‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 24 sur 100 · I IO · texte numérisé non relu

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La casse est un purgatif doux; elle entre dans l’électuaire lénitif, la marmelade de Tronchin, et sert de base à la conserve de casse ou casse cuite.

CASSONADE. A l’époque de la mise en vigueur du système continental, les cassonades montèrent à un prix si élevé, qu’un grand nombre de débitans ne se firent pas scrupule d’y mélanger des substances étrangères. Celle qui fut le plus employée, en raison de sa saveur douceâtre et de sa solubilité dans l’eau froide sans résidu , fut le sucre de lait.

La consommation qu’on en fit éveilla les soupçons sur ce genre de fraude, et bientôt on chercha la possibilité de s’en garantir. Le moyen le plus sûr pour la reconnaître était de traiter la cassonade par de l’alcool à 220. Si elle était pure, elle se dissolvait entièrement à froid sans résidu; dans le cas contraire , le sucre de lait se précipitait au fond du verre.

Aujourd’hui que le sucre de lait est devenu, sinon plus cher, au moins d’une valeur égale a celle de la cassonade , cette substitution n’a plus lieu ; mais il arrive encore quelque-

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fois qu’on rencontre cette dernière mélangée à du sable et à de la farine, dans le but d’augmenter son poids, ou de lui donner de la blancheur. En faisant dissoudre dans l’eau froide une petite quantité de cette cassonade, on peut se convaincre facilement de cette supercherie. Dans le premier cas , le sable se dépose au fond du vase , et le soluté qui le surnage devient clair; dans le second, la farine donne au liquide un aspect trouble, laiteux, et se précipite avec lenteur. Quelques gouttes de teinture d’iode, versées dans la liqueur , dénotent aussi par la couleur bleue qui s’y développe , l’addition de cette substance étrangère.

CASTORÉUM. Le castoréum , tel qu’il nous est offert par le commerce, est une substance brun-noirâtre à l’extérieur, d’un jaune fauve à l’intérieur, d’une odeur forte et désagréable , d’une saveur âcre et amère , d’une cassure résineuse. Il est renfermé dans deux poches souvent unies ensemble, fortement ridées et comprimées , qui se trouvent placées près des glandes inguinales du castor, quadrupède rongeur, originaire de la Sibérie et du Canada. Le castoréum a d’autant plus

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d’odeur qu’il est plus nouveau; mais alors il conserve une certaine mollesse, et perd beaucoup par la dessiccation. On doit préférer celui qui réunit l’odeur à la siccité.

Lorsqu’on ouvre en deux une poche de castoréum , on aperçoit dans l’intérieur des cloisons membraneuses blanchâtres, que l’on doit séparer quand on dessèche le castoréum pour le pulvériser. C’est un caractère qui peut facilement faire reconnaître le vrai d’avec le faux.

Le castoréum a été , pendant fort longtemps, à un prix très élevé , et , par cette raison , sujet à être falsifié. INI. Parmentier racontait à cette occasion , que, visitant un jour un établissement de droguerie à Marseille; et voyant un homme occupé à malaxer une substance d’une couleur brune, d’une apparence résineuse, et à l’introduire dans de petites vessies , il lui demanda ce qu’il préparait. Je fais du castoréum , répondit-il ingénuement.

Avant que l’art de frauder fut parvenu au point où il est aujourd’hui, on se contentait d’introduire dans les poches de castoréum des corps étrangers susceptibles de lui donner du poids; mais un examen un peu at-

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lentif ne tardait pas à faire reconnaître cette supercherie. Aujourd’hui, on imite encore le castoréum , quoiqu’il soit à un prix plus modéré; mais ce produit factice est aisé à distinguer aux caractères suivans : les poches sont plus grosses et plus arrondies que celles du vrai; elles contiennent une matière, tantôt molle, tantôt cassante, d’une couleur rouge demi-transparente, d’une faible odeur de castoréum, et donnant, lorsqu’on la pulvérise , une poudre moins foncée que celle de cette substance. Cette matière est presque entièrement soluble dans l’alcool et dans l’éther. Ces poches , lorsqu’elles sont ouvertes , ne présentent aucune apparence de cloisons membraneuses, et sont peu ridées extérieurement.

