‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 6 sur 100 · CYANIQUE · texte numérisé non relu

CYANIQUE

ACIDE SUCCINIQUE , Sel volatil de succin. L’acide succiniquc paraît exister tout formé dans le succin ; il s’obtient en soumettant cette substance à la distillation dans une cornue de grès ou de verre : une partie de l’acide se sublime , et vient se condenser

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dans le col de la cornue. Pour l’obtenir à l’état de pureté, on traite par l’eau bouillante tout le produit de la distillation. Ce liquide dissout l’acide succinique; on le décante pour le séparer de l’huile de sucein qui surnage, et on le sature par la potasse ou la soude. Lorsque le succinate est formé , on le décolore en le faisant bouillir avec du noir animal purifié; on filtre, et l’on décompose ensuite le succinate alcalin par du nitrate de plomb : il en résulte du succinate de plomb , qu’on lave et qu’on décompose par un courant de gaz hydrogène sulfuré. Le plomb est précipité à l’état de sulfure , et l’acide succinique est mis en liberté. On fait évaporer la liqueur qui le contient, et on l’obtient alors pur et cristallisé. En cet état, il est blanc, demi - transparent , et rougit fortement le tournesol; sa saveur est légèrement âcre; il cristallise en prismes; il est plus soluble à chaud qu’à froid dans l’eau et dans l’alcool.

L’acide succinique , en raison de la petite quantité qu’on en obtient, est toujours d’un prix fort élevé. Celui que l’on nous expédie d’Allemagne ou de Suisse est un produit falsifié; ce n’est que du sulfate acide de potasse imprégné d’une petite quantité d’huile de succin.

Selon d’autres auteurs, on le falsifie aussi quelquefois avec de l’oxalate ou du tartrate acide de potasse ; mais ces diverses falsifications peuvent se reconnaître par plusieurs moyens faciles: d’abord, en traitant l’acide que l’on soupçonne par quatre à cinq parties d’alcool rectifié, qui dissout l’acide succinique , et donne les sels étrangers pour résidu.

Si les acides tartrique et oxalique ont servi à allonger l’acide succinique, on découvre facilement leur présence en versant dans une solution saturée de cè faux acide une solution concentrée d’hydro-chlorate de potasse, qui bientôt détermine dans les deux cas un précipité grenu , cristallin d’oxalate ou de tartrate acide de potasse.

Suivant Ebermayer (i) , l'acide succinique est encore sujet à quelques autres falsifications ; mais elles nous ont paru si peu probables, que nous avons négligé de les rapporter.

Le principal emploi de l’acide succinique

(i ) Manuel des pharmaciens et des droguistes , traduit de l’allemand , par MM Kapelèret C.avenlou , année 18a i.

est , comme réactif , à l’état de succinate d’ammoniaque. Klaproth est le premier qui ait reconnu à ce sel la propriété d’isoler complètement le fer du manganèse. L’acide succinique forme avec le premier de ces métaux un sel insoluble , et un sel soluble avec le second.

ACIDE SULFURIQUE. L’acide sulfurique du commerce est un liquide incolore, d’une consistance oléagineuse, réfractant fortement la lumière , sans odeur, d’une saveur excessivement caustique, d’une pesanteur spécifique de 1,842 , entrant en ébullition sous la pression de om,76, à la température de 3 26® centigrades; il décompose sur-le-champ les substances organiques avec lesquelles on le met en contact , et se colore en brun.

L’acide sulfurique contient souvent des substances étrangères, qui proviennent, soit d’un vice de fabrication , soit de l’altération qu’il éprouve après sa préparation. Ainsi , il arrive quelquefois que l’acide sulfurique, par suite de son exposition à l’air ou d’une trop faible concentration , contient une quantité d’eau plus grande que celle qui devrait réeL lement y exister. Il a alors une consistance

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plus fluide et une pesanteur spécifique moindre que celle que nous avons indiquée. On reconnaît d’ailleurs facilement cette altération à l’aide de l’aréomètre : l’acide sulfurique le plus concentré, tel qu’on doit le vendre dans le commerce , marque 66° à l’aréomètre de Baume , et il s’éloigne d’autant plus de ce terme qu’il contient plus d’eau.

On trouve dans le tableau ci-après , dû aux expériences de M. Vauquelin , le rapport qui existe entre les quantités d’eau ajoutées à l’acide sulfurique, sa pesanteur spécifique et son degré à l’aréomètre de Baume.

