‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 496 sur 880 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

et commerciale de Corinthe prit un nouvel essor ; on vit notamment l'industrie de la céramique fabriquer en quantités immenses ces vases d'un aspect sut generis^ que les navires corinthiens exportèrent sur toutes les côtes du bassin méditerranéen, faisant concurrence aux poteries rhodiennes. C'est aussi vers l'époque de l'apparition de la monnaie à Corinthe, que se développe Tindustrie du bronze qui a fait la réputation universelle du fameux airain de Corinthe '. Cypsélos, à l'exemple des plus puissants princes de son temps, met son orgueil à faire de riches présents aux sanctuaires les plus en renom. Il consacre dans le temple de Zeus, à Olympie, une statue colossale de Zeus en or repoussé et le fameux coffret de Cypsélos^ en bois de cèdre, avec placages en ivoire et incrustations en or, merveille de sculpture et de ciselure qui fut le modèle dont s'inspirèrent longtemps les peintres de vases, les ciseleurs sur bronze et autres décorateurs d'objets artistiques *.

L'apparition de la monnaie à Corinthe, sous Cypsélos, est la conséquence de cette grande prospérité commerciale et de cette activité artistique. Sans doute, cette date assignée aux premiers statères corinthiens n^est que probable, mais elle se trouve en

1. Cf. le présent Traité. Première partie, t. 1, p. 366-361. Sur la prospérité commerciale de Corinthe aux viii«-vr siècles, voyez Edmond Pottier, CataL des vases antiques du Musée du Louvre, t. I, p. 154; t. Il, p. 416; G. Perrot et Ch. Chipiez, Hist. de Vart dans l'Antiquité, t. VIII, p. 516.

2. Sur le coffret de Cypsélos, voir : M. Collignon, Hist. de la sculpt. grecque, 1. 1, p. 94 ; Furtwaengler, Meisterwerke der griech. Plaslik (1893), p. 723; Perrot et Chipiez, Hist, de Vart, t. VllI, p. 475; Henri Siuart Jones, dans le Journal of hellenic Studies, 1894, p. 30 à 80; E. PotUer, Catal. des vases antiques du musée du Louvre, t. II, p. 418.

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CORlNTHB

corrélation avec Tapparition de la monnaie à Ëgine, en Eubée, à Athènes; elle nous fait remonter à trente ou quarante ans avant la réforme de Solon. Comme nous Tavons dit plus haut, il est évident, par Texamen des monuments eux-mêmes, que Tapparition de la monnaie dui être à peu près simultanée dans ces villes voisines, également commerçantes et puissantes.

Les plus anciennes monnaies de Corinthe nous révèlent, au surplus, par leur fabrique et leur poids, les relations commerciales qui existaient entre Corinthe, Athènes, TEubée et Égine '. Ce sont des statères de poids euboïque, au type du Pégase accompagné du ? (qoppa) initiale du nom de Corinthe, et le carré creux du revers n*est que la copie de celui des statères d'Egine au type de la tortue. Il suffit, pour s'en rendre compte, de comparer, par exemple, le revers du statère corinthien de notre pi. XXXVI, fig. 1, avec le revers du statère éginéen de notre pi. XXIX, fig. 20. Dans les deux cas, c'est le même carré creux partagé par des diagonales en huit triangles, les uns en creux, les autres en relief. La contemporanéité de la frappe de ces

monnaies dans les deux villes ressort de cette comparaison qui prouve, en même temps, que la monnaie débute ^ Egine un certain temps avant Corinthe. Nous retrouverons cette même forme de carré creux sur des statères de poids euboïque, au type de la triskèle, qui sont attribués à Phlionte (pi. XXXIII, Qg. 42).

Nous expliquons au tome II de la Première partie de cet ouvrage, comment Téta- Ion corinthien dérive de l'étalon euboïque, tout aussi bien que Fétalon attique. Dans les deux systèmes, la pièce étalon est le statère de 8 gr. 72'. Seulement, les divisions de ce statère ne sont plus les mêmes à Athènes et à Corinthe. Tandis que, dans Fétalon attique, la drachme est la moitié du statère (4 gr. 36), Thémi-drachme, la moitié de la drachme (2 gr. 18) et Tobole le i/6 de la drachme (0 gr. 72), Corinthe emprunte au contraire le mode des divisions de son statère aux systèmes asiatiques, et donne le nom de drachme au tiers du statère ou trité. En conséquence, les divisions du système corinthien sont les suivantes^ pour la période primitive qui s'arrête vers 500 ou 490 :

Statère 8p'-72 (didrachme attique).

Drachme ou trité 2 90 (correspond au tétrobole attique).

Triobole ou hémi-drach. (1/6* de statère). 1 45 (correspond au diobole attique).

Obole (i/6« de la drachme) 0 48 (correspond àrhémi-oboleéginétique)

Hémi-obole (1/12* de la drachme) o 24 (correspond au tartémorionéginétique).

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