MM. Bouillon - Lagrange et Laugier ont analysé le castoréum et en ont retiré :

i°. Une huile volatile odorante;

2°. De l’acide benzoïque ;

3°. Une résine ;

4°. Une matière adipocireuse ;

5°. Une matière colorante rougeâtre ;

6°. Du mucus;

rf. Du sous -carbonate de chaux;

8°. dépotasse;

9°. d’ammoniaque ,

io°. Du fer.

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Le castoréum est employé en Médecine comme anti-spasmodique et anti-hystérique; il entre dans la composition d’une multitude de préparations officinales, telles que la thériaque, le mithridate, les pilules de cynoglosse, la poudre anti-spasmodique, etc. On en prépare aussi une teinture à l’alcool.

CÉRUSE. V. Carbonate de plomb.

CHLORATE DE POTASSE. Le chlorate de potasse se prépare en faisant passer un grand excès de chlore dans une dissolution concentrée de potasse du commerce. Lorsqu’il est pur, il a une saveur fraîche et acerbe; il fuse sur les charbons sans donner lieu à aucun bruit , se dissout dans deux parties et demie d’eau bouillante, et cristallise par le refroidissement sous forme de lames ou de paillettes nacrées. Sa dissolution n’est point troublée par le nitrate d’argent.

Le chlorate de potasse contient très souvent une assez forte proportion de chlorure de potassium. Celui qui est ainsi mélangé devient amer et piquant; il décrépite sur les charbons, et occasione dans la dissolution de nitrate d’argent un précipité cailleboté.

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Lorsque les fabricans de briquets veulent essayer un chlorate de potasse, ils en mélangent une très petite portion avec une demi-partie de fleur de soufre. Si le chlorate de potasse est de bonne qualité , le mélange s’enflamme lorsqu’on le touche avec l’extrémité d’un tube imprégné d’acide sulfurique concentré.

Le meilleur moyen de priver ce sel du chlorure de potassium qu’il peut contenir, consiste tout simplement à le dissoudre dans l’eau bouillante. Par le refroidissement, le chlorate de potasse cristallise, tandis que le chlorure de potassium étant beaucoup plus soluble, reste en dissolution dans les eauxmères.

Quelques praticiens ont employé le chlorate de potasse dans les maladies syphilitiques; mais rien n’autorise à penser qu’on en ait obtenu du succès. Son principal usage est dans les arts, pour la préparation des briquets dits oxigénès.

CHLORE. Le chlore est employé dans plusieurs circonstances, soit à l’état gazeux, soit à l’état de dissolution. Dans ce dernier cas, il peut être étendu d’une quantité d’eau plus

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ou moins considérable; il importe alors de pouvoir reconnaître le titre de la dissolution. Cet essai se fait comme celui du chlorure de chaux. On prend dans la petite pipette deux millilitres et demi de la dissolution qu'on veut essayer, et l’on agit absolument comme il sera dit plus bas. [V. Chlorure de chaux.) Une dissolution saturée à la température de 20° marque ordinairement i5° au chloromètre; et, comme l’essai ne pourrait pas être fait avec facilité sur une liqueur aussi concentrée , il est nécessaire de l’étendre de trois fois son poids d'eau; on obtient ainsi, pour titre de la dissolution nouvelle, 5°, qui, multipliés par 3, donnent 15° pour véritable titre ; ce qui indique que la dissolution essayée contient une fois et demie son volume de chlore.

CHLORURE DE CHAUX. Le chlorure de chaux, par les nombreuses applications qu’on en a faites dans ces derniers temps , soit aux arts industriels, soit à l’art médical ou à l’Hygiène, est devenu l’un des produits chimiques les plus employés, et dont il importe le plus de connaître le degré de force et de pureté.

