B. Head, Attica, Introd., p. xvi
3. Lermann, op. cil., p. 9 et suiv. ; cf. pu exemple, Gh. Lenormant et J. de Witle, Êliiê an monuments céramographigues, t. 1, pi. 6 et'ltî: t. II, pi. 192, 227, 249; C. l. Alt., t. 111, ^ part , n» 369; p. 183, etc. ; Thiersch, Tyrrkenische Amphoren, p. 17 (Munich, 1899).
LA RÉFORME d'hIPPIAS
avec les sculptures contemporaines dans lesquelles les historiens de Tart se sont efforcés à Tenvi de montrer Tin filtration des procédés et du style des écoles iono-insulaires.
Parmi ces sculptures attiques en marbre, de la seconde moitié du vi* siècle, il est un bas-relief trouvé dans les ruines de TÂcropôle, dont nous ne pouvons nous dispenser de faire reproduire la partie essentielle ^ L'influence ionienne y est caractéristique. La déesse, vue de profil, a un casque pareil à celui de nos monnaies ; comme type de visage féminin, c'est le même nez pointu, très allongé, qui continue le front, en ligne droite ; c'est le même œil fendu en amande, le même retroussis des lèvres proéminentes, le même menton large et ferme, le même demi-sourire si expressif et qui s'efforce de traduire la bienveillance sereine de la déesse accueillant ses adorateurs '. Manifestement, le bas-relief et les médailles sont contemporains et inspirés du même prototype, traduisent la même influence ionienne.
D'autres pièces, peut-être postérieures à Hippias, donnent à la déesse un visage assez apparenté à celui de la tête d'Alhéna en marbre quiprovient du fronton du temple d'Âthéna Polias '. Par une comparaison attentive faite sur place, aux musées
1. Voyez ci-contre. L'ensemble du bas-relief qui représente une scène d'offrande à Athéna, est reproduit notamment dans : Pierre Paris, La sculpture antique, p. i45, fig. 64; G. Perrot, Uisl. de Vart dans l'antiquité, t. VIII, p. 621, fig. 314.
2. M. Lechat, après avoir montré, sur ce bas-relief» Athéna précieuse et maniérée à la mode ionienne, fait remarquer que le bas-relief est en marbre des tles. H. Lechat, La sculpture attique avant Phidias, p. 284.
3. M. CoUignon, op. cit., t. I, p. 316; 6. Perrot, op. ct7., t. VIII, p. 557; cf. W. Lermann, Athéna- <2^en,p. 5.
d'Athènes, en présence des originaux, on pourrait proposer d'autres rapprochements non moins caractéristiques entre les types monétaires de la seconde moitié du vi* siècle ou des premières années du v' et les nombreuses statues féminines exhumées des fouilles de l'Acropole. Les exemples que nous avons cités suffisent pour permettre d'affirmer que, dès la seconde moitié du VI* siècle, la gravure des coins monétaires suit pas à pas les développements de lastatuaire et reflète les mêmes influences ^
Or, cet art sculptural de TAttique à Tépoque des Pisistratides, les historiens se plaisent à démontrer qu'il est, pour ainsi parler, sous le joug de l'étranger. On a retrouvé les signatures des artistes appelés de l'Orient hellénique, alors en pleine période de splendeur, pour tenir à Athènes école de sculpture, comme Théodoros de Samos, Archermos de Chios, Aristion de Paros, Endoios qui était aussi un Ionien ^.
De 540, époque où Pisislrale triomphe définitivement des factions rivales, jusqu'en 511, date de l'expulsion d'Hippias, Athènes jouit d'une extraordinaire prospérité qui devait la conduire, après Marathon, à être la première des villes grecques '. Les sculptures en marbre de Paros, exécutées sur les ordres de Pisistrate et de ses fils, pour l'embellissement de l'Hécatompédon,
i. Voyez l'analyse détaillée de toutes les particularités du type monétaire d'Athéna et les rapprochements, peut-être un peu trop étendus, proposés par M. Lermann, non seulement avec les statues du vi« siècle, mais avec les bronzes et les figures des vases peints de la même période. Lermann^ op. cit., p. 5 à 9.
2. G. Perrot, op. cit., t. VllI, p. 351 et suiv.; Max. CoUignon, Hist. delà sculpture grecque, t. h
3. H. Lechat, La sculpture grecque avant Phidias ^ p. 206 à 213,
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^. AeiS (rétrograde). Chouette debout à gauche, regardant de face. Carré creux. iR29; tétradr. att., 16 gr. 85, trouée {Londres) PL XXXIV, fig, 17 ».