Lorsqu’on veut obtenir, avec cet acide sulfurique étendu d’eau, de l’acide à 66°, il suffit de le chauffer convenablement dans une cornue de verre : l’eau étant beaucoup plus volatile que l’acide , passe la première à la distillation, entraînant une petite quantité d’acide, et le résidu n’est plus que de l’acide sulfurique très blanc à 66°.

L’acide sulfurique se présente souvent avec une teinte brune noirâtre, qu’il doit ordinairement à la décomposition de quelques petites portions de matières organiques, avec lesquelles il s’est trouvé acciden-

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tellement en contact. Cette altération ne peut avoir aucune conséquence fâcheuse, lorsque d’ailleurs l’acide a le degré exigé. On peut toujours facilement lui enlever cette couleur en le chauffant, soit seul, ou mieux encore après y avoir ajouté quelques gouttes d’acide nitrique; mais, dans ce cas, il convient de chauffer assez long-temps, pour être certain que tout l’acide étranger est dégagé.

L’action des matières organiques sur l’acide sulfurique, non-seulement en change la couleur, mais y développe de l’acide sulfureux , que l’on reconnaît à son odeur , et dont on le débarrasse également en le chauffant.

Les substances étrangères dont la présence dans l’acide sulfurique peut offrir des inconvéniens plus graves, sont les acides nitrique et nitreux , qui détruisent l’indigo avec une grande facilité, et peuvent par conséquent occasioner des pertes considérables lorsque l’acide sulfurique doit être employé à la dissolution de cette matière colorante. En général , ces deux acides ne peuvent exister que dans de l’acide sulfurique qui n’a point été amené au degré de concentration convenable; car la chaleur nécessaire pour y arri-

ver ne permet pas de supposer qu’ils eussent pu y résister sans se volatiliser; cependant l’acide nitrique peut quelquefois aussi avoir été ajouté dans l’intention de blanchir de l’acide concentré et coloré par des matières organiques. On reconnaît les deux acides nitrique et nitreux aux vapeurs rouges qui se manifestent lorsqu'on chauffe l’acide sulfurique qui en contient; et c’est en portant ce dernier à l’ébullition qu’on parvient à les séparer entièrement.

Enfin, la substance qui se trouve le plus fréquemment, on peut meme dire toujours , dans l’acide sulfurique du commerce, est ie sulfate de plomb, en très petite quantité il est vrai, mais cependant assez considérable poux être rendue sensible dans plusieurs circonstances. C'est à la présence de ce sel qu’est dû le précipité blanc que l’on obtient par le mélange de l’acide sulfurique avec l’eau ou l’alcool. On reconnaît le sulfate de plomb à la teinte brune que prend l’acide sulfurique qui en contient, lorsqu’après l’avoir étendu d’eau on y verse quelques gouttes d ’ hy d r o -su 1 fa t e d ’am m o n ia que .

On le sépare au moyen de la distillation , et il reste dans la cornue sous forme d’en-

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duit blanchâtre; mais ce 11’est jamais que lorsque l’acide sulfurique est destiné à être employé comme réactif qu’il est nécessaire de l’obtenir à cet état de pureté absolue.

S’il existait dans l’acide sulfurique quelques autres substances métalliques, elles ne pourraient s’y rencontrer que par accident, et seraient reconnues chacune aux caractères qui leur appartiennent, et qu’il n’entre pas dans notre plan de rapporter ici. Quant au fer, il est beaucoup plus rare dans l’acide sulfurique qu’on ne le suppose communément. En effet, lorsque l’acide sulfurique concentré contient une petite quantité de fer au minimum d’oxidation , il prend une teinte rouge très prononcée, comme l’ont observé depuis long-temps MM. Bussy et Lecanu ; cette nuance se manifeste meme avec des quantités de fer extrêmement petites. Ces chimistes ont également démontré , dans la même note (Journal de Pharmacie , année 1 8a 5) , que le sulfate de fer au maximum était très peu soluble dans l’acide sulfurique concentré. Cependant, si l’on voulait s’assurer de sa présence au moyen de l’hydro -cyanate ferruré de potasse, on devrait y verser une goutte ou deux de ce réactif; mais il fau-

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cirait apporter quelques précautions dans la manière de faire l’expérience. Il serait nécessaire d’abord d’étendre l’acide de beaucoup d’eau ; car sans cela on aurait toujours un précipité, non pas bleu, mais blanc, que l’acide contînt du fer ou non. Dans le deuxième cas , le précipité est dû à une portion du sel de potasse qui se sépare de sa dissolution ; dans le premier, ü est dû à un mélange de ce même précipité avec du bleu de Prusse déshydraté et ramené à l’état de prussiate blanc par l’action de l’acide sulfurique concentré.