Les limites de cet ouvrage ne nous per-

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mettent pas d’indiquer le mode de préparation du chlorure de chaux , que l’on trouvera d’ailleurs décrit avec beaucoup de détails dans le tome Y du Dictionnaire technologique ; nous dirons seulement que , d’après MM. Gay-Lussac et Weber, le chlorure de chaux pur est composé de (1)

2 proportions de cliaux . 2 X 35,6o3 = 71,206 2 proportions d’eau. .. . 2X11,245 = 22,487 1 proportion de chlore. . 44>1 2853=r 44 ,2653

Lorsqu’on le traite par l’eau froide, la moitié de la chaux se précipite, suivant les memes chimistes, et l’eau retient en dissolution le chlorure neutre de chaux.

La dissolution de chlorure de chaux agit sur les matières colorantes , et dans les cas où on l’emploie comme anti-septique, uniquement en raison du chlore qu’elle renferme , et absolument de la même manière

(1) M. Bcrzélius considère le chlorure de chaux

et les autres chlorures d’oxides, comme des composes d’oxides avec un acide particulier qu’il désigne sous le nom d’acide chloreux , et les composés euxmêmes sous celui de chlorites.

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et avec le même degré d’intensité que si le

chlore y existait à l’état de liberté.

Le chlorure de chaux peut être défectueux par plusieurs causes, soit par un trop grand excès de chaux, soit par une trop forte proportion d’eau , soit enfin par une mauvaise préparation qui donne lieu à la formation d’une certaine quantité d’hydro-chlorate de chaux qui reste mélangé au chlorure.

Il existe plusieurs procédés pour déterminer le titre du chlorure de chaux; celui qui est le plus répandu dans le commerce est dit à M. Gay-Lussac ; c’est de l’instruction qu’il a publiée à ce sujet que nous avons extrait ce que nous allons exposer. Son mode d’essai est fondé sur ce qu’en agissant exactement dans les mêmes circonstances (i), une cer-

(i) Cette condition d’agir toujours exactement dans les mêmes circonstances est essentielle à observer , surtout par rapport au temps que l’on emploie à l’opération. Si , par exemple, on verse en une seule fois une dissolution d’indigo dans une dissolution de chlorure de chaux, on voit qu’il y a une quantité' de dissolution décolorée beaucoup plus grande que si l’on eût versé peu à peu la dissolution d’indigo; car, dans ce dernier cas, l’action du chlore ne se borne pas seulement à décolorer l’indigo; une portion

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taine quantité de chlorure de chaux décolore toujours une quantité de dissolution d’indigo, proportionnelle à la quantité de chlore qu’elle renferme; de sorte que connaissant la quantité de dissolution décolorée, on peut en conclure celle du chlore, et par conséquent celle du chlorure pur.

Nous allons d’abord faire connaître la manière de préparer la dissolution d’indigo qui doit servir aux essais , puis l’emploi des instrumens qui ont été imaginés pour en faciliter l’exécution.

Préparation de la teinture d’épreuve. La liqueur cT essai ou teinture d épreuve, consiste en une simple dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique , faite dans des proportions

agit encore sur l’indigo décolore', et perd alors son pouvoir décolorant ; «tandis que, lorsqu’on ajoute à la fois toute la teinture, l’action du chlore se limite à la décoloration de l’indigo seulement , et il en décolore une plus grande proportion. L’expérience a démontré que, pour obtenir des effets constans et comparables , il fallait verser à la fois la totalité de la dissolution d’indigo dans le chlorure, ou réciproquement.

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constantes , et telles qu’un volume de chlore sec et gazeux, à la pression de on',76, puisse en décolorer complètement dix volumes. On prend pour la préparer une quantité indéterminée de bon indigo du commerce, on le réduit en poudre, et on le passe au tamis de soie. Une partie de cette poudre est mise dans un matras, avec neuf fois son poids d’acide sulfurique à 66°, et chauffée pendant six a huit heures à la température du bain-marie.

