‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 23 sur 100 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

CAPILLAIRES. Plantes de la classe des cryptogames de L. , de la famille des fougères de Jussieu. On en connaît un grand nombre d’espèces , mais les deux plus usitées en pharmacie sont le capillaire du Canada et le capillaire de Montpellier. Quoiqu’elles possèdent à peu près les mêmes propriétés médicales, et que dans un grand nombre de cas on les administre indifféremment l’une pour l’autre , néanmoins , comme le capillaire du Canada est d’un prix beaucoup plus élevé que le capillaire de Montpellier, et que souvent des marchands infidèles substituent l’un à l’autre, nous allons faire connaître les caractères qui peuvent servir à les distinguer.

Capillaire du Canada, adiantum peda turri, L. Pétioles grêles, luisans, d’une couleur rouge foncé , longs d’un pied et demi à deux pieds, terminés par des rameaux de quatre à cinq pouces; feuillage composé pédalé ; folioles pinnées , obtuses , touffues ? d’unebelle couleur verte ; pinnules gibbeuses , incisées, et portant la fructification sur leur

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partie antérieure. Odeur agréable , saveur douce et légèrement styptique. Le capillaire du Canada nous vient en bottes très comprimées, aussi est-il quelquefois sujet à moisir en route.

Capillaire de Montpellier, adiantum capillus'veneris , L. Pétioles grêles, luisans, d’une couleur rouge foncé tirant sur le noir, longs de huit à dix pouces seulement; feuillage décomposé, peu touffu; folioles alternes, foliolules cunéiformes pédicellées à deux ou trois lobes; odeur peu prononcée mais agréable; saveur douce. Le capillaire de Montpellier croît dans les contrées méridionales de la France ; on le trouve dans les lieux pierreux et humides.

Malgré l’analogie que paraissent avoir ces deux sortes de plantes au premier aspect, on pourra les distinguer facilement si l’on consulte les caractères que nous avons décrits ci-dessus..

Le capillaire sert en pharmacie à préparer le sirop de ce nom.

CARBONATE DE PLOMB, Céruse. La céruse est un carbonate de plomb que l’on

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obtient par divers procédés. Le plus ancien consiste à exposer des lames de plomb à l’action simultanée de la vapeur du vinaigre, de l’acide carbonique et d’une douce chaleur. Elles se recouvrent alors d’une couche épaisse de carbonate de plomb, qu’on réduit en poudre très fine et qu’on met ensuite sous forme de pains coniques.

Dans le second procédé, beaucoup plus récent et pratiqué en France pour la première fois, on fait passer un courant d’acide carbonique dans une dissolution de sousacétate de plomb , qui se trouve ainsi partiellement décomposée et transformée en acétate neutre qui reste en dissolution et en carbonate qui se précipite.

La céruse obtenue par le premier procédé est très compacte, d’un grain fin et serré, d’une couleur un peu grisâtre. Celle qui résulte du deuxième est plus blanche, plus légère, plus friable, d’un grain plus gros et moins compacte. Elle est connue sous le nom de céruse française ou de Clichy, et la première sous le nom de céruse cle Hollande , parce quelle venait primitivement de ce pays; mais depuis quelques années on a formé en France beaucoup de fabriques d’après le pro-

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cédé hollandais, de sorte que la dénomination de céruse de Hollande ne peut plus rien indiquer relativement à la qualité du produit.

Quel que soit le procédé suivi pour obtenir la céruse, lorsqu’il est exécuté avec soin, il donne du carbonate de plomb pur; mais ce dernier est ensuite plus ou moins mélangé avec diverses substances étrangères , particulièrement avec le sulfate de plomb, le sulfate de baryte et le carbonate de chaux. Ces additions sont tolérées dans le commerce, et l’on vend même sous le nom de céruse, des pains qui ont la forme de la céruse véritable, et qui ne sont pour ainsi dire composés que de sulfate de plomb que l’on obtient dans les fabriques de toiles peintes, en décomposant l’acétate de plomb par l’alun.

Cependant , comme la quantité de ces matières est variable dans les céruses, et que les premières qualités de Hollande, de même que celles des bonnes fabriques de France, n’en contiennent pas du tout, il est nécessaire , non-seulement de pouvoir reconnaître les corps ajoutés, mais aussi d’en déterminer la quantité.

Le meilleur moyen pour atteindre ce but consiste à prendre 5 grammes de la céruse

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que l’on veut essayer, à les traiter par l’acide nitrique faible , mais pur. Il se produit une légère effervescence , et lorsqu’après avoir porté la liqueur à l’ébullition, on voit qu’elle est sans action sur le résidu, bien que l’acide soit en grand excès, on met le tout dans une capsule de porcelaine , et on évapore à siccité en ménageant la chaleur sur la fin. On verse sur le résidu de l’évaporation une suffisante quantité d’eau distillée , qui dissout les nitrates formés , et l’on jette le tout sur un filtre qu’on lave soigneusement à plusieurs reprises. La partie restée sur le filtre est composée des substances non attaquées par l’acide nitrique, c’est-à-dire du sulfate de plomb et du sulfate de baryte; on la dessèche, on la pèse exactement, et l’on a ainsi le poids des deux substances que l’on mélange le plus communément avec le carbonate de

Cet essai peut suffire dans la plupart des cas; mais si i’on tient à connaître la nature de ces mélanges et les proportions de plomb contenues dans la céruse à l’état de carbonate,on doit continuer l’analyse delamanière suivante.

