‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 79 sur 100 · POTASSE · texte numérisé non relu

POTASSE

SEL DE SEDLITZ. V. Sulfate de magnésie.

SEMEN-CONTRA, Barbotine, Semencine. Le semen-contra a été long-temps regardé comme une semence, ainsi que l’indique son nom-, mais lorsqu’on l’examine avec soin, on voit que c’est une fleur non développée. Il est produit par deux espèces d’armoise qui croissent dans la Perse, l’Asie-Mineure et la Syrie, et nommées ar ternis ici judaïca et artemisia contra de L., plantes qui appartiennent à la syngénésie polygamie superflue et à la famille des corymbifères.

On trouve dans le commerce, deux espèces de semen-contra y le semen-contra d A lep et le semen-contra de Barbarie. Le premier, qui est celui qu’on préfère, est verdâtre lorsqu’il est récent , en petits grains globuleux squammeux, dépourvus de duvet, mêlés à des pé-

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cloncules brisés , à des folioles de calice et à d’autres débris des rameaux de la plante; quelques-unes de ces petites fleurs non développées adhèrent encore à l’extrémité des pédoncules. Son odeur est forte et aromatique; sa saveur est amère et désagréable.

Le semen-contra de Barbarie, qui est beaucoup moins cher, et que dans le commerce on substitue fréquemment au premier, peut facilement être distingué en ce que les fleurs sont moins détachées que dans le précédent , et qu’elles sont au contraire réunies sous la forme de petits globules recouverts d’un duvet cotonneux blanchâtre qui donne un ton uniforme à la masse. L’odeur et la saveur se rapprochent beaucoup de celles du semencontra cV Alep.

On mélange quelquefois au semen-contra les semences et les fleurs d’une armoise de nos pays, artemisia abrotanum de L., et les semences de la tanaisie, tanacetum vulgare , L.; mais les premières se font reconnaître â leur odeur qui rappelle celle de l’absinthe, à leur couleur jaune claire et à leur saveur amère et persistante. Elles ne contiennent que très peu de pédoncules brisés. Les semences de tanaisie présentent les caractères suivans ;

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elles sont allongées, légèrement courbes, sillonnées et couronnées par un rebord membraneux. Ces semences sont fort amères et moins aromatiques que le semen-eontra.

M. Batka, droguiste à Prague, a, il y a environ trois ans, adressé à l’Académie royale de Médecine une note relative à une sophistiquerie du semen-contra par deux semences qu’il a reconnues pour appartenir, l’une à un pimpinella , l’autre à un anethum. A la première vue, ces semences paraissent imiter assez bien le semen-contra ; mais si on les examine avec attention , on reconnaît aussitôt qu’elles possèdent tous les caractères particuliers aux semences des ombellifères.

Comme le semen-contra perd une grande partie de sa couleur verte et acquiert une teinte rougeâtre en vieillissant, les droguistes sont dans l’usage de le teindre avec un mélange de curcuma et d’indigo. Selon eux , cette préparation donne au semen-contra un ton de fraîcheur qui le fait estimer de certains acheteurs.

Le semen-contra s’emploie en poudre comme vermifuge, depuis la dose de o,[\ grains jusqu’à celle d’un gros, suivant l’âge de l’individu. Il entre dans la composition des bis-

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cuits vermifuges, de l’opiat de < Salomon et de la poudre contre les vers. On en prépare un sirop et l’on en retire une huile volatile par la distillation.

SENE. C’est le nom qu’on donne aux feuilles purgatives de plusieurs arbrisseaux du genre cassia. Malgré la structure différente de leurs feuilles, Linnée les avait confondus en une seule espèce, à laquelle il avait donné le nom de cassia senna .

Jusque dans ces derniers temps, le séné a été regardé comme une substance identique et comme étant les feuilles d’un même végétal ; mais les observations de MM. Forskal et de Lamarck , les travaux de MM. Nectoux (i), Delille (y) et Rouyer, qui faisaient partie de l’expédition française en Egypte, ainsi que ceux de M. Collaclon^ 3), ont prouvé que le

(1) Voyage clans la Haute- Egypte , avec des observations sur les diverses especes de séné s in-folio, Paris, 1808.

(2) Mémoires botaniques , extraits de la Description de V Egypte; in-folio , Paris , 1 8 1 3 .

(3) Histoire naturelle et médicale des casses , et particulièrement de la casse, et des sénés employés en Médecine ; in- 4°, Montpellier, 1816.

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