‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 7 sur 100 · OO · texte numérisé non relu

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Du pèse-liqueur. Le pèse-liqueur ordinaire dont on s’est servi jusqu’à ce jour, est un instrument connu de chacun, et dont nous nous dispenserons de faire la description. Il sert a faire connaître si un liquide spiritueux est plus ou moins dense qu’un autre, et par conséquent s’il contient moins ou plus d’alcool (i); mais il n’offre aucun rapport simple

(i) Cette conse'quence n’est vraie qu’autant que l’alcool ne contient en dissolution aucune substance étrangère qui puisse influer sur sa pesanteur spécifique. Il est arrivé quelquefois que des fraudeurs , dans l’intention de frustrer l’octroi d’une partie des droits dont sont imposés les esprits, y ajoutaient du chlorure de calcium , qui se dissolvant dans le liquide en augmentait la densité, et par cela même, ne permettait plus d’apprécier par l’aréomètre la quantité réelle d’alcool qu’ils renfermaient. Mais on reconnaît cette supercherie en évaporant une portion de l’alcool , qui donne pour résidu le chlorure ajouté ; on peut aussi étendre d’eau le liquide spiritueux, et y verser une petite quantité d’oxalate d’ammoniaque , qui occasione un précipité blanc très abondant d’oxalate de chaux. Si l’on omettait d’ajouter préalablement de l’eau à l’alcool, on obtiendrait, lors même qu’il ne contiendrait pas de chaux , un précipité cristallin d’oxalate d’ammoniaque , mais qui serait susceptible de se dissoudre par l’addition d’une certaine quantité d’eau distillée.

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entre les degrés qu’il indique et la pesanteur spécifique des liquides ou la quantité d’alcool qu’ils renferment ; pour acquérir ces notions, on est obligé d’avoir recours à la table précédente. Il est vrai que l’on trouve aussi dans le commerce des aréomètres qui indiquent en même temps la pesanteur spécifique, mais ce qu’il importe réellement le plus aux commerçans de connaître, c’est la quantité d’alcool que renferment les liquides qu’ils achètent.

La solution de ce problème était réservée à M. Gay-Lussac , qui vient de doter le com merce d’un instrument précieux, connu sous le nom d’ alcoomètre centésimal, dont les indications, faciles à constater, permettent de déterminer immédiatement la valeur relative des divers mélanges, en faisant connaître les quantités d'alcool auxquelles elles correspondent. Néanmoins, comme les anciens aréomètres sont encore très employés, nous devons indiquer leur graduation et. les causes d’erreur qu’il but éviter dans leur emploi.

Les deux aréomètres qui sont le plus en usage sont, i°. celui que l’on doit à notre célèbre Baume; 20. celui qui porte le nom d’uréomètre de Cartier, et qui n’est que l’aréo-

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mètre île B'aumè lui-même, à la graduation duquel on a fait, sans aucun but d’utilité, une modification qui n’ajoute absolument rien à la commodité de son emploi ou à l’exactitude de ses indications.

L’aréomètre de Baume est gradué pour la température de io° Réaumur ou 120 ~ centigrades; pour cela on le plonge alternativement dans l’eau distillée et dans une dissolution de sel marin faite avec 90 parties d’eau et 10 parties de sel. O11 marque avec exactitude les deux points d’affleurement; l’espace qui sépare ces deux points est divisé en 10 parties égales, ces parties représentent la longueur d’un degré, que l’on reporte ensuite sur la partie supérieure de la tige, à partir du trait le plus élevé : on marque o° au traitle plus bas, et les nombres i,2,3, etc., aux traits correspondans. Ainsi l’on voit que cet instrument marquera o° dans la dissolution saline, io° dans l’eau distillée, et un degré supérieur dans tous les liquides plus légers que l’eau.

L’aréomètre de Cartier , qui n’est, comme nous l’avons dit, qu’une modification de celui de Baume , offre la même forme. Pour le graduer, 011 le plonge dans un liquide marquant exactement 22" de Baumé; on fait un

trait au point d’affleurement, près duquel on écrit 2 2°, ensuite on prend sur l’échelle de Baumè un espace de i6° que l’on divise en 1 5 parties. L’une de ces parties, qui constitue le degré de Cartier, e st ensuite portée au-dessus et au-dessous du degré 22 aussi loin que la tige de l’instrument peut s’étendre. Ainsi l’on voit que le 220 degré est commun aux deux échelles et que chaque degré de Cartier vaut les — du degré de Baume.

Quoique la construction de ce dernier instrument offre plus de chances d’imperfection que celui de Baumè, il a néanmoins été généralement adopté par le commerce; du reste, la table indique la correspondance des degrés de Cartier avec ceux de Baumè , de demidegré en demi-degré.

Quelque soit l’instrument que l’on emploie, il faudra toujours, autant que cela pourra se concilier avec sa solidité, que la tige soit très mince eu égard au volume de la boule, afin que les degrés aient plus d’étendue et que les fractions soient plus faciles a saisir. Lorsqu’on s’en servira, il faudra, avant de le plonger dans le liquide, s’assurer qu’il ne contient dans les angles de sa surface aucun corps étranger qui , en augmentant son poids,

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pourrait altérer le degré. Il faudra éviter surtout que sa surface soit enduite de quelque matière grasse , qui l’empêcherait d’être mouillée , et faciliterait l’adhérence des bulles d’air.

