CHAPITRE PREMIER
LA GRANDE GRECE
§ I- — Notions préliminaires.
Les routes maritimes et commerciales de rOccidenl furent fréquentées par les navigateurs de race hellénique dès la période primitive où les civilisations Cretoise et mycénienne florissaient dans les pays du bassin de la mer Ëgée^ et dès le temps de la composition des chants poétiques relatifs aux aventures d'Ulysse et de Télémaque. Ce fut donc seulement une phase nouvelle des relations entre les Grecs et les Italiotes qui s'ouvrit lorsque les hardis vaisseaux de Chalcis, de Phocée, de Milet, de Samos, vinrent faire le tour de la presqu'île qui devait bientôt, grâce à eux, prendre le nom de Grande Grèce *. Au vni* siècle avant notre ère, se produisit, par ces relations maritimes et par la fondation de nombreuses colonies eubéennes, ioniennes, doriennes et achéennes, la complète hellénisation de Tltalie méri-
dionale *. Une ceinture d'établissements commerciaux enveloppa rapidement toute la côte de la péninsule; ils étaient déjà devenus des villes riches et prospères au temps où la monnaie fit son apparition à Ëgine, en Eubée et en lonie. Cependant, quelque actives que fussent les relations de Tarente, Métaponte, Héraclée, Siris, Sybaris, Crotone, Locres,Rhégion, Medma, Laos, Hyélé (Vélia), Poseidonia (Paeslum), Cumes et d'autres encore, avec Chalcis, Érétrie, Égine, les îles de l'archipel, Milet, Phocée, Samos, Rhodes, Corinthe et Corcyre, les villes de la Grande Grèce n'adoptèrent qu'assez tardivement l'usage de la monnaie. Leur commerce maritime se bornait à échanger des produits naturels contre des produits manufacturés et leurs relations avec les indigènes consistaient dans le simple troc *. Ce fut seulement vers le