‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 3)Chapitre 96 sur 698 · I. — Aperçu général · texte numérisé non relu

I. — Aperçu général

L'Kpire ("ri7r£tpo<;) était celle vaste contrée de la Grèce septentrionale qui, à l'est, est adossée à la chaîne du Pinde, et, à l'ouest, est arrosée par la mer ionienne qui la sépare de l'Italie méridionale. Au sud, le golfe d Ambracie, aujourd'hui golfe d'Arta, formait la barrière entre elle et l'Acarnanie. A Test, le canton montagneux des Athamanes, le nœud du Pinde, la limitait du côté de la Thessalie. Plus au nord, la chaîne du Tymphé la séparait du bassin supérieur de l'Aous, habité par des tribus montagnardes qu'on rattache à la Macédoine. Deux grands fleuves, qui coulent en sens inverse, arrosent le pays : l'Aratthos, qui descend du mont Tymphé pour aller, au sud, se jeter dans le golfe d'Ambracie ; l'Aous, qui devient épirote seulement dans son parcours inférieur, et va, au nord, se jeter dans la mer auprès d'Apollonie d'Illyrie. Il faut encore citer des cours d'eau plus petits, mais qui occupent une place importante dans la mythologie ou l'histoire : l'Oropos,

qui coule parallèlement à l'Aratthos et vase perdre à côté de lui dans le golfe d'Ambracie ; l'Achéron et le Cocyte, fleuves aux noms infernaux, qui se rejoignent dans le lac Acherusia avant de gagner la mer au golfe d'Elea ; le Thyamis, dont l'embouchure est en face de Corcyre ; le Polyanthès, aflluent de gauche de l'Aous, le Celydnus qui, séparé de la mer par les monts Gerauniens, la rejoint au fond du golfe d'Oricum.

Les bassins supérieurs de l'Aratthos et du Thyamis, entre les monts Tymphé au nordest et Tomaros au sud-ouest, étaient habités par la tribu des Molosses. Ils comprenaient en particulier la grande et fertile plaine appelée THellopie, où. se trouvait la ville sainte de Dodone : c'est aujourd'hui la plaine de Janina. Le reste de l'Epire était habité par des tribus diverses : au sud la Cassopie et la Thesprolie ; au centre, en face de Corcyre, la Chaonie ou pays des Chaones, séparée des Thesprotes par le cours du Thyamis.

ÉFIKE, COHCYKE

— AMBKACIE

Les villes qui, avant le iii' siècle, ont eu un atelier monétaire sont, outre la colonie corinthienne d'Ambracie, Gassopé, la capitale de la Cassopie, Elea en Thesprotie et Passaron, la capitale des Molosses. A ces monnaies autonomes, qui cessent en 342, c'est-à-dire lorsqu'Alexandre, fils de Néoptolème, étendit sa nomination sur toute TEpire, il faut ajouter : Pandosia, près de l'embouchure de l'Achéron, Phœnire, la capitale des Chaones, Dodone et la capitale des Athamanes, qui ont des monnaies autonomes seulement après la chute de Pyrrhus et de la dynastie des Eacides. Les monnaies de la République Epirote, avec APEIPriTAN ne débutent pas non plus avant le milieu du iiF siècle. Enfin, à l'époque romaine, paraissent les abondantes

séries de Nicopolis, fondée par Auguste en l'honneur de la bataille d'Aclium, et de Buthrotum, auprès de Corcyre, la seule ville épirote qui ait des monnaies à légendes latines.

Les tribus épirotes, dont la population autochtone n'était qu'à demi hellénisée, étaient indépendantes les unes des autres et chacune d'elles avait ses rois indigènes. Au temps des grandes guerres médiques, la puissante tribu des Molosses était prédominante et ses rois devinrent^ à partir du milieu du iv^ siècle, rois de toute l'Epire. Le dernier d'entre eux est Pyrrhus (295- 272), dont le splendide monnayage est hors de notre cadre, ainsi que la numismatique des villes de l'Epire jusqu'à l'élablissement de la domination romaine.

^ Tl. — Ambracie.

Pour les monnaies de l'époque archaïque, voyez notre Descr. hist., [. I, p. 911 à 914 et pl. XL, fig. 1.

Ambracie ('Ajjiêpa/.ia, ethnique 'A|jLêpa/.'.(o- Tr^ç) sur le cours inférieur de l'Aratthos, à 80 stades en amont de l'embouchure de ce fleuve sur r'A[j.êpaxtxoc; xoXtto;, s'appelle aujourd'hui Arta comme le golfe lui-même.

La plus importante des colonies corinthiennes, si l'on en excepte Corcyre, la ré-

voltée, Ambracie coopéra avec sept navires et 500 hoplites à la victoire de Salamine, en 180. C'est jusqu'à cette époque que remontent les premiers statères à types corinthiens qu'on peut lui attribuer et qui ont pour marque distinctive la lettre archaïque A- [Groupe A décrit antérieurement, t. I, p. 914) ; nous continuons ici, en conséquence, avec le 2*^ groupe.

Groupe B. — Z)^ -fSO à 432 av. J.-C.

A en juger par son style et parlacompa- grandes guerres médiques et l'éclosion de

raison qu'on en peut faire avec les séries la guerre entre Corinthe et Corcyre, en

de Corinthe contemporaines, le groupe 432. Toutes ces monnaies ne portent que

ambracien qui suit doit se classer entre les la lettre A ('AjJiêGaxKOTav) .

12o Él'lKE, CORCÏUE AMBKAClE 126

267. — A. Pégase, les ailes recroquevillées, volant à g. ; dessous, tortue luttant avec un serpent.

I^. A. Tcte (le Pallas corinthienne, à g., au-dessus, un taureau à g. C. cr. /R 21 ; stat cor., 8 gr. 50 (L) Pl. CCLXXX, fig. 6 ' ; — autre 8 gr. 52 (B)

Pl. CCLXXX, fig. 7 ^

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