‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 26 sur 100 · C1IL · texte numérisé non relu

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dra de celle de l’essai, et l'essai lui-même, avec quelque précaution qu’il soit fait, ne donne jamais le véritable titre qu’à deux centièmes près.

M. Houton-Labillardière a fait connaître un procédé différent pour titrer les chlorures. « Il est fondé sur la propriété qu’a la dissolu- » tion incolore d’iode et d’amidon par le sous- » carbonate de soude, de donner une couleur » bleue très intense à une dissolution de chlo- » rure de chaux, lorsque, par des additions » successives de cette liqueur d’épreuve, on » est arrivé à la décomposition complète du » chlorure. »

La liqueur chlorométrique se prépare en dissolvant à chaud et en portant jusqu’à l’ébullition

i gramme 5 décigr. d’iode pur et fondu ,

3 grammes de fécule de pommes de terre,

5 grammes de sous-carbonate de soude pur et cristallisé, dans deux décilitres d’eau ,

et ajoutant ensuite la quantité d’eau nécessaire pour former un litre, dans lequel on ajoute 45o grammes de sel marin ordinaire et desséché. La liqueur étant saturée, on laisse déposer; la partie claire est la liqueur

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chlorométrique. Pour graduer son instrument, M. Houton- Labillardiére dissout dans un demi-litre d’eau 5 grammes de chlorure de chaux sec et pur, qu’il regarde comme entièrement soluble dans l’eau, et formé de

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Hydrate de chaux. .. . 47

Il verse dans cette dissolution de la liqueur d’épreuve, jusqu’à ce qu’il y ait coloration. La quantité de liqueur employée représente donc 100 centièmes de chlorure pur dans à grammes , et dès lors il devient extrêmement facile de déterminer en centièmes les quantités de chlorure de chaux pur contenues dans un chlorure donné (1).

CHLORURE DE MERCURE (photo-). Ce sel, qui porte aussi les noms de mercure doux, aquila alba , panacée mercurielle , calomélas , se prépare de plusieurs manières; soit en sublimant dans un matras un mélange de parties égales de mercure coulant et de deutochlorure de mercure ; soit en versant dans

(1) Voyez Journal de Pharmacie, tome xn.

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une dissolution de proto - nitrate acide de mercure, une dissolution de chlorure de sodium , jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; soit enfin par le procédé que l’on suit pour faire le deuto-chlorure , en ayant soin seulement de retrancher l’oxide de manganèse et une partie de l’acide sulfurique.

Le proto-chlorure de mercure est blanc , insipide, volatil, insoluble dans l’eau, brunissant par le contact de la lumière. Celui préparé par sublimation a toujours la forme de pains serai - orbiculaires, convexes d’un côté, concaves de l’autre, et représentant exactement la forme de la partie supérieure du matras qui a servi à le sublimer.

Pour l’ usage de la Médecine, on est dans l’habitude de le réduire en poudre fine, et l’on doit bien se garder de l’employer avant de l’avoir préalablement lavé, afin de le priver entièrement de la petite quantité de deuto-chlorure de mercure qui l’accompagne presque toujours. Pour cela, on le met dans une capsule de verre ou de porcelaine, et on le lave à plusieurs reprises, soit avec de l’eau distillée, soit avec une légère dissolution de muriate d’ammoniaque, on le jette ensuite sur un filtre et on le fait sécher à l’ombre.

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Afin de s’assurer si le proto - chlorure de mercure est bien pur et exempt de deutochlorure, on en traite environ 16 grammes par 64 grammes d’alcool rectifié, aidé d’une légère chaleur; on filtre la liqueur, on l’étend de son poids d’eau , et on l’essaie par l’eau de chaux, qui occasione un précipité rougeâtre dans le cas de la présence du deutochlorure. L’eau hydrosuif urée, que l’on peut encore employer comme réactif, détermine dans la liqueur ci-dessus un précipité noir.

Les Anglais , qui administrent le calomel dans un grand nombre de cas , et qui surtout l’emploient pour des frictions sub-linguales , le préparent, afin de l’avoir en poudre très ténue, en distillant du proto -chlorure de mercure dans une cornue de grès et en recueillant la vapeur dans un récipient contenant une certaine quantité d’eau que l’on porte à l’ébullition.

M. Henry fils , sous-chef à la Pharmacie centrale, a publié dans le Journal de Pharmacie 1822, une note relative à ce procédé, et il a décrit et donné la figure d’un appareil qui satisfait à toutes les conditions , et au moyen duquel on obtient un calomélas aussi pur et aussi divisé que celui des Anglais.

