‹ Traite des monnaies grecques et romaines;Chapitre 813 sur 880 · Pindare, Nem,, I ; Strabon, VI · texte numérisé non relu

Pindare, Nem,, I ; Strabon, VI

SYRACUSE

donner le nom d'Arlénois au type monétaire : c*est la thèse que M. Jorgensen a savamment développée ^ La vérité est dans Tassimilation de la déesse et de la nymphe; mais comme les attributs donnés à la tète de femme sur les monnaies sont exclusivement ceux d'une nymphe, le nom d'Aréthuse doit être gardé de préférence à celui d'Artémis •.

L'autre type des monnaies syracusaines est essentiellement agonistique : sur les tétradrachmes, c'est le quadrige du vainqueur dans les jeux olympiques. En ce qui concerne Taurige, tantôt barbu, tantôt imberbe, penché en avant sur ses chevaux, il

faut le comparer à la statuette de bronze archaïque du musée deTubingue qui représente un aurige nu et barbu dans la même posture ', ou au célèbre aurige de bronze trouvé à Delphes dans les fouilles de TEcole française d'Athènes en 1896 : celui-ci est imberbe et vêtu du chiton talaire serré à la taille par une ceinture *.

Les gravures des coins monétaires se sont plu à donner une foule d'attitudes variées à la Niké qui, à partir du n^ 2251, vole au dessus des chevaux, tantôt pour couronner l'aurige, tantôt pour orner la tète des chevaux de la bandelette du triomphe ^

2247. — SVRA90 I S\OAf (en deux lignes). Personnage dans un quadrige au pas à droite; Taurige est debout, velu d'un chiton léger qui dessine les formes du corps; un peu penché en avant, il lient les rênes des deux mains; le timon du char forme deux angles droits au dessus des chevaux. Grènelis.

I^. Carré creux plat partagé en quatre petits carrés par un croisillon.

JR 28; tétradr. euboïco-altique, 17 gr, 05 {Berlin) PI. LXXIII, fig. 1 •.

1. Christian Jdrgensen, Kvindehovedet paa de aeldre monter fra Syrakus (Festskrift til J. L. Ussing). Copenhague, 1900, in-S» de 26 pages; E.-J. Sellman, Rev. numism.f 1901, p. 423 et suiv.

2. On connaissait, dans Tantiquiti^ un certain nombre de fontaines auxquelles on avait donné le nom d'Aréthuse. La plus ancienne était celle de Chalcis en Eubée, la mère de toutes les autres. Les navires chalcidiens abordant sur les côtes les plus diverses et les plus éioignéen renouvelaient leur provision d'eau à la fontaine la plus proche et ils ne manquaient pas de donner à cette fontaine le nom d'Aréthusc qui était celui de la fontaine de leur patrie. On eut ainsi des fontaines d'Aréthuse à Argos, en Béotie, à Ithaque, en Élide, à Ortygie. Partout la légende voulait que les eaux de TAréthuse de Chalcis poursuivissent, sans se séparer, leur couri limpide à travers les flots de la mer, pour aller jaillir de nouveau aux endroits où les navires chalcidiens devaient aborder. La légende qui fait de l'Aréthuse sjTarusaine la nymphe aimée du grand fleuve de TÉlide n'est qu'une ramification

de cette donnée mythique. E. Curtlus, Hist. grecque, t. 1, p. 538; Pinder et Friedlœnder, Beiirâge zur «II. Mûnzkunde, t. I, p. 234; E. Babelon, Reu. numism., 1905, p. 390 ; G. Perrot, Uist. de Varl dans Vantiquité, t. VllI, p. 480.

3. Schwabe, dans le Jahrhuch der archœL Insii^ tuts, 1. 1, 1886, p. 163 et pi. IX.

4. Uomolle, L'aurige de Delphes dans : Fondation Piol, Monuments et Mémoires, t. IV, p. 169-208 et pi. XV et X VI.

5. Dans une étude spéciale, M. Iinhoof-Blumcr a analysé toutes ces variétés de Nikés sur les monnaies syracusaines; il eut été trop long de les faire ressortir dans nos descriptions. Imhoof-Blumer, dans la Numism. Zeitschrift da Vienne, t. IIÏ, 1811, p. 8; aussi dans les Miltheilungen {Athen. Abtheil.) de l'Institut archéol., t. XIII, 1888, p. 159; cf. Reg. S. Poolc, dans les Transactions of ihe R, Society of Literatur, t. X, part. Ui (N. S.).

6. J. A. Blanchet, Rev. numism.^ 1894, p. 9 (la pièce était alors dans Sa coll. Hartmann). Le nombre des chevaux de Tattelage sur celte pi^ce et les suivantes

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2248. — $V|tA. Personnage dans un quadrige au pas, adroite, comme cidessus; il lient les rênes des deux mains. Grènetis.

