‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 416 sur 880 · Hérod., V, 113; HiU, Cyprus, Inirod., p. cxv · texte numérisé non relu

Hérod., V, 113; HiU, Cyprus, Inirod., p. cxv

pourrait penser, par exemple, à Eunostos, parce qu'au temps d'Alexandre-le-Grand, le roi de Soli s'appelait Eunostos : Tun de ses ancêtres a bien pu porter le même nom.

Telles sont, en résumé, les bases, assez fragiles, du classement de ces médailles aux rois de Soli. Mais les motifs pour reporterces piècesàGolgos sont-ils mieux fondés?

Le principal des arguments de Six en faveur de Golgos, c'est qu^un certain nombre de ces pièces portent le signe A (=xo, 5^0, Yo), dans lequel il propose de reconnaître l'initiale de Télyoç ou ToX^oî. Six fait aussi valoir que le type du mythe de Géryon qui figure sur quelques-unes de ces monnaies, convient particulièrement bien à Golgos, et qu'enfin, sans ces pièces, Golgos, ville très importante, serait dépourvue de toute suite numismatique. La description qui va suivre nous éclairera sur la valeur problématique de ces arguments. Faisons seulement remarquer que la plus grave objection qu'on puisse faire à ce classement, -^ on s'en rendra compte en jetant un coup d'œil d'ensemble sur notre pi. XXVII — c'est le manque d'unité dans les séries monétaires qu'on veut ainsi attribuer en bloc à Soli ou à Golgos. Il paraît évident que nous avons au moins trois groupes diflFérenls. Sur notre planche XXVII, les pièces n"8, 9, 10 forment un premier groupe. Les pièces il à 15 constituent un second groupe. Enfin les n" 16 à 20 qui ont, au droit, une tête de lion ou un lion en arrêt et rugissant, et au revers, la croix ansée pareille à celle de Salamine, semblent former un troisième groupe. Toutes ces pièces appartiennentelles donc au même atelier? C'est bien douteux. Peut-être, chacune des deux villes, Soli et Golgos, doit-elle y trouver son lot.

GOLGOâ

900. — lléraclêf; marchant à grands pas, à droite, à travers une forêt \îuVu\\\i'M par deux pins garnis de branches et de feuilles: de la main gauche t/;ndue en avant, il tient son arc visible seulement en partie : la main droite le^C'e, qui n'est pas \enue à la frappe, brandissait la massue.

B^. Taureau à droite; au-dessus, une grande branche de laurier. Carré creux iKirdé d'un grênelis.

MUi\ télrobole persique, 3 gr. 55 'Berlin. PL XXVIl, fig. 8 *.

Les types de ce lélrobole seraient un iir^tiîtUinl précieux en fa\eur de l'attribu- Uon k Golgos, si Golgos était la moderne Athiénau, parce qu'ils reproduisent une HUisne analogue à un bas relief découvert dans cette localité par O^snola.

Tout le monde connaît la statue colossale d'Héraclès, rapportée par cet archéologue au musée de New-York, et dont le piédestal est décoré de bas relief représentant divers exploits mythiques du dieu '. La plus intéressante de ces sculptures met en scène Tenlèvement des troupeaux de Oéryon '. On voit Héraclès nu, debout sur une marche d'escalier, la peau de lion sur le dos. Il s'avance en brandissant sa mas* sue de la main droite, la jambe gauche en avant. A ses pieds, dans une caverne, les Iroupeaux de Géryon, gardés parle berger Kurytion et le chien à trois tètes, Orthros, déjà percé d'une flèche. Eurytion, debout ii l'entrée de la caverne, détourne la tête du cCdé d'Héraclès en faisant de la main droite un geste de frayeur, tandis qu'il tient du bras et de la main gauche un

1. Six, Nmn. Chron,, 1897, p. 206, n» 2 et pi. IX, 10; Ilill, Cypru8, p. xlvi et pi. XXV, 10.

2. CcHnola, Cyprus, p. 132 et pi. XII; cf. Perrotet Chipiez, llist. de Vart dans V Antiquité, t. III, p. 573.

3. Co bas relief, que nou.i avons déjà eu roccasion de ri ter à propos d'une monnaie d'électrura (cidesHiis, p. 70) a Oiù reproduit par Colonna-Ceccaldi, dans la llcvue archéoL, t. xxiv, 1872, pi. XXI; 1>. di Ccsnola, Cypern, 1879, p. 112 et pi. XXIU-

arbre tout entier, un pin derrière le feuillage duquel il cherche à dissimuler au terrible dieu la vue du troupeau.

Or, Six a remarqué fort ingénieusement que la même scène est figurée en abrégé sur notre médaille n* 960), face et revers.

La foret dans laquelle se passe cet épisode du mythe d'Héraclès est représentée par les deux pins que nous voyons, au droit, s'élever de chaque côté d'Héraclès et, au revers, par le grand rameau à larges feuilles qui s'étend au dessus du bœuf symbolisant à lui seul tout le troupeau de Géryon *. Héraclès est exactement dans la même attitude. sur le bas relief d'Âthiénau et sur la médaille; celle-ci paraît inspirée de l'œuvre sculpturale et même, comme le bas relief est mutilé, le type monétaire peut aider à en reconstituer certains détails, tels que l'arc et la massue. Peut-être la médaille a-t-elle été frappée à Toccasion de Térection de cette colossale statue d'Héraclès dans le temple de la ville (Golgos?) représentée par les ruines d'Âthiénau.

XXIV; Roscher, Ausfûrl. Lericon der Mythologie, au mot GerioneuSj p. 1635; Perrot et Chipiez, Hist, de Vart dans l'Anliguitéy t. III, p. 574; M. Percy Gardner propose d'y reconnaître plutôt le mythe d'Héraclès et Cacus {Jornal of kellen. studies, t. XIII, 1893, p. 74).

4. Le mythe de Géryon a été souvent figuré sur les monuments chypriotes. G. Perrot, op. cil., t. III, p. 575-576.

GOLGOS

961. — Hermès nu, marchant à dr., muni d'ailes recroquevillées aux talons ; il étend le bras gauche (la main droite tenait sans doute le caducée).

^. Taureau débouta droite; au-dessus, A (= xo, yo, yo?). Carré creux. JSL 20; statère persique, 11 gr. 60 {La Haye) PL XXVII, fig. 10 \

962. — Hermès, lachlamyde sur le dos, le reste du corps entièrement nu, marchant à gauche ; il étend la main droite et il tient son caducée de la main gauche ramenée sur sa poitrine. Dans le champ à gauche, 4:W (Ba.SaAa). Grènetis au pourtour.

^. Tête barbue de Zeus Ammon, à gauche, muni des cornes de bélier. Carré creux limité par un grènetis.

iR 28 ; stat. pers., 10 gr. 82 {Paris) PI. XXVII, fig. 9; — autre ex. du même coin, 11 gr. (les deux ex. provenant du trésor d'Idaliou) ^

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