‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 11 sur 100 · ANC · texte numérisé non relu

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celle de l’angusture vraie ; son odeur est nulle. La poudre que donne la fausse a*ngusture est d’un blanc jaunâtre , tandis que celle de l’angusture vraie est presque semblable à celle de la rhubarbe.

Dans un mémoire lu à la Société de Médecine de Paris, en 1807, M. Planche est le premier qui ait indiqué les moyens de reconnaître les différentes espèces d’angusture qui se trouvaient alors dans le commerce. Ce mémoire , que l’on peut consulter avec fruit, a été imprimé dans le Journal de Pharmacie de l’année 1816, page 462.

M. Guibourt, dans son Histoire abrégée des Drogues simples, a ajouté à la suite de la description des écorces d’angustures un tableau qui présente le résultat de l’action d’un grand nombre de réactifs sur les infusés comparés de ces deux écorces. Ceux de ces agens chimiques qui sont les plus propres à les faire distinguer l’une de l’autre sont les suivans :

ANG

Reactifs.

Infuse aqueux

de l’angusture vraie.

Infusé aqueux

de l’angusture fausse.

Teinture

de

tournesol.

Couleur détruite.

Peu ou pas de changement.

Sulfate de fer.

Précipite' gris -blanchâtre très abondant.

Couleur vert-bouteille, trouble léger.

Hydrofer ro-c y a— nate de potasse.

Rien d’abord, 'l’acide hydro-chlorique y forme ensuite un préc i pi té j aune très abondant.

Trouble léger qui n’augmente pas par l’acide liydro-chlorique ; la liqueur prend un aspect verdâtre.

Potasse

caustique.

En petite ou en cran- .

de quantité, la liqueur se fonce en orangé avec une teinte verdâtre, et précipite. L’acide nitrique rétablit la couleur primitive.

IJne petite quantité donne une couleur vert -bouteille ; une grande quantité, une couleur orangée foncée avec une teinte verdâtre. La liqueur reste transparente. ' L’acide ni trique ajouté peu à peu rétablit la couleur vert-bouteille , puis celle de l’infusé.

A ces caractères on peut en ajouter deux autres qui sont très remarquables , et que l’on constate facilement sur l’écorce ellemême ; ils sont tirés de Faction que l’acide nitrique exerce sur l’écorce de fausse anguslare. Lorsqu’on verse une goutte d’acide ni-

trique sur la surface interne de cette écorce , on voit se former, après deux ou trois minutes, une tache d’un rouge de sang très foncé, due à la présence de la brucine, qui fournit , comme on sait , avec l’acide nitrique une couleur rouge très belle.

De plus , lorsqu’on met sur les lichens qui recouvrent la surface extérieure une goutte du même acide , ils prennent de suite une couleur vert-émeraude foncé ; tandis que rien de semblable n’a lieu avec l’écorce d’angusture vraie , sur laquelle l’acide nitrique agit comme sur les autres substances végétales.

L’angusture vraie est employée en Médecine comme fébrifuge et anti-dyssentérique.

ANTIMOINE. L’antimoine que l’on trouve dans le commerce, et que l’on fait entrer dans un si grand nombre de préparations pharmaceutiques, se trouve dans la nature sous divers états ; quelquefois à l’état natif et à l’état d’oxide, ce qui est fort rare, mais le plus ordinairement sous celui de sulfure, qui est le seul minerai exploité pour son extraction. Ce sulfure d’antimoine, tel qu’on le trouve, est toujours mélangé avec des proportions varia-

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blés d’arsenic, de sulfures de plomb et de fer, avecdu quartz, du sulfate de baryte et des substances terreuses. On le débarrasse facilement de la plupart de ces matières étrangères par la fusion ; mais il retient encore une quantité très notable d’arsenic, de sulfures de plomb et de fer. Pour réduire le sulfure d’antimoine à l’état d’antimoine métallique , on commence par lui faire subir un grillage , qui a pour objet de brûler la plus grande partie du soufre, qui se dégage alors sous forme d’acide sulfureux , tandis que l’antimoine passe à l’état d’oxide. Lorsque la calcination est terminée, on mélange le résidu , qui est formé d’une grande quantité d’oxide d’antimoine et d’une petite quantité de sulfure , avec la moitié de son poids de tartre brut, ou avec du charbon réduit en poudre et imprégné d’une dissolution de sous-carbonate de soude. Le mélange est exposé, dans des creusets, à l’action d’une température élevée; l’oxide d’antimoine se trouve réduit par la matière combustible, tandis que l’alcali, se combinant au soufre de sulfure , met à nu la portion de métal que celui-ci renferme. L’antimoine ainsi obtenu contient, comme nous l’avons déjà dit, du plomb , du fer et de Par-

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senic. Ces substances accompagnent l’antimoine dans les diverses combinaisons dans lescpielles on le fait entrer, et peuvent avoir une influence très fâcheuse, soit qu’on emploie ces produits pour l’usage médical, soit qu’on les destine à des préparations ultérieures.

L’émétique et le kermès, préparés avec l’antimoine qui renferme de l’arsenic , contiennent eux-mèmes une portion appréciable de ce métal. L’antimoine diaphorétique, préparé avec de l’antimoine qui contient du plomb et du fer, renferme également ces deux métaux. Quoique leur action sur l’économie animale ne soit pas à beaucoup près aussi dangereuse que celle de l’arsenic , on ne doit pas moins chercher à les éviter , car la présence du fer surtout communique à ce produit une teinte jaune qui lui ôte de sa valeur, et qui empêche qu’on ne puisse l’employer avec succès à la coloration des émaux.

C’est à M. Serullas , l’un de nos chimistes les plus distingués, que l’on doit le moyen le plus sûr pour reconnaître les plus petites traces d’arsenic qui existent dans l’antimoine. Ce procédé consiste à calciner forte-

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