‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 788 sur 880 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

un crabe, une pieuvre, Pégase, un casque. Il y a aussi, après i80, de nombreuses monnaies d'alliance entre Crotone, Témésa ou Térina, Pandosia, Caulonia (KAVA), Rbégion, Zancle (Da) S et d'autres villes, représentées par des initiales qui, pour la plupart, n'ont pas encore été expliquées, comme ME, IM> 9, lAi VLI, OP; on a proposé d'y reconnaître les initiales des noms de villes comme Métaponte ou Mesma, Himéra, etc., qui furent monétairement alliées de Crotone au cours du v" siècle.

antérieure à 493, date de la prise de Zancle par les Samiens et les Messéniens (A. Evans, Num. Chron., 1896, p. 106). Mais le style des pièces en question n'autorise pas à les placer à une date aussi reculée; nous savons par d'autres monnaies que Zancle- Messana fut un instant restaurée sous son nom primitif de Zivx>ir„ vers le milieu du v« siècle (A. Evans, loc. cit., p. 109) : c'est à cette dernière date, évidemment, que se rapportent les monnaies qui associent les noms de Crotone et de Zancle.

CÂULONIA

S XIII. — Caulonia.

Cauloaia (Ks-AïAv ou KtjXcovis, ethn. Kxu- X(t>vi2TT.;], sur la côte orientale du Brutlium, entre Locres au sud, et le golfe Scyllacion au nord (aujourd'hui Castel-Velere, sur TAlarO; l'ancien Helorus), était un établissementachéen, fondé parTyphon d'^gion ; elle reçut, un peu plus tard» une colonie de Crotoniales. Son nom primitif aurait été, dit- on, A'jXb>vi3,à cause du ravin près duquel elle fut bâtie '.

Caulonia est au nombre des villes de la Grande Grèce qui commencèrent, dès le milieu du vi* siècle, leur monnayage par de larges pièces incuses. « Il est curieux, dit le duc de Luynes, de constater Tabsence complète des types incus à Locres, tandis que Caulonia, si voisine, en avait adopté Tusage comme toutes les villes italiotes où la doctrine pythagoricienne prévalut et influa sur le système politique. Nous savons, en effet, qu'après la révolte des CyloniensàCrotone, Pythagorefut accueilli favorablement à Caulonia *. »

Polybe nous apprend que Caulonia participa aux désordres qui furent la conséquence de Texpulsion des Pythagoriciens de Crotone et des villes voisines. Elle fut alors en proie aux discordes civiles; quand l'ordre fut rétabli, les trois villes de Cau-

lonia, Crotone et Sybaris conclurent uoe ligue et bâtirent à Zeus Homorios un temple qui fut leur sanctuaire commun '. Mais cette divinité n'a aucun rapport avec le type si curieux des monnaies de Caulonia, que Raoul Rochetle s'est complu à décrire en détail comme il suit :

« Figure virile et jeune, entièrement nue, le plus souvent imberbe, la tête dépourvue de bandeau ou de couronne, les cheveux serrés sur le front par un simple lien et pendant en longues tresses le long du col ; cette figure, debout et marchant à droite, les jambes fortement écartées, lieot delà main droite, ployée à la hauteur de Tépaule, un rameau, en étendant le bras gauche, la main ouverte, au-dessus d*un cerf debout, ordinairement placé sur une espèce de base ou de piédestal ; dans le champ, et comme portée sur le bras gauche de la figure principale, sans toutefois qu'elle s*y appuie, une autre petite figure, nue aussi, en marche, dans une attitude exagérée, tenant de chaque main un rameau pareil, quelquefois une fleur : tel est le type à peu près constant des monnaies de Caulonia, tant de la fabrique primitive, que du second âge ^ >

On a formulé bien des hypothèses au sujet de l'interprétation du type des mon-

1. Pausanias, VI, 3, 12; Strabon, VI, 1, 10; cf. Garrucci, Le monete delV ïtalia anlica^ t. II, p. 155. Une tradiUon tardive prétendait aussi que Caulonia avait été fondée par Caulos, fils de l'Amazone Clité. Servius, ad jEneid., III, 553; cf. duc de Luynes, dans les Nouvelles annales de la section franc, de VlnstiL archéol. de home, t. I, 1836, p. 417.

2. Duc de Luynes, Nouv, annales, t. I, p. 420- 421. Les Locriens Epizéphyriens n'ont pas de

monnaies avant le milieu du iv< siècle ; on attribae ce fait singulier aux lois de Zaleucus, qui, saai doute, comme celles de Lycurgue à Lacédémone, interdisaient Tusage de la monnaie. B. Head, Hisl^ numor.^ p. 86.

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