De plus, lorsqu’on essaie de l’acide sulfurique pour y reconnaître la présence du fer par l’hydro-cyanate ferruré de potasse, il faut, pour pouvoir prononcer affirmativement, cpie la couleur bleue se manifeste de suite ; car il serait possible que , par la réaction de l’acide sulfurique sur le sel de potasse , une portion de l’acide de ce dernier fût mise à nu, que le fer qu’il contient s’oxidât par son contact avec l’air, et se convertît en bleu de Prusse, sans pour cela qu’il existât de fer dans l’acide sulfurique essayé.

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Tableau des densités de l'acide sulfurique , correspondantes à des proportions d’eau déterminées.

Parties

d’acide

Parties

d’eau.

Pesanteurs

spécifiques.

Degré à

l’aréomètre

de Baumé.

ACIDE TARTRIQUE. L’acide tartrique se prépare en décomposant le tartrate acide de potasse par le sous-carbonate de chaux, de manière à se procurer d’abord du tartrate de chaux, que l’on décompose ensuite par l’acide sulfurique. C’est en raison de ce mode de préparation que l’acide tartrique retient souvent une petite quantité d’acide sulfurique, que, dans tous les cas, il est bon de pouvoir reconnaître et isoler. On y parvient-

dra facilement en opérant comme nous l'avons indiqué à l’article Acide citrique . (V . ce mot.)

AGARIC DE CHENE, Bolet amadouvier.

L’agaric de chêne, boletus igniarius , boletus ungulatus , de Bulliard , est une excroissance fongueuse , qui prend naissance sur les troncs des chênes et autres arbres de nos forêts. Afin de le rendre propre aux usages auxquels on le destine, on le prive de son écorce, qui est très dure, et on le bat fortement, en tous sens, sur un billot avec un maillet de bois ; il acquiert alors un moelleux et une souplesse qui font sa principale qualité. Ainsi préparé, il est employé, en Chirurgie, pour arrêter les hémorrhagies occasionées par les piqûres de sangsues.

L’amadou ordinaire, qui n’est que ce même agaric , trempé , à plusieurs reprises , dans une dissolution de nitrate de potasse, et séché ensuite, est quelquefois substitué à l’agaric de chêne pour l’usage indiqué ci-dessus; mais son emploi n’est pas toujours exempt d’inconvéniens , dont le moindre est souvent de déterminer une légère inflammation autour des piqûres. Ils sont, au reste, faciles

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à distinguer l’un de l’autre : l’amadou, lorsqu’on le brûle, donne lieu à des scintillations accompagnées d’un petit bruit , occasioné par la présence du nitrate de potasse, tandis que ces phénomènes ne se manifestent pas dans la combustion de l’agaric de chêne.

ALCOOL, Alcool absolu. L’alcool, dans son état de pureté, est un liquide incolore transparent, odorant, dont la pesanteur spécifique est de 0,79235 à la température de i7°,88 [Gaj-Lussac) , d’une saveur chaude, piquante, entrant en ébullition à 780,41? sous la pression de om,7Ô, très inflammable, sans action sur le papier et la teinture de tournesol , miscible à l’eau en toutes proportions.

On obtient l’alcool pur en distillant l’alcool du commerce, qui est un mélange d’eau et d’alcool absolu, sur les corps très avides d’humidité , tels que le chlorure de calcium, l’acétate de potasse, etc. (1). Suivant M. Stratingh, l’alcool rectifié sur le chlorure de calcium renferme toujours une petite quantité de chlore, probablement à l’état

(1) Voyez Thénard, Chimie élémentaire.

d’éther hydro-chlorique. Celui que l’on rectifie sur l’acétate de potasse contient ordinairement de l’éther acétique (i); mais l’altération la plus fréquente qu’on y observe est celle qui résulte de la présence d’une certaine quantité d’eau, qui provient , soit de ce que l’alcool n’a pas été bien rectifié, soit de son exposition à l’air.

