‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 462 sur 880 · Beulé, Monnaies d'Athènes, p · texte numérisé non relu

Beulé, Monnaies d'Athènes, p

3. Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 17 et 23; B.Head, Central Greece, Introd., p. un ; Imhoof-Blumer, Annuaire cité de 1882, p. 102; anc. coll. Rhousopoulos, Atictions-Catalog (Ilirsch, à Munich, 1905), nM863etpl. XXIII.

4. B. Head, Catal. Central Grecce, p. 107, n« 6 à 9 et pi. XX, 4.

5. B. Head, Catal. Central Greece,^, 107, n« 10 i 16 et pi. XX, 5. Une variété pesant 3 gr. 80, avec le môme type de roue à contrefiches, a un revers tout différent qui se rapproche du carré creux d'Egine primitif. Coll. Rhousopoulos, Auc~ lions Catalog {mv%i±, à Munich, 1905), n» 1866 et pi. XXIll. Dans le même catalogue, le n- 1868, au même type, et pesant seulement 3 gr. 02, est donné comme étant un pentobole. M. Earle Fox m'informe qu'il a acquis à Athènes deux exemplaires du trihémi-obole (1 gr. 09).

LES MONNAIES PRÉ-S0L0NIENNE8 ET SOLONIENNES

H08. — Même description.

iR 9; obole eub., 0 gr. 64 [Paris) PI. XXXIII, fig. 19;

0 gp. 71 ; 0 gr. 60 [Londres) \

autres ex.

Le groupe des pièces à la roue (n*** 1102 à 1108) présente des particularilés qui semblent autoriser des subdivisions et peut-être même des attributions variées.

Le n« 1102 a pour type une roue qui, à la place de rais rayonnant autour du moyeu central, a des traverses qui se coupent à angles droits. Il faudrait se garder de considérer cette forme spéciale comme attestant une antiquité plus reculée pour les pièces qui ont ce type. Il est manifeste, en effet, que l'ensemble des monnaies que nous décrivons ici sont à peu près contemporaines les unes des autres. De plus, il ne serait pas difficile de citer, en archéologie, remploi de roues avec des rais rayonnant autour du moyeu à une époque antérieure à nos monnaies ou contemporaine *. D'où il suit que si, sur des monnaies frappées à la fin du vu* siècle ou au commencement du vi», on a pour type une roue à traverses perpendiculaires, au lieu d'une roue à rayons, c'est qu'un sens particulier et symbolique était attaché à cette forme rudimentaire et archaïsante. Cette roue à traverses paraît être un souvenir des temps primitifs, un rappel de la roue telle qu'elle existait avant que la roue à rais fut inventée : cela est d'autant plus frappant qu'à la même époque on a d'au-

i. Cette x>bolc est commune à Athènes. Beulé, Monn, d'Athènes, p. 23; Imhoof-Blumer, Annuaire cité, p. 102; B. Head, Central Greece, p. 107 et pi. XX, 6.

2. Par exemple : Schliemann, My cènes, éd. franc, p. 100, 140, 156; Helbig, Das homerieche Epos, p. 53 et 98; G. Perrot, Ht*/, de Vart dans Vantiquité^ t Vlll, p. 421 et 533.

très pièces qui ont pour type une roue à rais rayonnant autour du moyeu '. Les deux formes de roues sont des types monétaires contemporains. Or, la roue à. traverses ne peut avoir qu'un caractère symbolique et hiératique; c'est un emblème héraldique qui^rappelle une légende primitive fort ancienne déjà à l'époque où les monnaies furent frappées *.

A quoi donc peut faire allusion cette

3. Nous trouvons, sur un vase peint, un exemple analogue de remploi simultané des deux formes de roues. C'est une amphore bachique à figures noires qui de la coll. Beugnot a passé au Musée de Compiègne (publiée dans Gerhard, Auserles, VasenbiU der, pi. XLI, et dans Ch. Lenormant et J. de Witte, Elite des monuments céramographiques, t. III, pi. 48 et 49). Sur Tune des faces, on voit Triptolème assis sur un char dont les roues ont quatre rais, suivant la forme ordinaire. Sur Tautre face est représenté Dionysos tenant le cantbare et assis sur un char ailé dont les roues sont à traverses perpendiculaires. Ck)mme au point de vue mécanique, la roue à traverses est rindice d'une primitive ignorance dans la construction des chars, et que la roue à rayons est nécessairement un perfectionnement sur la roue à traverses, on doit en inférer que les peintures du vase donnent au char de Dionysos une vieille forme traditionnelle, mythique, reproduisent peut être une image des temps primitifs, ou s'inspirent d'une lointaine tradition qui donnait cette forme de roue aux chars des dieux .

4 . On trouve encore la roue à traverses perpendiculaires sur des monnaies étrusques, où elle est parfois même très élégamment ornée. Sur ces monnaies également, cette roue ne peut être qu'un symbole mythologique, et non Timage des roues existant chez les Etrusques à l'époque où les monnaies ont été frappées. B. Head, Hist, numor., p. 12, flg. 7; Garrucci, Monete delV Italia antica, 2* part., pi. 73, flg. 29 à 31. Sur des monnaies thraco. macédoniennes duvi»-v« siècle, nous verrons aussi plus loin les deux espèces de roues au revers de monnaies contemporaines. Cf. Zeit, fUr Num.t t. III, pi. II, flg. 1, 2 et 3.

LES MONNAIES PRÉ-SOLONIENIIES ET S0L02nENNES

roue de forme primitive? Une roue est assez naturellement Temblème abrégé d*un char '. Or, nous avons fait, plus haut, allusion à la tradition populaire suivant laquelle le roi mythique d*Athènes, Erichthonios, monta le premier dans un char. Ce premier char de TAttique fui donné à Erichlhonios par Athéna elle-même et le culte d'Erichthonios a toujours été associé à celui de la déesse Poliade. Ainsi, la roue de forme primitive rappelle très probablement sur nos monnaies Tinvention attribuée par la tradition athénienne à Erichthonios, et cette interprétation est de nature à fortifier encore Fatiribution à Athènes des pièces au type de la roue. Beulé se fondait, pour classer ces pièces à Athènes, sur ce fait positif qu'on en a trouvé plusieurs dans les champs de TAttique à l'état isolé, de sorte qu'il parait, par là, certain qu'elles ont circulé en Attique. En les attribuant aussi à Athènes, Six a cherché à préciser Tépoque de leur émission, et sa conjecture, celle fois, n'est pas pour nous déplaire, car elle confirmerait même ce que nous venons de dire du symbolisme de la roue de forme primitive. Les pièces à la roue auraient, suivant M. Six, été frappées en 592, pour célébrer la victoire à la course en chars remportée pour la première fois par un Athénien à Olympie : cet Athénien n'était autre qu'Alcméon, le chef de la puissante famille des Alcméonides '.

Rien ne s'oppose à ce qu'à l'occasion de cette victoire qui dut avoir un immense

1. Sur les monnaies primitives de Syracuse, à types agonisiiques, le type de l'obole est une roue qui symbolise sûrement le char du vainqueur dont l'attelage au complet est représenté sur les pièces de plus grand module. (Voyez plus loin, à Syracuse).

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