Polybe, II
4. Raoul Rochette, Mémoires de numismaliq^ et d'antiquité^ p. 8 (1840, in-4*).
CACLONIÀ
naies de Gaulonia ^ Suivant les uns, c'est un Apollon qui tient à la main un rameau lustral, symbole de purification ; celte figure se rapporterait à une peste qui aurait ravagé Gaulonia et dont on attribua la disparition à Apollon. Dans le même ordre d'idées, suivant d'autres, il s'agit d'Apollon Catharsios et la petite figure que le dieu supporte sur son bras est un dieu du vent, le vent favorable, dispersant les miasmes délétères '. A cause du nom du fondateur achéen de Gaulonia, Typhon, M. Head rapproche de cette petite figure, si étrangement perchée sur le bras du dieu, le nom du mauvais génie Typhon, le père de tous les vents mauvais et destructeurs '.
Quoi qu'il en soit, nous remarquerons»
avec Raoul Rochette, qu'en ce qui concerne le personnage principal, la manière dont il porte son rameau de laurier, en guise de fouet ou d'aspersoir, ne saurait s'expliquer « que dans l'hypothèse d'un personnage accomplissant l'acte principal de la lustration ^ B. Et en effet, sur quelques monnaies de Gaulonia de la dernière période, on voit dans le champ, un autel couronné de rameaux et une fontaine ou un vase à eau
i. Voy. les opinions des numismates d'autrefois réfutées par Eckhel, Doclr,, t. I, p. 168, et Raoul Rochette, Mémoires de numism. et d'archéologie^ p. 9 et suiv.; duc de Luynes, Nouvelles annales. t. I, 1836, p. 424.
2. Watkiss Lloyd, Num. Chron., 1848, p. 12; Avellino a voulu reconnaître un Dionysos sur les monnaies de Gaulonia, Giornale numismatico, t. Il, p. 24 ; voir aussi Minervini, Saggio di Ossero, numism,, p. 133-138; Streber y a vu Héraclès au retour de son voyage chez les Hyperboréens {Abhandl. d, KÔnigl, Bayerischen Acad., 1838, p. 709.
3. B. Head, Uist. numor,^ p. 19 ; Percy Gardner, Types ofGreek Coins, p. 85.
4. R. Rochette, Mémoires, p. 16; v. aussi Duc de Luynes, dans les Nouvelles annales de l'Institut archéoL de Home, t. I, 1836, p. 424-425.
lustrale surmonté d'un cygne, symboles qui confirment l'interprétation de Raoul Ro* chelte *.
Dès lors, ce personnage accomplissant l'acte de la lustration ne peut être, suivant le même savant, que « le héros local ou le Démos^ personnifié, comme il convenait, sous les traits et avec les formes de la jeunesse, accomplissant l'acte principal de la lustration; à moins qu'on n'aime mieux voir dans cette figure Apollon lui-même, le Dieu lustraleur par excellence. 3caOapxi{ç, qui était, sans doute, la principale divinité de Gaulonia, à en juger d'après la haute célébrité du temple d'Apollon Alœos, bâti sur le territoire de cette ville * ».
Quant à la petite figure accessoire, placée sur le bras d'Apollon, avec un rameau pareil à celui que le dieu porte à la main, <c elle doit être, dit encore Raoul Rochette, le Génie même de la lustration, 'kfiKis^6<i ou KaOspfjLoc, personnifié » '. Le duc de Luynes a proposé d^ reconnaître Aristée, fils d'Apollon.
L'Apollon des monnaies de Gaulonia est peut-être la reproduction de quelque statue colossale, de même que le Poséidon des monnaies de Poseidonia, ou l'Héraclès des statères d'Héraclée de Lucanie. Le Zeus d'ithôme, sur les monnaies de Messénie, porte de la même manière un aigle sur son avant-bras *.
Les cérémonies de lustration du genre de celle qui parait représentée sur les monnaies de Gaulonia, avaient lieu, en général,