Lorsqu’on veut reconnaître si de l’alcool contient de l’eau, on y parvient en mettant un morceau de baryte caustique en contact avec le liquide : s’il ne renferme pas d’eau , la baryte n’éprouve aucune altération ; dans le cas contraire, on la voit blanchir, s’hydrater et tomber en poussière. Ce phénomène se présente avec d’autant plus d’intensité que la quantité d’eau est plus considérable. Indépendamment de ce caractère , qui est très facile à reconnaître, il y a encore ceux tirés de la pesanteur spécifique et

(i) Comme l’alcool absolu n’est guère employé que pour des recherches de Chimie assez délicates, qui supposent, dans ceux qui s’en occupent, des connaissances étendues, nous pensons qu’il suffit d’indiquer la possibilité de ces altérations, pour prévenir les erreurs que pourrait occasioner son emploi

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du point d’ébullition, cpii augmentent l’un et l’autre en raison de la quantité d’eau que l’on ajoute à l’alcool.

ALCOOL DU COMMERCE. L’alcool du commerce comprend les liquides que l’on désigne communément sous le nomd’wjyn'^, tels que les esprits de vin, de pomme de terre, de fécule, de grains, etc., et qui marquent en général de 26 à 37° au pèse-liqueur. Tous ces divers liquides sont formés essentiellement d’alcool absolu etd’eau en proportions variables, et contiennent accidentellement de petites quantités d’huiles volatiles odorantes , auxquelles ils doivent les propriétés qui les distinguent entre eux, telles que leurarôme, leursaveur particulière, etc. Avant que l’art de la distillation eût fait les progrès qui l’ont porté au point de perfection où il est arrivé de nos jours, l’alcool présentait de très grandes différences, suivant les substances dont on le retirait, parce qu’on ne parvenait pas à le dépouiller entièrement des matières étrangères avec lesquelles il était combiné. Actuellement on peut obtenir des alcools de grains, de pomme de terre , de fécule, de marc, assez bien rectifiés et as-

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sez purs pour être employés sans inconvénient à tous les usages, si ce n’est à la préparation de quelques liqueurs de table et de quelques médicamens, parce que, bien que ces alcools soient dépouillés de substances étrangères , ils n’offrent jamais ce bouquet particulier que possède l’esprit-de-vin, qui est dû sans doute lui-même à une matière qui lui est propre, et qui influe sur la qualité des liqueurs que l’on prépare.

De l’odetir particulière a certains alcools. Il est des alcools qui, par suite d’une mauvaise préparation ou par toute autre cause, possèdent une odeur désagréable, qui doit les faire rejeter à juste titre; mais rarement cette odeur est assez forte pour couvrir celle de l’alcool , et, dans ce cas, elle est difficile à reconnaître, et ne peut être saisie que par des personnes exercées à juger de la qualité de cette substance ; mais, à l’emploi, l’odeur se développe, et donne souvent des produits de fort mauvaise qualité.

On peut rendre sensible l’odeur étrangère à l’alcool en lui ajoutant une forte proportion d’eau. O11 fait de cette manière disparaître l’odeur fragrante de l’alcool, et l’on

met à nu celle qui est due à la substance étrangère. En mélangeant ainsi l’alcool avec dix ou douze fois son volume d’eau, on voit souvent la liqueur blanchir, devenir louche et opalescente, par l’interposition de l’huile odorante qui se sépare de l’alcool à mesure que celui-ci se combine avec l’eau (i).

On peut aussi mettre un peu d’alcool dans l’intérieur de la main, et en faciliter l’évaporation en frottant les deux mains Tune contre l’autre. L’huile, étant moins volatile, reste à la surface de la peau, et manifeste sa présence par son odeur.

Enfin, on pourrait encore reconnaître la présence, non-seulement de l’huile, mais de toutes les matières étrangères organiques dissoutes dans l’alcool en quantité un peu no-

(i) Le plus ordinairement cette huile préexiste dans la matière d’où l’on retire l’alcool ; cependant il n’est pas douteux cpie, dans plusieurs cas, l’odeur tient à une huile empyreumatique qui se forme pendant la distillation, et plusieurs chimistes pensent même que , dans l’acte de la fermentation qui transforme certaines substances en alcool, il se forme aussi une huile odorante qui indue sur la qualité de ce produit.

table, en le mélangeant avec son volume d’acide sulfurique très concentré. L’acide agit sur les substances étrangères, les charbonne, et la liqueur prend une teinte brune très sensible; mais il faut, comme nous l’avons dit, que les matières étrangères soient en quantité assez considérable. D’une autre part, si l’on mettait une quantité trop forte d’acide, ou que l’on chauffât la liqueur, il pourrait également se produire une teinte brune, mais qui serait due à la réaction de l’acide sulfurique sur l’alcool lui-même. Ainsi, à tous égards, les moyens que nous avons indiqués précédemment sont préférables. Il est bien évident que si l’on supposait dans l’alcool la présence d’une matière non volatile, saline ou autre, il suffirait, pour la séparer, de distiller le mélange au bain-marie.