L’instrument étant plongé dans le liquide, et étant parvenu à sa situation d’équilibre , après quelques oscillations que^ l'on a soin de faciliter en imprimant au liquide de légères secousses , on observe fe degré. On remarque d’abord qu’en vertu de l’action capillaire du verre sur le liquide , celui-ci se relève contre la tige de l’instrument, de manière à produire une surface courbe. On serait induit en erreur sur le véritable degré si on le prenait à la ligne de contact du liquide avec la tige; il faut, dans l’évaluation , faire la déduction de cette petite colonne de liquide qui s’élève au-dessus du niveau général , et considérer comme véritable degré celui qui correspondrait à l’intersection de la tige avec la surface plane du liquide (i) : mais de toutes les précautions

(1) Le petite colonne de liquide adhérente à la tige tend encore à augmenter le poids de l'instrument et à donner un degré plus fort. f

qui sont à prendre, la plus essentielle est. celle qui tient à la température, parce que cette condition a la plus grande influence sur la densité de l’alcool , et par conséquent sur son degré aréométrique. On peut en juger par la dernière colonne de la table, qui indique les variations qu’éprouvent les densités pour une variation de i° Réaumur audessus ou au-dessous de io°; et l’on observera que ces différences dans le degré réel et le degré apparent sont d’autant plus grandes , toutes choses égaies d’ailleurs, que l’alcool est plus généreux. Voici comment oiï peut se servir de ces tables. Supposons que l’on soit dans un jour d’été, à une température de 2 r° Réaumur ; on prend le degré d’un alcool , et l’on trouve qu’à cette température il est de 180 à l’aréomètre de Cartier. Pour connaître ce qu’il serait à la température de io° Réaumur, on cherche à la table, et l’on voit que pour un alcool à 1 8° chaque degré Réaumur correspond à une variation de 0,1 3o de Cartier; par conséquent , la différence totale sera (21 — 10) x o,i3o = i,43o, et le degré cherché sera 180 — i,43o = i6°,57. Si l’on opérait à une température inférieure à io° Réaumur, la différence devrait être ajou-

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tée. Si, par exemple, on prend le degré d’un liquide alcoolique, en hiver, à — 4° Réaumur, et que ce degré soit 36° de Cartier , pour connaître le véritable degré, c’est-à-dire le degré pris à io° Réaumur, il faudra prendre la différence de io à — 4, c’est-à-dire 1 4, la multiplier par la variation 0,208 donnée par la table, ce qui fait 14x0,208=2,912 , et pour le degré cherché 364-2,912=38,912. Il y aurait un moyen d’éviter ces calculs ; ce serait d’échauffer ou de refroidir, suivant la circonstance, le liquide sur lequel on opère , afin de le ramener préalablement à 1 o° Réaumur.

La chaleur n’influe pas sur les liquides alcooliques seulement en altérant leur degré, mais elle augmente notablement leur volume, circonstance toujours préjudiciable à l’acheteur, mais à laquelle on a peu d’égard dans le commerce , parce qu’on n’en calcule pas exactement les effets , qui sont cependant susceptibles d etre appréciés d’une manière rigoureuse. ( Voyez Gaj-Lussac , Instruction sur l’Alcoomètre centésimal. )

Alcoomètre centésimal. C’est , quant à la forme , un aréomètre ordinaire. Cet instrument a été gradué à la température de «à0

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centigrades, 120 Réaumur; son échelle est divisée en 100 parties, qui constituent les degrés. Ces degrés ne sont point égaux en longueur, mais ils sont tels, que le nombre qui exprime le degré exprime aussi , en centièmes, la quantité d’alcool contenue dans le liquide. Ainsi , le trait le plus bas porte o°, et correspond à l’eau pure; le trait le plus élevé porte le nombre 100, et correspond à l’alcool absolu. Si l’instrument , plongé dans un liquide spiritueux, s’enfoncait jusqu’au Gomc degré, cela indiquerait que ce liquide contient 60 volumes d’alcool pur, et 4° d’eau. Il est facile de voir qu’à l’aide de cet instrument on peut connaître immédiatement la quantité d’alcool contenue dans un volume connu d’un liquide spiritueux. En effet, il suffira pour cela de multiplier le nombre qui exprime le volume du mélange par celui qui exprime le degré ou les centièmes d’alcool. Ainsi, 35o litres d’un alcool marquant 6o° centésimaux, contiendront 35oxo,6o°=2 10 litres d’alcool pur. Cette connaissance s’acquiert immédiatement, et pour ainsi dire à la seule inspection de l’instrument. On conçoit d’après cela l’immense avantage que cet instrument présente sur les autres , et il n'festpas

douteux que son usage ne soit bientôt universellement adopté. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l’aréomètre ayant été gradué à la température de 1 5° centigrades , il y aurait une correction à faire aux résultats si l’on agissait à une température différente; mais on trouve dans l’instruction (i) qu’a publiée l’illustre académicien auquel nous devons l’alcoomètre , des tables calculées pour tous les degrés de température depuis o° jusqu’à 3o°, et qui font connaître immédiatement la force réelle d’un alcool quelconque et sa richesse en alcool absolu , telle quelle serait à la température de i5°. Comme ces tables , indispensables pour ceux qui se livrent au commerce de l’alcool, sont trop étendues pour trouver place dans cet ouvrage , nous nous contenterons de mettre sous les yeux de nos lecteurs celles qui expriment les degrés centésimaux en degrés de Cartier j et réciproquement, qui seront suffisantes dans le plus grand nombre de cas.

( i ) Cette Instruction se trouve avec rAlcoomètre , chez M. Collardsau , rue de la Cerisaie , n® g , et chez M. Robiquet, rue des Fosse's Saint-Germain- 1’ Au— xerrois, n° 5.

Évaluation de la force des liquides spiritueux en degrés de Cartier et en degrés centésimaux (1).

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