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macie pour préparer certaines gelées médicinales; elle entre dans la composition de la tisane de Feltz, etc. Dans les arts, son plus grand usage est pour clarifier la bière (i).
(i) La Société d’Encouragement ayant proposé, il y a quelques années, un prix de 2000 fr. pour celui qui trouverait une substance susceptible de pouvoir remplacer la colle de poisson dans tous ses usages, M. Poyen fut chargé par le Comité des arts chimiques , d’examiner un mémoire et des échantillons envoyés au concours par M. Grenet. Dans le rapport qu’il lut à la Société, il fit remarquer que la gélatine de ce fabricant , quoique possédant la plupart des propriétés de l’ichtyocolle , ne pouvait cependant pas clarifier la bière. Cette particularité engagea M. Payen à faire quelques essais sur la clarification de cette boisson , et il ne tarda pas à s’apercevoir que , dans cette opération , la manière d’agir de la colle de poisson était pour ainsi dire mécanique. En effet, si l’on fait détremper cette substance dans l’eau froide pendant 36 heures et qu’on la malaxe entre les doigts, on voit qu’elle est formée de fibres droites , nacrées , qui finissent par se disséminer dans le liquide , et qui ont la propriété de se contracter quand elles sont en contact avec la bière ; elles forment ainsi un réseau qui se resserre de plus en plus , dont le liquide est forcé de traverser les mailles et dans lequel il dépose les impuretés qu’il contient.
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INDIGO. L’indigo est une matière tinctoriale bleue que Fou extrait de plusieurs espèces (Tindigofera , plantes de la famille des légumineuses, que l’on cultive particulièrement dans F Amérique septentrionale, aux Antilles, au Brésil, au Bengale, à Java, sur la côte de Coromandel , à File - de- F rance, etc.
C’est de toutes les substances que l’on trouve dans le commerce la plus difficile à bien connaître. Elle présente une infinité de nuances qui font varier son prix dans une très forte proportion et qui ne sauraient être décrites avec précision; elles ne peuvent être saisies que par un œil extrêmement exercé.
L’indigo est quelquefois en masses tout-àfait irrégulières, d’autres fois en masses cubiques, d’une couleur qui varie entre le bleu, le bleu-violet, le bleu-cuivré et le bleu-noirâtre. Sa saveur est nulle, son odeur est toute particulière, mais elle est peu appréciable à froid sur de petites quantités ; elle devient très sensible, au contraire, lorsqu’on le chauffe au point de le volatiliser.
L’indigo est insoluble dans l’eau, soluble en très petite quantité dans l’esprit-de-vin, très soluble dans l’acide sulfurique concen-
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4:ré, auquel il communique la couleur bleue qui lui est propre. Cette dissolution, qu’on connaît sous le nom de bleu cle composition , de bleu en liqueur , de sulfate d indigo , est très facilement décolorée par le chlore et le chlorure de chaux. L’acide nitrique attaque l’indigo et le détruit promptement ; soumis à l’action de la chaleur, il se sublime en partie sous forme de vapeurs pourpres qui, parleur condensation, donnent lieu à de petites aiguilles brillantes, d’une couleur cuivrée. Ces aiguilles constituent la matière colorante pure qui a reçu le nom dindigotme. Le résidu de cette sublimation est une matière charbonneuse qui, après une calcination complète, laisse un résidu plus ou moins considérable d’oxide de fer et de substances terreuses.
Les diverses espèces d’indigo se désignent par les noms des pays d’où on les retire. Les , plus répandus dans le commerce' sont ceux de Caraque, de Guatimala et du Mexique, parmi les indigos d’Amérique. Les indigos du Bengale sont particulièrement recherchés, et les plus employés de tous ceux qui nous viennent de l’Inde.
Les indigos Guatimala et Caraque se divisent en plusieurs sortes, que l’on désigne dans
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leur ordre de valeur par les noms iXçflor, sobre et corte ; ainsi, de l’indigo flor indique la première sorte de l’indigo Guatimala ou Caraque. Chacune de ces trois sortes se subdivise ensuite en plusieurs nuances que l’on désigne encore par des noms particuliers; ainsi, il y a le flor supérieur, le flor ordinaire, etc.
Les indigos Caraque et Guatimala sont toujours en morceaux irréguliers. Le dernier, qui est encore très estimé, a été regardé pendant long-temps comme supérieur à toutes les autres espèces (i). Les premières qualités présentent une pâte fine, égale, d’une belle nuance bleue, légère, tendre, percée de quel-
(i) La qualité de l’indigo dépendant surtout des soins apportés à sa préparation , on ne doit pas regarder cette influence de localité comme absolue. C’est ainsi, par exemple, que les indigos du Bengale, qui étaient à peine connus dans le commerce il y a une vingtaine d’années , sont venus se placer au premier rang parmi les meilleures qualités. C’est ce qui arrivera probablement aussi pour les indigos d’Égypte, et nous voyons chaque jour s’améliorer certaines espèces d’indigos , tels que les Coromandel et plusieurs autres qui étaient connus pour être de mauvaise qualité.
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ques petits trous et acquérant une belle nuance cuivrée lorsqu’on la frotte avec l’ongle. L’indigo Caraque présente à peu près les memes caractères, mais sa pâte est en général plus percillée. L’indigo du Mexique se place entre ces deux espèces. L’indigo Bengale est toujours en morceaux ou pierres cubiques , qui ont généralement de 2 à 3 pouces de côté. Il porte quelquefois sur l’une de ses faces une empreinte particulière, qui est la marque du fabricant; il présente un grand nombre de nuances, qui varient entre le bleu et le bleu rougeâtre, avec un reflet cuivré, et qui passent de l’une à l’autre par des différences insensibles.
