déjà une place très forte contre laquelle vinrent se briser en 429, les efforts des Ambraciotes, des Leucadiens et des Lacédémoniens commandés par Cnemos ' .
Après cet épisode glorieux de ses annales, les historiens anciens ne la mentionnent guère durant un long siècle. En 314, Cassandre s'en fit un appui contre la Ligue étolienne *. Mais les Etoliens réussirent à s'en emparer vers Fan 300, et à partir de cette époque Stratos devint un de leurs principaux boulevards : ni Philippe V, ni
1. L. Ileuzey. Le mont Olympe el VAcarnonle, S.Thucyd., II, 80; Ileuzey, op. cit., p. 341 ; E. p. 331. Cf. Thucydide, 11,80 (^ToatTOv tcôXiv jjLsyiaTTiv Curtius, Hisl. grecque, t. Jll, p. 73.
TT.c; 'AxapvotviaO. 4. Diod. Sic, XIX, 68; cf. Heuzey, op. cit.,
2. Thucyd., 11, 102 ; Polybe, IV, 63. p. 343 ; Droysen, Hist. de V hellénis7ne , t. II, p. 325.
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Persée ne réussirent à les en chasser. A. la 2° Les monnaies fédérales ararnaniennes,
chute de Persée, en 108, les Romains resti- émises à Strates de 432 à 400 environ, c'est-
tuèrent Strates à l'Acarnanie. à-dire à partir de la résistance victorieuse
Les monnaies frappées à Stratos aux v'' de Stratos et des confédérés acarnaniens
et TV*' siècles se partagent en trois groupes: contre Tentreprise des Ambraciotes et
1" Celles qui sont autonomes par leurs jusqu'après la guerre du Péloponnèse (n°'
types et ont été frappées pour la ville, 7cà23).
depuis le milieu du v® siècle jusqu'en 432, 3" Les monnaies autonomes de Stratos
lorsque débuta la lutte des Acarnaniens frappées depuis 350environ jusqu'au début
confédérés contre les Ambraciotes, les Co- du siècle (n"^ 2i à 27). rinthiens et les Lacédémoniens (n^^^ 1 à 6).
Groupe A. — Monnaies autonomes.
De 450 à 4 S? mv'irrni .
\ . Têto barbue du fleuve Acbélous, avec des cornes de taureau, de face, léf>èrement inclinée à g.
I^. A5I — TW. Tôte de la nymphe Callirhoé de face, les cheveux relevés et retenus par un diadème perlé. Carré creux
m 14; pentobole, cor., 2 gr. 34 (L) Pl. CCLXXI, fig. 1; — autre ex., 2 gr. 33 (/?) ^