‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 6 sur 880 · LE3 ORIGINES · texte numérisé non relu

LE3 ORIGINES

Çt. Rectangle creux orné d'une longue tige à laquelle sont soudées de part et d'autre des barres transversales comme les branches d'un arbre ; deux globules placés symétriquement dans les intervalles simulent peut-être des fruits.

El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 23 {Paris) PL I,fig. 4.

6. — Figure géométrique qu'on peut décrire de la manière suivante : Au centre, un globule en relief, entouré d'un cercle inscrit dans un carré; ce carré est lui-même inscrit dans un autre carré disposé de telle sorte que les angles du carré inscrit sont tangeants au milieu des côtés du carré externe ; de plus, ce carré externe a ses côtés formés de deux lignes entre lesquelles court une rangée de den ticules.

^. Trois empreintes creuses, l'une rectangulaire, les deux autres carrées et plus petites.

El. 13; hémi-stat. miles., 7 gr. 02 {Londres) PL I, fig. 5 *.

7. — Figure géométrique disposée sur un flan presque hémisphérique et qu'on peut décrire de la manière suivante : Une grande croix inscrite dans un cercle très irrégulier; les compartiments triangulaires qui séparent les bras de la croix sont remplis, chacun, par un globule.

Çt. Carré creux dont le champ est occupé par une croix à branches bouletées.

El. 13 ; hémi-stat. miles., 7 gr. 02 {Londres) PL I, fig. 6 \

8. — Carré en relief dont la surface est ornée d'une croix à branches bouletées.

Ç^. Dépression creuse, informe.

El. 8 ; hecté miles., 2 gr. 23, usée {Paris) PL I, fig. 7.

Il n'est pas nécessaire de revenir sur ce aucun emblème qui soit caractéristique

que nous disons au t. II (y Partie) du d'une autorité publique quelconque '. Ces

caractère de ces pièces primitives que leur lignes qui s'enchevêtrent et se croisent

poids milésiaque fait classer & Tlonie méri- irrégulièrement ; ces globules, ces protu-

dionale sans qu'on puisse préciser le lieu bérances, ces carrés ne sauraient être les

d'émission. Nous les avons considérées emblèmes ni d'une ville ni d'un chef d'Etat,

comme des monnaies privées, émises par D'autre part, la diversité d'aspect et d'aloi

des marchands, plutôt que comme des de ces pastilles monétaires trahit la diver-

monnaies d'Etat, parce qu'elles ne portent site de leur origine.

i. B. Head, Brit. Mus, Calai, lonia, p. 3, n« 6 et 2. B. Head, op. cit., p. 2, n» 5, et pi. I, 5.

pi. I, fig. 6. 3. Voyez le présent Traité, Première partie^ t. II.

MILET

La date de ces monnaies embryonaires ne saurait être fixée avec quelque préci-

sion; on peut leur assigner le milieu du vu' siècle.

§ II. — Milet.

Milet, la ville la plus méridionale de rionie, était située sur le golfe Latmique, à proximité de Testuaire où le Méandre vient déverser ses eaux limonneuses *. Elle fut, dit la légende, fondée par MCX^îtoç, fils d'Apollon, qui, chassé de Crète par Minos, avait été contraint de passer sur la côte de Carie. Plus tard, les Ioniens s'installèrent à Milet, sous la conduite de TAthénien Nélée; mais le fond de la population demeura toujours carien '. Dès avant le vm« siècle, Milet pourvue par la nature de quatre ports, était devenue la reine de Tlonie, Tun des centres commerciaux les plus considérables du monde ', et chaque jour ses vaisseaux, prenant la place des Phéniciens, allaient fonder de nouveaux comptoirs sur toutes les côtes méditerranéennes. Les plus importantes des colonies de Milet, dès avant Tapparitionde la monnaie d'Etat, furent Abydos, Lampsaque, Parion sur THellespont; Proconnesos etCyzique sur la Propontide; Olbia, Panticapée, Sinope et Amisos sur le Pont Euxin *; Milet, remarque M. G. Perrot, a tenait à honneur d'avoir fondé sur les plages de l'Hellespont, de la Propontide et du Pont Euxin, plus de quatre-vingts colonies » *.

1. 0. Rayetet A. Thomas, Milet et le golfe latmique, t. I. Paris, 1877-1880, in-4'».

2. E. Curtius, Hist. grecque, trad. Bouché- Leclercq, t. I, p. 285.

3. E. Curtius, op. cit., t. I, p. 509; G. Busolt, Griechische Geschichte, t. II, p. 455.

4. E. Curtius, op. cit., t. I, p. 513 et s.; G. Busolt, op. cit., t. II, p. 482 et suiv.

5. G. Perrot et Chipiez, Hist. de Varl dans Vantiquilé, t. VIII, p. 254.

Dans le cours du vm* siècle, les Milésiens s'établirent jusque sur les bouches du Nil où ils construisirent le fameux teTj^oç MiXt,- <jtu>v; plus tard, ils coopérèrent à la fondation deNaucratis *. Ces colonies assuraient des débouchés aux marchandises qui, de l'intérieur de TAsie-mineure, affluaient dans les entrepôts de la métropole.

Autour de Milet, — disons aussi d'Ephèse, de Smyrne et de Phocée, — s'échelonnaient, comme leurs satellites, Priène, Myonte, Héraclée, Colophon, Lebedos, Téos, Clazomène, Erythrées, qui, avec les îles de Samos et de Chios, formaient la confédération ionienne '. Ces villes contribuèrent chacune pour sa part, à donner & l'Ionie l'éclat et la prospérité qui excitèrent la convoitise et la jalousie des rois de Lydie, dès l'avènement de Gygès, le chef de la dynastie des Mermnades sur le trône de Sardes, vers 687 avant notre ère '.

D'ailleurs, la possession de ces villes par les rois lydiens leur était nécessaire ; c'était leur débouché obligé sur la mer. Leur capitale, Sardes, était le point de ralliement des caravanes qui arrivaient par l'Asie-mineure, de la Mésopotamie, de la Perse et même de l'Inde. Ces marchandises

1. D. MaUet, Le$ premiers établissements des Grecs en Egypte, Introd., p. 29, 148, 171 et auiv. ; G. Busolt, GHech. Geschichte, t. II, p. 480; FJinders Pétrie, Nankratis, Part. /, iSS^i-SS, p. 4.

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