Les principales nuances auxquelles on rapporte toutes les qualités d’indigo Bengale sont le bleu, le violet, le rouge et le cuivré. Les trois dernières dénominations n’indiquent point une couleur absolue, mais seulement une modification dans la couleur principale. L’indigo de la nuance bleue se divise en bleu flottant ou bleu surfin , fin bleu, fin bleu léger et bleu ordinaire. Les autres nuances sont aussi subdivisées d’une manière analogue.
Les personnes qui font le commerce de l’indigo s’en rapportent uniquement à leur
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coup d’œil pour juger de sa qualité; mais, comme nous l’avons déjà fait observer, cette appréciation est extrêmement difficile , et les marchands mêmes les plus exercés ne peuvent juger que par comparaison, et sont obligés d’avoir constamment sous les yeux un ou plusieurs échantillons d’une nuance déterminée, auxquels ils rapportent ceux qu’ils veulent classer.
Des imperfections que présente e’indigo.
La première de toutes consiste dans la grande quantité de menus ou de grabeaux que l’on trouve dans beaucoup de caisses, et qui provient en général de ce que la pâte de l’indigo est trop sèche et trop friable.
Il arrive quelquefois que, sans être brisés tout-à-fait , les morceaux présentent des crevasses profondes; on dit alors que la pâte est écartelée. O11 dit que l'indigo est crasseux , lorsqu’il présente à sa surface une croûte noirâtre ou verdâtre; et qu’il est brûlé , lorsqu’on aperçoit dans sa cassure des places noires, ou de mauvaise couleur. On appelle venteux l’indigo dont la pâte offre des boursouflures ou de petites cavités qui sont en général blanches à l’intérieur, probable-
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ment en raison d’une légère couche de moisissure.
L’indigo rubané est celui qui est composé des couches de diverses nuances. Quand il présente des points blancs nombreux, on l’appelle piqueté. Il n’est pas rare de rencontrer de l’indigo qui contienne du sable; dans ce cas, si l’on en brise un morceau et qu’on place la cassure entre l’œil et la lumière, on aperçoit facilement de très petits points brillants, qui sont les grains de sable eux-mêmes. Enfin, on regarde comme de basse qualité les indigos qui possèdent une pâte dure, sèche et d’une couleur sombre. Dans tous les cas , on doit toujours, lorsqu’on achète de l’indigo, éviter avec le plus grand soin la poussière et le menu, qu’en terme de commerce on nomme la pousse , parce que c’est à la faveur de cette poussière que les fraudeurs parviennent à y introduire du sable, de la terre, de l’ardoise pilée et autres substances semblables.
Essai de l’indigo. On reconnaît en général le sable ajouté à l’indigo, au dépôt que laisse ce dernier, lorsqu’après l’avoir dissous dans l’acide sulfurique , on étend d’eau la dissolu-
tion. Mais le moyen le plus simple de reconnaître toutes les substances terreuses contenues dans l’indigo, serait d’en calciner une portion. On brûlerait ainsi la matière colorante, et le poids du résidu indiquerait celui des matières terreuses. Les matières terreuses ne sont pas les seules que l’on puisse mélanger à l’indigo, et il est impossible de donner un mode d’analyse générale et applicable à tous les cas. On pourrait, il est vrai, retourner le problème et déterminer, non pas la nature et la quantité des matières étrangères contenues dans l’indigo , mais bien la quantité d’indigo elle-même. Mais nous ferons observer, relativement à ce mode d’essai, que la quantité d’indigo contenue dans un échantillon n’est pas toujours en rapport avec le produit que l’on en obtient en teinture et surtout avec sa valeur réelle; ce qui dépend de plusieurs causes, i° de la nuance même de l’indigo qui, indépendamment de son intensité, constitue en partie sa valeur; 20 de ce que l’indigo essay é peut avoir éprouvé un commencement d’altération tel qu’une portion se détruise à l’emploi; 3° enfin, de ce que les matières étrangères 11e sont peut-être en partie qu’une modification de l’indigo lui-même, qui
se régénère ensuite par les opérations de la teinture. Ainsi, la quantité d’indigo contenue dans un échantillon ne saurait servir seule pour en fixer la valeur. Nous ne nous arrêterons donc pas, d’apres les motifs que nous venons d’exposer, à faire connaître les divers procédés que l’on a proposés pour déterminer la quantité d’indigotine (indigo pur) contenue dans un indigo quelconque, procédés que l’on trouvera d’ailleurs décrits avec détails dans les ouvrages de Chimie.
Nous citerons seulement, à l’occasion de la question que nous traitons ici, l’opinion d’un savant qui s’est livré particulièrement à ce genre de recherches. M. Chevreul, directeur des teintures aux Gobelins, dit dans une note que nous extrayons textuellement du Dict. Technologique , XIe vol., pag. 219: «Je » ne connais point de procédé qui puisse » seul être employé pour déterminer la va- » leur respective des indigos du commerce; » aussi, toutes les fois que j’ai à en essayer, a je les soumets à quatre épreuves. Je com- * mence,dans tous les cas, par les sécher » à la température de ioo°. Ils perdent, » en général, par ce moyen, de 3,5 à 5,5 « pour 100.
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