Le calomélas préparé par cette méthode est bien moins sujet que celui préparé par sublimation à contenir du deuto-ehlorure de mercure ; en effet, aussitôt que la vapeur mercurielle se trouve en contact avec la vapeur aqueuse, elle se dépouille du deuto-clilorure, qui reste en dissolution dans la liqueur surnageante.

Le calomélas est employé en Médecine comme purgatif, vermifuge et anti-sypliilitique. Il entre dans une infinité depréparations pharmaceutiques tant internes qu’externes.

CHLORURE DE POTASSE. Le chlorure de potasse, plus connu sous le nom iVeau de javelle y est une simple combinaison de chlore et d’oxide de potassium en solution dans l’eau. Les proportions à employer pour cette préparation, sont :

Peroxide de manganèse. . .. 5oo grammes;

Chlorure de sodium 655 grammes ;

Acide sulfurique à 66° iv,2oo grammes.

Le chlore produit doit être reçu dans xç litres d’eau tenant en dissolution alll,,o4o de sous-carbonate de potasse.

L’eau de javelle ne présente pas toujours

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la même couleur ; elle est tantôt blanche ou légèrement jaunâtre , tantôt d’un rose plus ou moins foncé. Cette couleur , qui est due à la présence du manganèse, et que le plus ordinairement on communique artificiellement au liquide en y dissolvant une petite quantité de manganésiate de potasse (caméléon minéral), n’ajoute ou n’enlève rien à ses propriétés; mais ce qu’il importe de connaître, c’est la cpiantité de chlore qu’il renferme. La manière de titrer le chlorure de potasse est exactement la même que pour le chlorure de chaux ou les dissolutions de chlore, et, ainsi que pour ces dernières, il faut que le liquide soit étendu d’une certaine quantité d’eau dont on tient compte.

Lorsqu’on opère avec soin sur les doses que nous avons indiquées plus haut, on peut obtenir, en employant du peroxide de manganèse pur, du chlorure de potasse cpii contienne plus de sept fois son volume de chlore (7,33 environ), puisque 5oo grammes de peroxide pur peuvent fournir ia5 litres de chlore gazeux à la température de o°, et sous la pression de om-,76. Ce chlorure de potasse devrait donc donner au chloromètre un titre de 73°, 3. Mais, pour pouvoir faire l’essai, il

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faudra ajouter à la dissolution i4 lois son volume d’eau pure, et multiplier par i5 le degré obtenu, puisqu’on aura agi sur un volume i5 fois plus considérable.

L’emploi du chlorure de potasse peut être le même que celui des chlorures de chaux et de soude; mais on l’applique plus particulièrement au blanchiment.

CHLORURE DE SODIUM , Sel marin. Ce sel existe en grande abondance et sous plusieurs états dans la nature, tantôt solide et à l’état fossile, le plus communément en dissolution dans l’eau de la mer et des fontaines salées. Le procédé qu’on emploie pour l’extraire des eaux où il se trouve en dissolution, consiste à les évaporer, soit à l’aide de la chaleur naturelle et des courans d’air, soit dani des chaudières au moyen du feu.

L’eau d’où l’on retire le chlorure de sodium tenant en même temps en dissolution divers autres sels, tels que des hydro-chlorates de chaux et de magnésie, une portion de ces derniers reste mélangée avec le sel marin et lui communique une saveur légèrement amère , et la propriété d’attirer l’humidité de l’air; mais, comme ils sont sans

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inconvéniens pour la santé , et que leur quantité est peu considérable, on a jusqu’à ce jour négligé de les séparer complètement (i).

Il n’en est pas de meme du sulfate de chaux, que certains marchands y ajoutent depuis quelques temps , en proportions variées. Cette fraude qui , en augmentant le poids du sel, a le triple avantage de lui donner un aspect plus blanc et de le faire paraître moins humide , se reconnaît aisément en versant de l’eau froide sur le sel , qui se dissout après deux ou trois lavages, et laisse intact le sulfate de chaux. Les échantillons que nous avons examinés nous ont offert 4^7 pour cent de ce sel calcaire.

Il est encore bon de faire connaître une substance qui , bien qu’elle ne soit pas ajoutée

(1) MM. Parkes et d’Eichihal viennent d’établir à Puteaux, près le pont de Neuilly , une raffinerie de sel marin , qui verse dans le commerce du sel blanc en gros grains, destiné à remplacer le sel gris dans les usages domestiques. Les succès qu’obtiennent chaque jour les produits de cette fabrique donnent lieu de croire que d’ici à quelque temps l’usage en deviendra général , et qu’ils, triompheront du préj ugé qui attribue au sel gris la propriété de saler davantage.

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