I^. Carré creux quadripartit; au centre, une petite tête d' A ré th use de profil à gauche; elle est diadémée et ses cheveux striés tombent droit sur le cou.

iR25; tétradr. att., 16 gr. 98 {Paris) PI. LXXIV, fig. 2; —autre, 17gr. 22 '.

2249. — $VltA90 I S\OAf. Personnage dans un quadrige au pas, à droite, comme ci-dessus. — I^. Pareil au précédent.

JR 25; tétradr. att., 16 gr. 88 {Paris) PI. LXXIV, fig. 3; — autre ex., 17 gr. 45 {Li(ynes) *.

2250. — ^VPA. Cavalier allant au pas à droite, conduisant deux chevaux; il est nu, imberbe et il tient la bride de la main droite.

I^. Carré creux pareil aux précédents, avec la tête d'Aréthuse, au centre. iR 19; didrachme attique, 8 gr. 45 {Londres) PI. LXXIV, fig. 4 ».

2250 *" . — Variété, aux mêmes types, avec la légende SVRA90^I0^, 8 gr. 46\

2251. — M0IÏ09A^VJ. Tête diadémée de la nymphe Aréthuse, à droite, l'œil de face, les cheveux striés et descendant en mèches parallèles sur la nuque ; au cou, un double collier; au pourtour, quatre dauphins.

I^. iVI^A (à l'ex.). Personnage dans un quadrige au pas, à gauche; il est vêtu d'une tunique talaire et d'un justaucorps frangé à la taille; de la main gauche il lient les rênes et de la droite, son fouet; Nikévole à sa rencontre et le couronne. Grènetis.

a prêté à discussion; bien que ce soit, en réalité, p. S64, n^ 7 et pi. I, 7; Hill, Coins of ancien l Sicily

toujours un quadrige^ on ne voit jamais quatre têtes pi. I, 6.

de chevaux sur ces pièces primitives. Sur le 2. Autre, à Londres, Calai, Sicily, p. 143, n® 2.

n* 2247, on remarque que les rênes que tient l'au- Autre, dans la trouvaille de Villabatc : Evans, loc.

TÏge sont au nombre de six, ce qui indiquerait trois cit., p. 202, n* 2 et pi. VI, 3; cf. [lolm, Gesch. Sici-

chevaux, mais le nombre des jambes correspond à liens, t. III, p. 564, r® 7. Sur cette pièce et la précé-

quatre chevaux (Luynes, /lev.7{M7nt«m., 1843, p. 12). dente, les roues paraissent pleines (sans rais).

Le carré creux du revers ressemble à celui des 8. B. Head, Num, Chron.^ 1874, p. 6 et pi. 1, S;

monnaies de la Macédoine et de la Thrace. Catal. Sicily, p. 145, n<> 3. A propos du cavalier

1. Friedlœnder et A. de Sallet, Da^ KÔnigl. MUnz- conduisant deux chevaux, voyez ci-dessus, p. 1250.

kahinet, pi. VI, n^ 5i3; B. Head, Hisl, numor., A. Auclions-Catalog einer alten Sammlung Grie-

p. 150; CataL Sicily, p. 145, n» 1. Autre, dans la chischer Mûnzen (Brûder Egger, Vienne, 1906),

trouvaille de Villabate: Arthur Evans, Num, Chron., n« 143 et pi. IV. 1894, p. 202, n* 1 ; Holm, Geschichte Siciliens, t. III,

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.H 25; lélradr. ail., 17 gr. 18 (Parvf) PL LXXIV,fig. 5.

2252. — Variété, avec la lég. <VltA90<IO>V.

711 27; télradr. ail. 17 gr., 18 [coli. R. Jameson) PL LXXIV, fig. 6 ' ; — autres ex., 17 gr. 29 et 17 gr. 10 *.

Sur les pièces qui précèdent (n*" 2251 et ce n*est point là une raison absolue pour

225:2;, Niké qui parait pour la première fois ne pas rapporter le type monétaire à la vie-

au dessus du quadrige, fait allusion à une toire olympique de Gélon. II faut admettre,

victoire remportée dans la course en chars, suivant nous, que lors de son accession à la

Or, Pausanias nous informe qu'en 488, Gé- tyrannie, à Syracuse, en485, Gélon fit frap-

Ion vainquit aux jeux d'Olympie '. M.Arthur perdes monnaies qui rappelaient la victoire

Evans a ingénieusement pensé que. le type qu'il avait remportée trois ans auparavant

monétaire commémore la victoire deGélon^. et dont il continua, d'ailleurs, par la suite,

A la vérité, M. Hoira remarque qu'en 488, à s'enorgueillir. D'après cette interprétation

Gélon n*élaitpas encore, à Syracuse, maître les monnaies qui précèdent datent de 485. du pouvoir qu'il ne prit qu'en 485 *. Mais

2253. — iM^K90i\0N. Tête diadémée de la nymphe Aréthuse, à droite, l'œil de face, les cheveux striés et descendant en mèches parallèles sur la nuque; au cou, un double collier; au pourtour, quatre dauphins.

