‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 237 sur 880 · Tome U · texte numérisé non relu

Tome U

TÊNÉDOd

est deux lypes qui sont particuliers à Ténédos : c'est la tête janiforme avec une face barbue et une face imberbe, et la hache à double tranchant. Qu'est-ce que cette tête janiforme? Quel est le sens de cette bipenne?

En ce qui concerne la bipenne, on cite un passage d'Arislole, conservé par Etienne de Byzance (s. v* Tiveoo;), qui rapporte expressément ce type monétaire au décret d'un certain roi semi-légendaire deTénédos, décidant que toutes les personnes convaincues d'adultère seraient décapitées K II est fait aussi allusion à cette loi primitive dans la légende rapportée par Suidas, d'après laquelle Tenues ordonna qu'à Ténédos « un homme armé de la double hache (lîiXexuv) resterait placé derrière le juge et frapperait quiconque serait pris en flagrant délit de mensonge * ». Mais le rapprochement proposé par Âristote entre la loi de Ténédos et le type monétaire de la double hache ne cadre guère avec la donnée ordinaire des types monétaires primitifs empruntés, généralement, à la mythologie, à l'histoire locale, aux pro-

1 . Et. de Byzaoce : . . . xa( 9t;9iv 'ApiTrcCSr,; xal XWoi t6v Iv Tevi5(p ^Aicc>.Xu>va iréXexuv xpatetv 6ii xi 9U{i6ivTa toîç itepl Tivr^v • i\ (aôcXXov, ûç fi\9iy 'ApiaTOtiXtiç èv T^ Ttvs6{u>v iroXiTsîqt, Btt pajiXsûç xi; iy Tevi8((> vdfxov î^r^•At, x6v xaxaXa(A6ivovxa (xoij^oOf àvaipeiv icsX^xei ifieox^pouç * siceifi-); Bi 9wi€i\ x6v uièv aùxoO xaxaX7;;p6ftVai |ioi)rôv, exOpuvs xal 'Rspi xoO I6io*J ita:8ô; xY,pT,6f,vai x6v vd^ov, xal drvsipsS^vxoç sU itspoiiACav, iC3pfiX6s xô icpdcytJLa licl xûv ùi\L(âi icpaxxopiivtov. Aià xoOxd çT^ori xxl èirl xoC vo[i{9[iaxo; xcîâv Teve6£wv xc/^apix^ai tv {xiv x<j» ixipij) (jiipci itiXexuv, iitl 6i xoû ixépou 8ûo xe9aXic eU uic(5iivr,9iv xoC icepl x6v icaiSa 7ca6/,{iaxo<. Cf. B. Head, //m/, numor., p. 476; W. Wroth, Calai. Troas, Introd., p. xlvi.

2. Suidas : Tevi6ioc dEv6p(i>icoc * éicl xûv ço^epàç ^«{'eic é^dvxuv * ô fàp TtvvTjç lvo(JLo6ixf,76v iy TevéSi^ dhiOpuicov itÉXfixuv Jx®^*^* YffxaoOai xaxà vûxov xoO xpixoD, xal x6v {iixi\v Xffovxa àXi9x6(ACvov icXifjXxeiv.

duclions naturelles du pays. Aussi, malgré l'autorité d'Aristole, est-il préférable d'expliquer le type monétaire ténédien par la légende que rapporte Pausaniàs et que nous allons résumer *.

Cycnos, fils de Poséidon et roi de Golonae, épousa Procléia et en eut deux enfants, une fîlle Hémilhéa et un fils Ténès(ou Tenues). Sa femme étant morte, il épousa en secondes noces, Philonomé, laquelle conçut de l'amour pour Ténès, son beau-fils. Cycnos fil enfermer les deux coupables, Ténès et Philonomé, dans un coffre qu'il jeta dans la mer. Le coffre fut sauvé par miracle et jeté sur la côte de l'île qui, depuis, s'appela Ténédos. D'après ce récit, inspiré de tant d'autres fables analogues, Eckhel ' a proposé, sans doute avec raison, de reconoal- Ire au droit des monnaies ténédiennes, les têtes accolées de Ténès et de Philonomé qui vinrent fonder Ténédos, comme nous l'avons raconté, et y régner.

Cycnos, dans l'intention de se réconcilier avec les deux fugitifs, s'embarqua à son tour pour aller les retrouver à Ténédos. « Mais, dit Pausaniàs, au moment où il touche le rivage de l'île et oQ il attache le cable de son vaisseau à quelque arbre ou & quelque rocher, Ténès prend sa bipenne, coupe le câble et le vaisseau s^éloigne chassé par les vents. La bipenne de Ténès a, depuis, donné lieu à un proverbe que l'on applique à ceux qui sont inflexibles dans leur colère, en disant : il Va coupé avec la hache ténédienne (Tev68?c|> iteXéxei). » Pausaniàs explique encore que l'on voyait dans le temple de Delphes des iceXéxsK; qui y avaient été consacrées par le roi ténédien, Péricly-

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