B. Head, Catal. Attica, Introd., p. lxv-lxvi
6. Voyez le présent Traité. Première partie, t. II (sous presse).
ÉGINE
naies d'Égine ont souvent pour types de revers Timage des vieilles divinités de Tile. La déesse prolectrice de la monnaie et du commerce maritime n^aurait pu être oubliée K
Quand on examine Tensemble des monnaies d'Ëgine antérieures à 480, on est frappé de constater qu'il existe parmi elles un assez grand nombre de pièces fausses : elles ont une âme de plomb ou de cuivre; Tenveloppe seule est d'argent. Les marchands éginètes ne se sont donc pas fait faute d'imiter la monnaie du puissant roi d'Argos et de la falsifier. De là, les difficultés qu'on mit à l'accepter dans le commerce ; de là, les marques de défiance des banquiers et des trapéziles obligés de vérifier Taloi de toutes les pièces qui passaient par leurs mains et d'y imprimer un poinçon qui était, comme au temps de la monnaie privée, la marque de leur garantie personnelle pour leur clientèle *. Nous avons relevé un certain nombre de ces poinçons de particuliers sur les statères de notre pi. XXIX, fig. 2,9, 16, 18, et sur les statères de notre pi. XXX, fig. 2, 3, 12, 14 et 15. Ces marques aflfectent les formes suivantes :
palme, lyrcy bélier, croissant. Sur plusieurs statères, j'ai constaté en contremarque QS, signe qui n'est pas autre chose que la forme donnée plus tard au carré creux des monnaies d'Ëgine. Sur un autre, nous trou-
1. Nous ne saurions, non plus, accepter l'hypothèse de M. Svoronos qui a proposé de reconnattre dans la tortue d'Égine un symbole d'Hermès. J. Svoronos, dans le Bull, corresp. hellén.^ t. XVIIÏ, 1894, p. 109.
2. Voyez pour les développements, le présent Traité, Première partie^ t. Il (sous presse).
VOUS, au revers, la syllabe |N ou Ml; sur d'autres, la lettre M, sur la carapace de la tortue; la chouette inspirée du type des monnaies d'Athènes ; une protomé de cerf bondissant ; une tète humaine de face, etc. *. Parfois, on s'est contenté d'entailler les statères à coups de cisaille pour s'assurer qu^ils étaient de bon aloi ^. Nous montrons au tome II de la Première partie de ce Traité, que cette altération des monnaies phidoniennes aussi bien que les actes d'autorité que Phidon dut exercer pour imposer sa réforme à Égine et dans le Péloponnèse, contribuèrent à lui faire, devant la postérité, une réputation de tyran et de faussaire '. Elle justifie la tradition en ce qui concerne les difficultés qu'éprouva longtemps la réforme phidonienne pour s'imposer au commerce péloponnésien.
Après 480, l'aspect de la tortue sur les monnaies d'Ëgine se modifie d'une manière caractéristique : la carapace de l'animal cesse d'être décorée d'une ligne de globules, et elle parait formée d'une triple rangée d'écaillés imbriquées, dont la gravure est parfois une œuvre d'art d'une remarquable vérité anatomique *. Ce sont les monnaies de la lutte d'Égine contre Athènes, quand après l'expulsion des Perses, cette lutte reprit avec plus de fureur qu'auparavant. Égine succomba et son com-
1. Voyez d'autres contremarques relevées dans le Catalogue du British Muséum, AUica, p. 127 et suiv., surtout pp. 133-134.
2. J. Svoronos, dans la Reuue numism.y 1902, p. 361, fig. 1 à 5.