^. Personnage dans un quadrige au pas à droite ; il est imberbe, vêtu d'une tunique talaire et d'un justaucorps serré à la taille; il tient le fouet et les rênes; Niké est debout adroite, au dessus des chevaux, tenant une couronne de la main droite baissée. Grènetis.

iR 27 ; tétradr. ait., 17 gr. 40 [Paris) PI. LXXIV, fig. 7 •.

2234.— <VltA90<ION. Tête diadémée d'Aréthuse, à dr. (comme au n* 2253). ^. Cavalier allant au pas à droite, conduisant deux chevaux ; il est nu, imberbe, et il tient la bride de la main droite. Grènetis.

iR 21 ; didrachme attique, 8 gr. 60 [Paris) PL LXXIV, fig. 8.

2235. — Variété ; la nymphe a une couronne de larmes d'or et des pendants d'oreilles.

1. A. Evans, Num, Chron.y 1894, p. 202 et pi. VI, 4. A. Evans, Num, Chron., 1894, p. 197.

0 (de la trouvaille de Villabate). 5. Holm, Geschichte Siciliens, t. Hl, p. 570.

2. Vienne et Gotha. Holm, Gesch. Siciliens, t. III, 6. Autre à Londres, Catal. Sicily, p. 146, n* 4; p. 569, n« 14 et pi. 1, 8. 6. Ilead, Uist. numor.^ p. 151; Uill, Coins of ancient

3. Pausanias, VI, 9, 4; cf. sur ces victoires : Sicily^ pi. I, 7. Autre ex. de la trouvaille de Villa- Th. Homollc, Monuments Piot, t. IV, p. 179. batc : A. Evans, Num. Chr., 1894,]^ 202, pl.VI, 4.

ibài sViiKAcust 1522

iR 21 ; didr. attV, 8 gr. 61 [Luynes) PI. LXXIV, figô 9.

2256. — «VRAKOÏIO/V. Tèle diadémée d'Aréthuse à droite, les cheveux arranp;és en stries ondulées, descendant en mèches parallèles sur le cou et noués du bout ; la nymphe a un collier et des pendants d'oreilles; au pourtour quatre dauphins.

I^. Personnage imberbe vêtu de la tunique talaire, dans un quadrige au pas adroite, comme ci-dessus; Niké vole au dessus des chevaux, à droite, tenant une guirlande des deux mains. Grènelis.

IK 27; tétradr. att. 17 gr. 31 [coll. li. Jameson] PI. LXXIV, fig. 10.

Le style de ce létradrachme est particu- que. Pour la première fois et comme aussi

lièrement remarquable ; il se rapproche sur le Démarélion, la lettre K fait son appa-

déjà décelai du Démarétion que nous ver- rition dans la légende à la place du 9 q"e

rons ci-après (n° 2257). Remarquez la dou- Ton retrouvera très rarement sur les piè-

ble tresse qui, rattachée aux oreilles, assu- ces postérieures *. jellit le diadème et les cheveux sur la nu-

2257. — «VltAKOilOA^. Tête de la nymphe Aréthuse, à droite, ceinte d'une couronne de laurier; elle a l'œil de face; ses cheveux striés et ondulés sur le front sont ramassés en bourse sur la nuque; elle a des pendants d'oreilles et un collier; au pourtour, un cercle très ténu et quatre dauphins.

I^. Personnage dans un quadrige au pas à droite; il est imberbe, vêtu d'une tunique talaire, et, penché en avant, il tient le fouet et les rênes; Niké volant au dessus des chevaux à droite, tient une bandelette; à l'exergue, un lion bondissant adroite. Grènetis.

iR 36; décadrachme attique, 43 gr. 15 [Luynes) PI. LXXIV, fig. 11; — autres ex., 44 gr. 42 [Londres) ; 43 gr. 16 [Hunier) *.

Le poids de la grande et belle pièce qui authentiques répartis en quatre variétés précède, en fait un décadrachme attique; de coins *. Ce décadrachme est appelé de on en connaît actuellement dix exemplaires deux autres noms : pentécontalitron et dé^

1. B. Head, Num. Ghron.y 1874, p. 7; Holm, Gesch. d'autres collections cnumérées par. Arthur Evans, Siciliens, t. IH, p. 371 ; Zeil. fUr Num.,t II, p. 334. Nutn. Chron., 1894, p. 190; Ilolm, Geschichte Sici-

2. Londres. B. Head, Ilisl. numor., p. 151 ; CataL liens, t. III, p. 570.

Sicihj, p. 153, no 63; Holm, Gesch. Siciliens, t. III, 3. Arthur Kvins, Num. Chron., 1894, p. 191 et

pi. H, 2; G. Mardonald, Uunlerian collection, t. 1, pi. VI, fig. 1 et 2 (ex. de Berlin et de Vienne), p. 221, n» 19; autres ex. à Berlin, à Vienne et dans

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