‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 27 sur 100 · CI1L · texte numérisé non relu

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à dessein au chlorure de sodium, pourrait, par suite d’un long usage , occasioner des accidens plus ou moins graves; nous voulons parler de l’iodure de sodium, qui y existe quelquefois en quantité assez notable pour qu’en y versant de l’acide sulfurique concentré , il s’en dégage une vapeur violette très apparente (i). C’est dans une circonstance semblable, et d’une manière tout-à-fait fortuite, que nous avons reconnu, pour la première fois, la présence de l’iodure de sodium dans le sel marin ; mais nous devons ajouter que cela n’a lieu qu’avec le sel qui provient du lessivage des soudes de vareck. Ce sel marin, qui est un des produits accessoires de l’extraction de l’iode, est recueilli et versé dans le commerce par ceux qui s’occupent en grand de la préparation de cette substance.

O11 peut reconnaître la présence de l’iode dans le sel marin, en traitant ce dernier par de l’alcool; ce liquide dissout l’iodure de so-

(i) M. Barruel, préparateur des cours de Chimie à la Faculté de Médecine, a aussi remarqué le même phénomène, et l’a consigné dans le Journal deChimie médicale, année 1828.

dium et une petite quantité de chlorure; on évapore la dissolution à siccité, on reprend le résidu par l’eau, et l’on a alors une dissolution d’hydriodate de soude. D’une autre part, on prend une solution limpide d’amidon , on y verse un peu de la dissolution saline , puis on y fait passer avec précaution quelques bulles de chlore (i). A mesure que ce gaz réagit sur l’hydriodate et met à nu une portion d’iode, on voit la liqueur se colorer en bleu , couleur qui provient de la combinaison de l'iode et de l’amidon, et qui devient d’autant plus intense, que la quantité d’iode mise à nu est plus considérable. Il ne faudrait cependant pas ajouter un excès de chlore, car il se formerait un chlorure d’iode, et la combinaison bleue serait détruite; pour la faire reparaître, il serait nécessaire d’ajouter une nouvelle quantité de la dissolution qui contient l’hydriodate de soude.

Pour séparer l’iodure de sodium et en déterminer la quantité, il faudra traiter le sel par de l’alcool comme précédemment. Après avoir repris par l’eau le produit de l’évapo-

(i) On peut, au lieu Je chlore gazeux, employer une solution du même gaz.

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ration de la dissolution alcoolique, on aura une liqueur qui contiendra l’hydriodate de soude, plus de l’hydro-clilorate de la même base, de l’hydro-chlorate de chaux, et une petite quantité d’hydro-chlorate de magnésie. Il faudra alors ajouter dans cette dissolution une suffisante quantité de sous-carbonate de soude pour décomposer tous les sels calcaires et magnésiens. On filtrera, on évaporera à siccité le liquide qui ne contiendra plus que de l’iodure et du chlorure de sodium. On traitera le résidu par l’alcool rectifié froid, qui ne dissoudra pas sensiblement de sel marin , et par une évaporation convenablement ménagée, on obtiendra des cristaux d’iodure de sodium.

Lorsqu’il s’agit de purifier le sel marin pour les usages domestiques ou pharmaceutiques, une dissolution et une cristallisation sont toujours suffisantes. L’hydriodate de soude et les autres sels étrangers restent en dissolution dans les eaux-mères , et l’on obtient un sel parfaitement blanc qui ne contient plus que des traces d’hydro-chlorate de chaux et d’hydro-clilorate de magnésie. Lorsqu’on le destine aux usages de la Chimie , il faut y verser du sous-carbonate de soude en disso-

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lution jusqu’à précipitation complète de la chaux et de la magnésie , filtrer la liqueur et

la faire évaporer.

CHLORURE DE SOUDE. Le chlorure de soude, dont l’usage a été introduit dans ces derniers temps dans la pratique médicale , et qui jouit de propriétés tout-à-fait semblables à celles des chlorures de chaux et de potasse, se prépare absolument de la même manière, en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution de sous -carbonate de soude marquant 12° à l’aréomètre.