On prend d’une autre part un flacon bouché à l’émeri, que l’on remplit de chlore sec et gazeux, par les procédés ordinaires. Le flacon étant fermé hermétiquement, on le renverse sur l’eau distillée, de manière que le col plonge dans le liquide; on soulève alors légèrement le bouchon; une petite quantité d’eau s’introduit dans le flacon, on rebouche de suite et l’on agite. La dissolution du gaz dans l’eau occasione un vide dans l’intérieur du flacon; on débouche alors de nouveau; l’eau s’y précipite; et en continuant de la sorte, on peut, avec quelques précautions, remplir entièrement le flacon de liquide sans qu’il s’échappe aucune portion de chlore, et l’on obtient ainsi une dissolution de chlore qui contient évidemment un volume égal

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au sien de chlore sec et gazeux, sous une pression et une température connues. Il devient dès lors extrêmement facile de déterminer la cpiantité de dissolution d’indigo qu’elle peut décolorer, et d’ajouter à cette dernière la quantité d’eau nécessaire pour que dix volumes soient décolorés par un volume de dissolution de chlore.

On peut aussi parvenir au meme résultat en prenant 4S',938 d’un chlorure de chaux saturé et supposé pur, qui contient précisément un demi-litre de chlore, et dissoudre cette quantité dans un demi-litre d’eau. On aura ainsi, comme dans le cas précédent, une dissolution contenant un volume de chlore égal au sien. Enfin, on peut encore, et ce dernier moyen est peut-être le plus sur , prendre 3s* ,980 de peroxide de manganèse pur et bien cristallisé, que l’on sait, par expérience, pouvoir fournir un litre de chlore, les traiter par l’acide hydro-clilorique, recevoir le produit dans un lait de chaux , comme il sera dit ( v . Manganèse) , et étendre le chlorure de chaux avec de l’eau, de manière que le tout fasse un litre. Quel que soit du reste le moyen que l’on emploie pour préparer la liqueur d’essai, cette tein-

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ture devra être tenue renfermée dans des vases bouchés, et à l’abri de la lumière, qui pourrait agir sur elle et détruire une portion de l’indigo. Malgré cette précaution, le temps altère toujours plus ou moins la teinture d’épreuve; et l’on doit de temps à autre vérifier son titre, et constater le degré d’affaiblissement qu’elle a éprouvé.

Instrumens nécessaires aux essais chlorométriques. Avec la teinture d’épreuve, il faut encore, pour faire l’essai du chlorure, se procurer les objets sui vans : i°. une petite balance; 2°. un poids de 5 grammes, 3°. un petit mortier de verre ou de porcelaine, avec son pilon; 4°. une éprouvette à pied A, contenant au moins un demi -litre ( v. fig. 3me) ; 5°. un tube en verre B, pour agiter la dissolution dans l'éprouvette; 6°. une petite pipette C , contenant 2 centimètres et demi cubes, depuis l’extrémité inférieure jusqu’au trait E; -7°. un verre à boire ordinaire F; 8°. une burette graduée D , dont chaque division principale représente 2 centimètres et demi cubes, et se trouve ensuite subdivisée en 5degrés. Cette burette communique, par sa par-

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tie inférieure, avec un tube latéral ouvert par son extrémité supérieure (i).

Manière d’opérer. On commence par prendre, dans la masse du chlorure, divers échantillons, de manière à faire un échantillon commun qui puisse représenter assez exactement la qualité moyenne. Ces divers échantillons ayant été mêlés ensemble, on prend, sur cette nouvelle masse, un échantillon de 5 grammes très exactement pesé , on le triture dans le mortier, en y ajoutant une suffisante quantité d’eau pour en faire une bouillie claire; on décante le liquide dans l’éprouvette à pied , on verse une nouvelle quantité d’eau sur le résidu ; on décante de nouveau, et l’on continue de la sorte, jusqu’à ce que tout ait été versé dans l’éprouvette. On lave ensuite le mortier et le pilon ; l’eau de lavage est ajoutée au liquide qui tient le chlorure en solution , puis on verse de l’eau pure dans l’éprouvette, jusqu’à ce

(i) Ces divers objets se trouvent chez M. Colla rdeau, rue de la Cerisaie, n° 3, et chez M. Robiqucl , rue des Fossés-Saint-Gcrmam-rÀuxerrois , n° 5.