De la quantité d’eau contenue dans l’alcool, LT DE LA MANIÈRE DE LA DETERMINER. La

présence de l’eau dans les alcools du commerce ne peut certainement pas être considérée comme une falsification, puisque tous ces alcools, jusqu’aux eaux-de-vie les plus faibles, sont des mélanges naturels d’eau et d’alcool pur, et qu’il n’est aucun moyen cer-

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tain de reconnaître le mélange naturel de celui qui aurait été fait artificiellement.

Mais s’il n’est pas possible de s’assurer si de l’eau a été ajoutée frauduleusement à de l’alcool, il est au moins toujours possible de déterminer quelle est la quantité d’eau qu’il renferme, qu’elle ait été ajoutée ou non; et c’est là ce qu’il importe réellement de connaître, parce que c’est ce qui détermine l’emploi que l’on peut faire de l’alcool, le prix que l’on doit y mettre, et que c’est aussi la cause la plus ordinaire de toutes les fraudes et de toutes les contestations dont ce genre de commerce est susceptible.

On a plusieurs moyens pour déterminer, d’une manière absolue ou comparative, la quantité d’alcool et d’eau contenue dans les mélanges. Ceux qu’on emploie plus communément sont fondés sur ce que la densité de l’alcool augmente avec la quantité d’eau qu’on lui ajoute , et qu’à chaque densité prise à une température donnée correspond une quantité déterminée et unique d’alcool. Ainsi , pour reconnaître la quantité d’alcool contenu dans un mélange, il suffira de prendre sa pesanteur spécifique, et de chercher à quelle proportion d’alcool elle cor-

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respond, ce à quoi on peut arriver en consultant les tables ci-jointes, dressées d’après l’expérience. La seule difficulté consiste donc à prendre la pesanteur spécifique de la liqueur à la température de io° Réaumur, 12° centigrades, pour laquelle les tables ont été dressées; cette opération est une des plus simples que l’on puisse exécuter. Il suffira d’avoir pour cela un flacon bouché à l’émeri, d’une capacité connue (i) , de le sécher exactement à l’intérieur et à l’extérieur, puis de le remplir complètement avec l’alcool dont on veut prendre la densité, de replacer le bouchon, etd'essuyer de nouveau le flacon avec d u papier joseph, enfin de le peser exactement dans une bonne balance : la différence du poids obtenu, avec celui du flacon vide, fera connaître le poids de l’alcool. On divisera alors le poids de l’alcool, par celui de l’eau distillée à zéro, que peut contenir le flacon, et l’on aura la pesanteur spécifique, cherchée,

(i) On trouve chez M. Collardcau , rue de la Cerisaie, n° 3, et chez les fabricans d’instrumens de Physique et de Chimie, des flacons d’une capacité connue , destinés à prendre la densité des liquides.

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et, par suite, la quantité d’alcool contenue dans le liquide.

Supposons, par exemple, que le flacon puisse contenir un demi-décilitre, c’est-àdire 5o millilitres, et que le poids de 5o millilitres d’alcool pris avec les précautions et l’exactitude convenables, soit de 45gvara',2 7 : la pesanteur spécifique de cet alcool sera

exprimée par 0,9054. Le nombre 5o

représente ici le poids de l’eau distillée à o°que le flacon serait susceptible de contenir (i).

Maintenant, si l’on cherche dans la table à la colonne des poids spécifiques, on voit que le nombre 0,9054 correspond à un mélange d’alcool et d’eau qui serait composé de 100 parties en volume d’alcool et de 47,01 d’eau.

(1) Le gramme est précisément le poiàs'd’un millilitre, ou d’un centimètre cube d’eau distillée à zéro ; de sorte qu’il suffit de connaître la capacité du flacon pour avoir immédiatement la quantité d’eau qu’il peut contenir en poids.

ALC

Tableau de la pesanteur spécifique de divers mélanges d'alcool et d’eau , avec T indication des degrés de Cartier et de Baumé auxquels ils correspondent, et les variations qu éprouvent ces indica lions pourchaqu e différence de température de i° Réaumur.

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