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suffit pour Ja faire distinguer des vraies salsepareilles.
La racine de X agave cubensis ou de Y agave mexicana , plante de l’hexandrie monogynie et de la famille des broméliacées, est longue et traçante, de la grosseur d’une plume; son épiderme est foliacé, d’une couleur rouge de garance; elle est blanche dans l’intérieur, et paraît formée d’une multitude de fibres distinctes, très tenaces et difficiles à casser; son odeur est peu sensible et sa saveur faiblement astringente. Cette racine est, dit-on, employée dans certaines contrées à faire des cordes et autres ouvrages de ce genre.
La racine de laiche des sables , carex arenaria de L. , de lamonoecie triandrie, famille des cypéracées, est longue, rampante, cylindrique, de la grosseur d’une plume de cygne, garnie de filamens verticillés , qui sont les débris des anciennes gaines des feuilles. Son épiderme est mince et très difficile à séparer delà partie ligneuse. Cette dernière est composée de fibres très apparentes, d’une couleur grisâtre dans les grosses racines, blanche et amilacée dans les petites. Cette racine se fend difficilement dans le sens de sa
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longueur, et elle casse net quand on essaie d’en plier un fragment fendu, ce qui n’a pas lieu avec la salsepareille; enfin , son odeur et sa saveur sont légèrement aromatiques. Cette racine porte aussi le nom de salsepareille (T Allemagne.
Outre ces trois sortes de racines dont la substitution a lieu de temps à autre, certains herboristes, qui ont la réputation de vendre à bon marché, mélangent encore à la salsepareille fendue et coupée, des racines indigènes , telles que celles de saponaire et d’arrête-bœuf ; mais il existe entre ces racines et la salsepareille des différences tellement tranchées , que le plus léger examen suffit poulies faire distinguer.
La salsepareille, dont l’usage a été introduit en Europe en i55o, a toujours été, depuis cette époque , employée comme sudorifique et an ti- syphilitique. Elle fait la base des sirops de salsepareille et de Cuisinier, de la tisane de Feltz, etc., etc.
SANG-DRAGON. Le sang-dragon est une résine d’une couleur rouge foncée, friable, d’une cassure luisante, sans odeur et sans saveur sensibles, dégageant une odeur aro-
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matique lorsqu’on la projette sur des charbons ardens, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, à l’exception d’un très petit résidu formé de débris ligneux. Sa poudre est d’un rouge-vermillon très vif.
Le sang-dragon paraît être le produit de plusieurs végétaux de familles différentes. Le pterocarpus draco , le pterocarpus santalirius, le dracæna draco , le calamus rotang , le dalbergia monetaria , qui croissent aux Indes-Orientales et en Afrique, fournissent tous, soit par incisions pratiquées au tronc, soit par décoction des rameaux , un suc résineux dont les propriétés paraissent être identiques.
Quel que soit au reste le nombre des végétaux qui produisent le sang-dragon , le commerce le présente sous quatre aspects; i°. en petites masses orbiculaires ou ovoïdes d’une à trois onces environ, enveloppées de feuilles de roseau et assemblées en chapelets; 2°. en masses informes plus ou moins volumineuses; 3°. en cylindres aplatis longs de 1 o à 1 2 pouces et entourés de feuilles de palmier; 4°. enfin, en tablettes d’à peu près 1 pouce d’épaisseur sur 6 de largeur.
Lorsque ces sang- dragons sont purs, ils
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jouissent des memes propriétés; mais on les trouve rarement tels dans le commerce. Celui qu’on rencontre le plus souvent, et auquel les fraudeurs ont soin de donner les caractères physiques du sang-dragon véritable, n’est la plupart du temps qu’un mélange de diverses résines communes colorées avec une petite quantité de bon sang-dragon , avec du santal rouge, du colcothar ou du bol d’Arménie.
Ce sang-dragon falsifié n’a pas la cassure luisante et rouge du beau sang-dragon; sa poudre est d’un rouge terne foncé. Projeté sur des charbons, il laisse exhaler une odeur désagréable ; dissous dans l’alcool, il colore bien ce liquide en rouge, mais il laisse déposer un résidu insoluble considérable.
Le sang-dragon est employé en Médecine comme astringent. Il entre dans la composition de la poudre et des pilules astringentes, de l’emplâtre styptique, de quelques dentifrices , etc. , etc.
SANGSUES. Les sangsues sont des espèces de vers aquatiques, articulés, oblongs, très contractiles, n’offrant pas d’organes apparens et se fixant par une espèce de succion.
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Leur corps est composé d’un grand nombre de muscles circulaires, qui leur servent à exécuter les mouvemens qui leur sont propres. Leur couleur varie depuis le vert clair et le vert-grisâtre, jusqu’au noir foncé. Leur peau est tantôt douce , tantôt rude ou tuberculeuse; leur bouche est triangulaire, armée de trois dents très aiguës, assez fortes pour traverser la peau de l’homme et celle des animaux.
Les deux espèces de sangsues les plus communément employées sont la grise et la verte ( hirudo sanguisugamedicinalis et hirudo sanguisuga ofjicinalis de Savignjr). Mais souvent il arrive qu’à ces deux espèces il s’en trouve mélangée une troisième qui offre des différences bien tranchées dans ses caractères extérieurs et dans sa structure anatomique. C’est à cette espèce de sangsue, qui se nourrit d’une manière particulière, et qui surtout ne mord point, que MM. Huzard fils et Pelletier, dans leurs recherches intéressantes sur le genre hirudo , ont donné le nom de hirudo vorax ( hœmopis de M. Savigny) (i).