H27. — Télé casquée d'Athéna, à droite, l'œil de face, les cheveux arrangés en mèches ondulées et frisées sur le front et les tempes ; chignon sur le cou ; pendants d'oreilles et collier (le cimier du casque est dépourvu de tout ornement).
IJi'. AOi?. Chouette à droite, regardant de face; dans le champ à gauche, pousse d'olivier composée de trois feuilles. Carré creux.
iR 24 ; tétradr. att., 17 gr. 10 [Luynes) PL XXXIV, fig. 18.
1 128. — Tête janiforme, à deux visages imberbes et diadèmes, Tœilde face, les cheveux striés.
IJt. kQ^ (rétrograde). Tète casquée d'Athéna à droite. Carré creux. iR 11 ; trihémi-obole att., Ogr. 98 [Paris) PL XXXIV, fig, 19.
1129. — Autre ex., 1 gr. 08 {Londres) '.
1130. — Même description ; pièce pesant 1 gr. 55 {Athènes) '.
1131. — Tête d'Alhéna à droite, l'œil de face, le cimier du casque orné de zigzags; pendants d'oreilles et collier.
^' A0i^ (rétrograde). Tête de femme à gauche, l'œil de face, les cheveux retenus par un bandeau et ramassés sur le cou. iR 11; triobole attique, 2 gr. 07 {Hunier) PL XXXIV, fig. 20 *.
1132. — Variété, avec la tête du revers à droite, 2 gr. 12; 2 gr. 18 {Londres^ Berlin *).
Les types de ces dernières pièces (n**' 1128 portent à des événements historiquement à 1132) qui sont une dérogation à la loi connus et auxquels neus avons déjà fait d'immutabilité des types athéniens, se rap- allusion '. Thucydide "^ raconte qu'après le
1. B. Head, AUica, p. 4, no 26 et pi. II, flg. 7, 4. Six, Num, Chron,, 1895, p. 172 et pi. VII, 7 ;
2. B. Head, Attica, pi. 11, fig. iO. Macdonald^ Hunterian collection, t. l\, p. 51, n* 2
3. Six, Num, Chron., 1895, p. 172 et pi. Vil, fig. 8. et pi. XXXIU, âg. 19.
Cette pièce serait un trihémi-obole éginétique, si 5. Six, loc^ cit.\ Beulé, Monn, d'Athènes^ p. 52.
elle ne doit pas son poids effectif à un accident 6. Voyez ci-dessus^ p. 385.
métallique. 7. Thucydide, VI, 59.
LA RÉFORME d'hIPPIAS
meurtre de son frère par Harmodios et AristogitoD, Hippias craignant pour son pouvoir et sa sécurité personnelle rechercha un appui dans Tamitié de princes étrangers : « Après avoir fait périr un grand nombre de citoyens, dit Thucydide, il jeta les yeux au dehors pour voir s'il pourrait, en cas de révolution, se mettre quelque part en sûreté. Il donna, en conséquence, lui Athénien, sa fille Archedicé, à Aiantidès, fils d'Hippoclès, tyran de Lampsaque, parce quMl savait que cette famille avait un grand crédit auprès du roi Darius. Le tombeau d'Archedicé se voit encore actuellement à Lampsaque. » Trois ans après, en 511, Hippias, définitivement expulsé d'Athènes, dut se réfugier à Lampsaque, auprès d'Aiantidès son gendre.
Les petites monnaies ci-dessus décrites
(n'' 1128 à 1130) attestent Talliance dont
nous venons de parler entre Hippias et
Aiantidès et elles furent frappées en quel-
I que sorte pour la sanctionner.
A. de Longpérier * a proposé de reconnaître dans la tète janiforme du droit, la double Minerve qui, au témoignage d'Apollodore, se dédoublait en deux personnages, Athéna et Pallas, dont l'un tua Fautre. Il est possible qu'il y ait, dans ces deux tètes opposées, ridée d'une déesse guerrière et d'une déesse pacifique, de Parthénos et de Polias, de Promachos et d'Ergané ^
1. A. de Longpérier, dans la Rev, numism., 1843, p. 424 ; Œuvres, pubUéespar G. Schlumberger, 1. 11, p. 61.
2. J. de Witte, Bull de VAcad. royale de Bruxelles, t. VIII, nM; Ch. Lenormant et J. de Witte, Elite des monuments céramogr., t. I, p. 290; E. Gerhard, Zwei Minerven, Berlin, 1848; E. Beulé, Les monnaies d'Athènes, p. 52 ; Mylonas, 'AvaBv Fitixôv àvdtyXuçov i^ 'AOt^vôv, dans VEphemeris ar-