Tome H
légendes disaient que les dieux eux-mêmes étaient descendus de l'Olympe pour concourir entre eux dans la première célébration des jeux Olympiques, et qu'Héraclès fut vainqueur dans tous les concours.
Historiquement, dans la période primitive, c'est aux habitants de la ville de Pise qu'appartenaient le culte de Zeus olympien et le droit exclusif de présider les jeux. Mais cet honneur ne devait pas larder à être convoité par les Éiéens, et ce fut là Torigine d'effroyables guerres qui eurent leur contre-coup direct dans la numismatique.
La rivale de Pise, Élis, capitale de TËlide proprement dite, était située dans une plaine d'une merveilleuse fertilité, sur le cours moyen du Pénée. Son premier roi fut iEthlios qui eut pour successeur Endymion, Tamant d'Artémis. Puis, régnèrent Epéos et Eléos qui donnèrent, tour à tour, leur nom à la contrée; enfin Augias, dont Héraclès nettoya les écuries et punit l'ingratitude *.
Les Doriens, devenus maîtres du Péloponnèse donnèrent l'Élide à Oxylos et à ses Étoliens. Oxylos fortifia Élis, en fit sa capitale, et bientôt les Éléenspurent entreprendre avec succès d'enlever aux Pisates la présidence des jeux. Élis se trouvait à une distance considérable d'Olympie, mais cet éioignement ne fut pas un obstacle à leur ambition; nous avons vu de même les Hérseens prendre la direction des jeux du mont Lycée, bien qu'ils fussent éloignés de Lycosura.
Sous la direction des Éiéens, les jeux
i. Pausanias, V, 1, 9; Beulé, Le Péloponnèse^ p. 224.
ÉLIS ET ÔL^'MPIÉ
Olympiques devinrenl bientôt les plus renommés de loutc la Grèce ; ils furent Tiin des principaux liens qui unirent les Grecs entre eux, et ils constituèrent la patrie grecque, en dépit de toutes les guerres intestines, à tel point que la grande divinité d'Olympie, Zeus, fut reconnu comme le père des dieux, le puissant protecteur de toute la race hellénique, le roi de rOlympe *.
Il y eut une réorganisation des jeux par Ipbitos, au VIII® siècle, et à partir de ce moment, en 776, les jeux Olympiques devinrent la base de la chronologie grecque- On sait que, célébrés tous les quatre ans, ils ne devaient êlre abolis qu*en 394 de notre ère, sous Théodose.
Les Pisates dont la ville dominait, à T^sl, la belle plaine d'Olympie, ne cessèrent de lutter, les armes à la main, pour reconquérir leur ancien privilège et la numismatique fournit des témoins éloquents de leurs revendications contre les Eléens. Déjà, dans la VHP Olympiade, en 747 av. J.-C, les Pisates parvinrent à reprendre momentanément aux Éléens la présidence des jeux, grâce à l'appui de Phidon,le tyran d'Argos. Mais peu après, la puissance de Phidon fut détruite par les Spartiates qui, non seulement rétablirent les Eléens à Olympie, mais les aidèrent à maintenir sous le joug la Pisatide et la Triphylie ^. Ainsi, dès celte époque primitive, nous voyons dans ces luttes, les Pisates soutenus par les Argiens, et les Éléens soutenus par les Lacédémoniens. On retrouve ces deux grands partis groupés de la même manière, tout le long des siècles de ThistoiriB.