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que la surface du liquide soit au niveau du trait P, qui indique un demi-litre. Il faut faire attention que la surface de l’eau n’est pas plane, mais qu’elle décrit une courbe qui se relève contre les parois du vase , de sorte que si l’on prenait pour niveau la ligne où le liquide touche le verre , on commettrait une erreur; il faut donc comme nous l’avons dit, que le trait P soit au meme niveau que le milieu de la surface du liquide. On agite ce dernier avec le tube B, afin de favoriser la dissolution du chlorure, et d’obtenir un liquide bien homogène.

On met, d’une autre part, de la teinture d’épreuve dans la burette D jusqu’au o, et l’on en verse de la burette, dans un verre à boire ordinaire, une quantité inférieure à celle que l’on suppose nécessaire à l’essai , par exemple, 5 ou 6°. Le verre doit être placé sur une feuille de papier blanc, afin qu’on puisse juger plus facilement des changemens de couleur qui pourraient avoir lieu. On plonge alors la petite pipette verticalement dans la dissolution de chlorure, en laissant libre l’ouverture supérieure; on fait en sorte qu’il entre précisément 2 centimètres et demi de liquide, c’est-à-dire jusqu’au trait E; on retire la pi-

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pette en tenant bouchée l’ouverture supérieure avec l’index, et' s’il arrivait cpie l’on eût mis une quantité de liqueur plus grande que celle exigée, on la ferait aisément sortir en soulevant légèrement le doigt, et imprimant un petit mouvement circulaire alternatif à la tige de la pipette, en la roulant entre le pouce et le doigt du milieu. Il convient aussi , pour faciliter la sortie du liquide, d’appuyer l’extrémité inférieure de la pipette contre le bord de la cloche à pied. Ayant introduit la dissolution de chlorure dans la pipette, on la verse dans la dissolution d’indigo placée dans le verre à boire, en soufflant légèrement par la partie supérieure du tube ; en même temps on agite le mélange, en imprimant au verre un mouvement circulaire. Si toute la dissolution d’indigo est décolorée, on ajoute de suite une nouvelle quantité de teinture de la burette, au moyen du tube latéral, et jusqu’à ce que le liquide conserve une teinte verdâtre; la quantité du liquide manquant dans la burette indiquera le titre du chlorure. Il faut néanmoins, pour que l’on puisse compter sur l’essai, que la quantité de liqueur ainsi ajoutée après coup ne s’élève pas au-delà de trois dixièmes d’un degré; si

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eile s’élevait, par exemple, à dix ou douze dixièmes, il faudrait faire un nouvel essai. On commencerait alors par mettre toute la quantité de teinture, c’est-à-dire 6, plus i,a ou 7°, 2, dans le verre; on y ajouterait les deux millilitres et demi de dissolution de chlorure; puis on achèverait l’essai, en ajoutant quelques gouttes de la liqueur de la burette, s’il était nécessaire. Dans tous les cas, l’essai n’aura acquis le dernier degré de précision dont il est susceptible, qu’autant que la liqueur d’épreuve prendra immédiatement, lorsqu’on y mettra le chlorure, la teinte jaune légèrement verdâtre que nous avons indiquée.

L’expérience ayant appris que les essais chlorométriques ont beaucoup plus de précision lorsque les dissolutions de chlorure sont faibles, telles que celles qui marquent 4 à 5°, il conviendra, lorsqu'elles seront beaucoup plus fortes, d’y ajouter une certaine proportion d’eau, dont on tiendra compte. Ainsi, on pourra ajouter à la dissolution un volume d’eau égal à celui qu’elle renferme déjà , et doubler le nombre de degrés que l’on obtiendra, afin d’avoir le véritable titre du chlorure.

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