(i) C'est, selon toutes probabilités, au mélange fortuit de cette espèce de sangsue avec les espèces of-
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Nous emprunterons en partie au mémoire de ces deux savans la description des caractères qui distinguent ces trois sortes d’annelides, sans toutefois entrer dans des détails anatomiques que 11e comporte pas un ouvrage du genre de celui-ci.
Sangsue grise, hiruclo sanguisuga medi cinalis de Savigny , hirudo medicindlis de Caréna. Cette espèce de sangsue est ordinairement longue de 4 à 5 pouces; sa couleur est d’un gris- verdâtre plus ou moins foncé; le dos est généralement plus obscur que le ventre; elle se contracte en forme d’olive lorsqu’on la tire de l’eau, et présente une résistance assez forte à la pression des doigts. Cette espèce de sangsue , qui a beaucoup d’analogie avec la sangsue médicinale verte que nous allons décrire ci-dessous, en diffère cependant par quelques caractères. Son dos est le plus souvent marqué de quatre bandes bien distinctes, deux de chaque côté. Ces bandes sont quelquefois interrompues par des ren-
ficinales, qu’il faut attribuer les reproches qu’on adresse aux pharmaciens lorsqu’on leur rapporte des sangsues qui , dit-on , n’ont pas voulu mordre.
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flemens réguliers. Outre ces bandes , on en remarque une autre d une couleur moins foncée que le reste de la robe, et qui fait la séparation du dos d’avec le ventre. Cette bande marginale est bordée elle - meme de deux lignes assez ordinairement d’un brun foncé, l’une sur le dos, l’autre sous le ventre.
Sangsue verte, hirudo sanguisuga offici nalis de Savigny , H. provincialis de Caréna. Cette sangsue est la plus grosse des espèces employées; son corps est allongé, déprimé, d’une couleur verdâtre tirant assez souvent sur le roux ou le jaune sale; elle porte sur le dos quatre bandes longitudinales comme la précédente, mais la seconde bande du dos est moins tranchée et se joint à la bande marginale par des teintes transversales, en sorte que les côtés paraissent porter une série de facettes qui s’étendent de la tète au disque.
Sangsue de cheval ( hiruclo vorax). Cet annelide est allongé et ordinairement flasque; quelques-uns présentent de la dureté lorsqu’on les comprime dans la main , mais
ils se retournent seulement en anneau de la tête au disque sans se contracter en forme d’olive. Vers le second quart environ de la partie antérieure du corps, celle où se trouvent les organes génitaux, ils sont plus renflés et plus consistans. Ce renflement est surtout marqué après la mort par une espèce de pression au-dessus et au-dessous. Leur couleur, comme celle des espèces précédentes, varie depuis le vert clair jusqu’au noir foncé, mais ils n'ont pas de bandes longitudinales continues sur le dos. On remarque seulement dans les variétés peu foncées en couleur, de petites mouchetures très irrégulières, brunes, qui peuvent présenter parfois, il est vrai, l’aspect de bandes lorsque l’annelide se raccourcit; mais ces bandes sont toujours interrompues et assez irrégulièrement disséminées dans l’état moyen de dilatation de l’animal.
Ces renseignemens succincts suffiront sans doute pour empêcher de confondre Ykirudo vorax avec les autres espèces de sangsues proprement dites.
SCAMMONÉE. La scammonée est une gomme-résine purgative, que l’on extrait
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par incision du collet de la racine du convolvulus scarnmonia et du periploca scammone de L. , arbrisseaux de la pentandrie monogynie, de la famille des convolvulacées, qui croissent dans le Levant.
Le commerce en offre deux espèces qui présentent des différences bien marquées, et que l’on pourra facilement reconnaître aux caractères que nous allons décrire.
La scammonée cV Alep , qui est la plus estimée, est en morceaux , secs, friables, poreux, d’une couleur gris-cendré à l’extérieur, d’une cassure terne , et recouverte d’une poudre d’un gris-blanchâtre ; son odeur est faible, sa saveur âcre et nauséabonde. Elle est soluble dans l’alcool, auquel elle communique une couleur brunâtre, et n’est soluble dans l’eau qu’en très petite proportion.
La scammonée de Smyrne est en morceaux d’une couleur brun-noirâtre, lourds et compactes, d’une apparence terreuse, d’une cassure terne , et non poreux comme les précédens; elle se pulvérise avec difficulté , et donne par l’alcool une teinture plus colorée.
On trouve encore dans le commerce une troisième espèce de scammonée que l’on prépare à Montpellier ou dans les environs de
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cette ville, avec le suc du cynanchum monspe liacum de L. , les sucs lactescens de quelques euphorbes auxquels on mélange des résines , de la farine d’orobe, de la cendre, etc., etc. Cette scammonée porte le nom de scammonée de Montpellier, et en raison de la forme aplatie qu’on lui donne, celui de scammonée en galettes. Sa cassure est beaucoup plus compacte, sa dureté plus grande et sa couleur plus noire que celles des précédentes. C’est cette espèce de scammonée que l’on cherche souvent à substituer aux deux autres , et notamment à la scammonée de Smyrne, avec laquelle elle a quelque ressemblance physique.
MM. Bouillon- Lagrange et Vogel, qui ont fait l’analyse des scammonées d’Alep et de Smyrne , les ont trouvées formées de :
Scammonée dé Alep.
Résine 60
Gomme 3
Extrait 2
Débris de végétaux et matière terreuse 35
La scammonée est
Scammonée de Smyrne.
Résine 29
Gomme 8
Extrait . 5
Débris et matière terreuse 58
un purgatif très actif
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que l’on doit administrer avec beaucoup de réserve. Elle entre dans les pilules mercurielles, la poudre cornachine et un grand nombre d’électuaires.
SEL D’OSEILLE. V. Oxalate acidulé de