‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 7 sur 880 · E. Curtius, Hist. grecque, t. I, p · texte numérisé non relu

E. Curtius, Hist. grecque, t. I, p

3. Nous adopterons les dates données par M. G. Radet, dans son livre La Lydie et le monde grec au temps des Mermnades (Paris, 1893, in-8o). Mais sur Tincertitude de la chronologie des rois de Lydie, voyez G. Busolt, GHech, Geschichte^ t. II, p. 438.

MILET

de rOrient étaient destinées aux pays grecs qu'elles ne pouvaient atteindre que par les ports de la côte d'Asie>mineure ; les colonies grecques installées sur cette côte devaient chercher, de leur côté, à attirer chez elles ces marchandises, pour les emmagasiner dans leurs docks et en fréter leurs navires : tt les caravanes de Sardes, dit justement M. G. Radet, ne pouvaient rien exporter sans le concours des armateurs de Cymé, de Smyrne ou d'Ephèse » et de Milet *.

Aussi, les rois de Lydie, entrepositaires des produits asiatiques apportés dans leur capitale, devaient-ils chercher à mettre la main sur cette ceinture de colonies helléniques qui bordaient la mer et d'où les marchandises étaient expédiées pour la Grèce et le monde occidental. On s'explique donc l'origine et la cause des conflits prolongés qui s'élevèrent entre ces opulentes cités et les princes lydiens dès le temps de Gygès et d'Ardys. Pacifique ou belliqueuse, suivant les circonstances, la politique de ces rois n'eut qu'un but: s'emparer des ports oix venait déboucher tout le commerce de leur empire. Les Perses, après eux, poussés par les mêmes besoins, n'auront pas d'autre ambition.

Milet qui, sous son tyran national Thrasybule, ami de Périandre de Corinthe, lutta longtemps contre les rois de Lydie Sadyatte (615-610) et Alyatte (610-561), dut subir, comme les autres villes ioniennes, le joug lydien ». Mais la domination des princes de Sardes, loin de nuire au commerce des villes côtières, ne fît que le faci-

1. G. Radet, La Lydie au temps deaMermnades, p. 170; cf. E. Curtius, Hist. grecque, t. I, p. 291.

2. Hérodote, I, 20 à 22 ; E. Curtius, HisL grecque, t. I, p. 133; t. II, p. 130 et 134 ; G. BqsoU, Griech. Geschichte, t. U, p. 466.

liler, et, très libérale au point de vue politique, elle ne porta nulle atteinte à l'art et aux institutions autonomes des Grecs d'ionie. C'est sous l'hégémonie des rois lydiens que ces Grecs, si industrieux et commerçants si avisés, créèrent la monnaie qui devait tant contribuer au développement de leurs relations réciproques *. Dans l'histoire de l'art, on connaît ce qu'on est convenu d'appeler les écoles ioniennes, dont les œuvres sont représentées surtout par les sculptures du temple des Branchides près de Milet, de l'Artémision d'Ephèse, de THéraion de Samos. On a fait ressortir la fécondité de ces écoles, leur originalité encore imprégnée de traditions orientales, avec des réminiscences mycéniennes, leur rayonnement fécond sur la Lycie et toute l'Asie-mineure, aussi bien que sur les îles égéennes, sur Athènes et sur la région thraco-macédonienne *. Nous aurons & signaler les caractères de l'art ionien sur les monnaies d'Asie-mineure antérieures aux guerres médiques.

Après la chute de Crésus en 546 «, Milet continua à garder sa dynastie nationale, les Néléides, ses institutions et ses lois. Toutes les villes du Panionion profitèrent, sous les Perses comme sous l'hégémonie lydienne, de la même demi-indépendance.

Hérodote * parle d'un traité conclu entre Milet et Cyrus, par lequel le roi de Perse ne fait que confirmer les conventions passées avant lui entre Crésus et la ville.

1. Voyez notre Première partie, t. II, pour les développements.

2. G. Perrol, Hist, de Vart dans V antiquité, t. VIII, p. 252 et suiv.

3. G. Busolt {Griech. Geschichte, t. II, p. 459- 460) place la chute du royaume de Lydie en 541.

4. Hérod., I, 141, 4; E. Curtius, Histoire grecque, trad. Bouché-Leclercq, t. II, p. 150.

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