Il faut faire bouillir le résidu dans un grand

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excès d’acide hydro - chlorique , décanter le liquide parfaitement clair, et recommencer l’opération une deuxième et une troisième fois. Comme le sulfate de plomb est soluble dans l’acide hydro - chlorique bouillant, et que le sulfate de baryte y est au contraire tout-à-fait insoluble, on ne tarde pas à séparer le premier de ces deux sulfates, et en pesant le résidu , on a le poids du sulfate de baryte (i). La différence de poids entre le

(i) On pourrait sans doute objecter que la substance que nous considérons comme du sulfate de baryte pourrait bien être de la silice réduite en poudre fine. Mais, d’une part, on ne mélange jamais la silice avec la céruse , parce qu’elle ne s’empâte pas bien avec l’huile et qu’elle ne couvre pas. O11 choisit au contraire des substances qui possédant, autant que possible , ces deux qualités , soient encore assez pesantes pour ne pas changer sensiblement la densité du carbonate de plomb. Mais , pour lever toute incertitude à cet égard , il faudra prendre un peu du résidu , le chauffer au chalumeau sur un charbon, puis verser dessus de l’acide hydro-chlorique ; s’il répand une odeur d’hydrogène sulfuré prononcée, on est assuré qu’il renferme du sulfate de baryte. On peut retrouver ensuite la baryte en dissolution dans l’acide hydro-chlorique, parles moyens connus. Au veste, le mode d’analyse que nous donnons ici n’est appli-*

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dernier résidu et le premier, donne le poids du sulfate de plomb qui s’est dissous. Pour avoir ensuite la quantité de plomb contenu à l’état de carbonate dans la céruse, il faut, après avoir traité par l’acide nitrique et repris le nitrate par l’eau distillée, y faire passer un courant de gaz hydrogène sulfuré, jusqu’à ce que la liqueur en contienne un excès, filtrer, recueillir le précipité, le dessécher et le peser. Par le poids du sulfure du plomb, on aura celui du plomb qui s’était dissous dans l’acide nitrique, i/|g5 de sulfure de plomb correspondent à 1294 de plomb et à 1670 de carbonate.

La quantité de carbonate de chaux se détermine en versant du sous-carbonate d’ammoniaque dans la liqueur d’où l’on a séparé le sulfure de plomb , et que l’on a dû priver de son excès d’hvdrogène sulfuré. Le souscarbonate d’ammoniaque y fait naître un précipité de carbonate de chaux, qui, lavé, séché et pesé , donne le poids de celui contenu dans la céruse.

cable qu’aux substances dont nous avons supposé l’existence dans la céruse, et devrait être modifié, si l’on soupçonnait qu’elle en contînt d’autres.

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CARMIN. D’après les expériences de MM. Pelletier et Caventou , on doit regarder le carmin comme une combinaison triple, provenant de la réunion des matières colorante et animale contenues dans la cochenille avec un acide étranger qu’on ajoute pour déterminer leur précipitation.

La préparation du carmin a été long-temps un secret, et quelques individus seulement étaient en possession de le bien faire , et de réussir constamment; mais indépendamment du procédé que l’on suit, on a aussi remarqué que l’habitude était pour beaucoup dans le succès de cette opération ; car avec la même recette, on obtient souvent un produit différent.

Les carmins que l’on trouve dans le c ommerce chez les marchands de couleurs , sont distingués par ordre de numéros, et ont une valeur relative. Ils contiennent presqué toujours plus ou moins d’alumine, qu’on ajoute lors de la précipitation , ou bien une certaine proportion de vermillon, qui augmentent leur poids. Le moyen le plus sûr de reconnaître ces additions est de traiter le carmin par l’ammoniaque liquide. Cet alcali ayant la propriété de dissoudre le carmin pur, laisse

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précipiter les matières étrangères, dont on peut alors facilement apprécier la quantité.

CASSE. La casse, qui est originaire d’Afrique et d’Éthiopie, et qui aujourd’hui nous vient de l’Amérique et des Antilles, est un fruit à deux valves , cylindrique , ligneux , de couleur brune , d’une longueur d’un à deux pieds, d’un pouce environ de diamètre. Intérieurement il est divisé par des cloisons transversales, en un certain nombre de loges renfermant chacune une matière pulpeuse noire, douce et sucrée, et une semence aplatie, très dure et d’une couleur rougeâtre. L’arbre qui produit ce fruit est le cassia fistula de L. ; il appartient à la décandrie monogynie , famille des légumineuses.

Quand on achète de la casse , on doit voir si elle n’est pas sonnante, c’est-à-dire si les semences ne sont pas détachées de la pulpe, ce qui est un signe manifeste de vétusté ou d’altération. Pour donner le change à l’acheteur, les droguistes conservent la casse dans des lieux humides; mais la pulpe ne tarde pas alors à se moisir et à contracter un goût désagréable. Il est donc préférable de prendre au hasard quelques gousses , et;

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de les ouvrir, afin d’en examiner l’intérieur.

On trouve, depuis quelques années, dans le commerce une sorte de casse d’un diamètre beaucoup plus petit que celui de la précédente, et que M. Henry père suppose appartenir à une variété du cassia fistula. La pulpe de cette casse est d’une couleur fauve, et a une saveur astringente très sensible ; les valves sont moins épaisses, et le péricarpe est aminci en pointe aux deux extrémités. Du reste , la pulpe paraît de bonne qualité. M. Henry père , qui a soumis les extraits de ces deux sortes de casses à un examen comparatif, les a trouvés formés de

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