D’après M. Labarraque > son état de saturation en chlore doit être tel, qu’un volume de ce liquide puisse décolorer dix-huit volumes d’une dissolution d’indigo faite dans les proportions suivantes :

Indigo

Acide sulfurique. . .

î partie; 6 parties ;

. gg3 parties.

Eau

Mais il est évident qu’en raison de la qualité variable de l’indigo dans le commerce , ce mode d’essai ne saurait fournir des évaluations toujours comparables. Il conviendra donc, toutes les fois que l’on voudra recort-

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naître le vrai titre d’une dissolution semblable, de l’essayer par le procédé que nous avons donné à l’article Chlorure de chaux.

On prépare aussi quelquefois le chlorure de soude, en décomposant le chlorure de chaux en dissolution par le sous-carbonate de soude; et si l’on a eu soin de titrer à l’avance le chlorure de chaux, on saura facilement le titre du chlorure de soude en tenant compte de la quantité d’eau.

Le chlorure de soude étendu de 12 à 20 parties d’eau est fréquemment employé pour laver les plaies gangrénées et les ulcères cancéreux, et peut servir en général, comme le chlorure de chaux, à tous les genres de désinfection.

CHOCOLAT. Le chocolat est une préparation alimentaire faite avec des amandes de cacao torréfiées, du sucre et certains aromates. Son origine est fort ancienne; car les Espagnols en trouvèrent l’usage établi au Mexique, lors de la conquête de cette contrée. De là il se répandit successivement sur toutes les parties du continent européen.

La manière de préparer le chocolat varie suivant le pays : celui d’Espagne est légère-

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ment torréfié, peu sucré et très aromatisé; celui d’Italie est fortement torréfié et peu sucré.

Le procédé pour préparer le chocolat en France consiste à torréfier le cacao, à séparer l’amande du germe et de l’arille, à le piler dans un mortier de fonte chauffé à cet effet. Lorsque le cacao est réduit, par la percussion prolongée, en une pâte molle, on y incorpore les deux tiers du sucre qui doit entrer dans la composition du chocolat; et, quand la masse est bien homogène, on la broie sur une pierre de liais avec un cylindre d’acier. Lorsqu’elle est réduite en pâte très fine, on y incorpore le reste du sucre que l’on a pulvérisé et qu’on a mêlé aux aromates. On divise ensuite la pâte par portions du poids de 4 ou 8 onces, que l’on met dans des moules de fer-blanc. Pour préparer un chocolat de bonne qualité, on emploie trois parties de cacao maragnan, deux parties de cacao caraque et une quantité de sucre égale en poids à celle du cacao.

Un grand nombre de marchands infidèles , poussés, soit par l’appât d’un gain plus considérable , soit afin d’attirer les consommateurs par le bon marché, ajoutent au chocolat

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de la farine de riz on de la fécule de pomme de terre, qui n’en changent que peu la saveur, et qu’une incorporation exacte empêche de reconnaître à la simple vue. Mais lorsqu’on prépare ce chocolat à l’eau, on s’en aperçoit facilement, en ce qu’il s’épaissit à un tel point, que, par le refroidissement, il finit par se prendre en gelée. On remarque aussi que , pendant l’ébullition , il laisse dégager une odeur de colle cuite.

Quelques fabricans font encore subir au chocolat une autre altération , ils en séparent le beurre de cacao en exposant le cacao broyé sur des pierres inclinées fortement chauffées, lui redonnent ensuite le liant qu’il a perdu en y ajoutant des corps gras, tels que du suif de veau , de l’huile d’amandes douces , ou des amandes elles-mêmes ; mais la rancidité que contracte bientôt ce chocolat est un indice manifeste de cette supercherie.

On conçoit aisément que des individus assez peu délicats pour introduire dans le chocolat des substances étrangères ne soient pas plus scrupuleux sur l’emploi des aromates ; aussi remplacent-ils journellement la vanille par du storax calamite, du benjoin ou du baume de ïolu , ou , ce qui ne vaut pas

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