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un petit tableau comparatif des changemens qu’occasionent certains réactifs dans les infusés de ces feuilles et de celles de séné. Nous allons les reproduire ici. « Les feuilles du redoul sont ovales-lancéolées, glabres, très entières, larges de trois à douze lignes, longues de neuf lignes à deux pouces; elles offrent, outre la nervure du milieu, deux autres nervures très saillantes, qui partent, comme la première, du pétiole, s’écartent et se courbent vers le bord de la feuille, et se prolongent jusqu’à la pointe. Dans les plus grandes feuilles, on observe quelques autres nervures transversales qui joignent ces trois premières; mais dans les plus petites , qui peuvent seules être confondues avec le séné , on n’apercoit que les trois nervures principales,1 et ce caractère suffit pour les distinguer. D’ailleurs ces feuilles sont plus épaisses que celles du séné, un peu chagrinées à leur surface, non blanchâtres comme l’arguel , douées d’une saveur astringente non mucilagineuse , et d'une odeur assez marquée et un peu nauséeuse. »
M. Nectoux , dans son travail sur les sénés, prétend que les droguistes mélangent aussi quelquefois au séné obové, les feuilles du ba-
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giienaudier, colutea arborescens , L. , famille •des légumineuses; mais cette fraude est très aisée à reconnaître. Les feuilles du baguenaudier sont exactement ovales, non rétrécies à la base, obtuses, un peu échancrées au sommet, sans pointe, tandis que les feuilles du séné obové, qui sont celles avec lesquelles elles ont plus de rapport, sont ovalës renversées, rétrécies à la base, non échancrées au sommet et presque toujours terminées par iine pointe. Les feuilles du baguenaudier sont aussi plus vertes, plus minces et d’une saveur amère fort désagréable.
Depuis quelques années, on a introduit dans le commerce une nouvelle espèce de séné , à laquelle on a donné le nom de séné de l’Inde. Suivant M. Lemaire - Liancourt , qui le premier l’a fait connaître et qui l’a nommé senna elongata, les feuilles de ce séné sont longues de 20 à 22 lignes, larges de 3 à 5 lignes, minces, longuement aiguës, inégales à leur base, avec pédicule très court, un peu renflé, comme glanduleux; la nervure médiane des feuilles est fortement prononcée, de même que les nervures latérales, qui se réunissent vers les bords en festons assez réguliers. Ces feuilles ont une odeur
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forte et nauséabonde en masse, une couleur vert-jaunâtre, terne, peu glauque. Ce séné, qui passe pour être de bonne qualité, se récolte sur la côte occidentale de l’Afrique, depuis Corée jusqu’à Sierra-Leone.
MM. Lassaigne et Feneulle , qui ont fait l’analyse des feuilles du cassia acutifolia , en ont retiré :
i°. De la chlorophylle;
2°. Due huile grasse ;
3°. Une huile volatile peu abondante;
4°. De l’albumine ;
5°. Un principe purgatif (cathartinc );
6°. Un principe colorant jaune ;
rj°. Du muqueux ;
8°. De l’acide malique;
9°. Du malate et du tartrate de chaux ; io°. De l’acétate de potasse ;
1 1°. Des sels minéraux.
Le séné est un des purgatifs les plus usités en Médecine; il entre dans une foule de préparations magistrales et officinales.
Reactifs.
Infusé de séné.
Infusé de redoul.
Noix de galle.
Louche.
Rien.
Gélatine.
Rien.
Précipité blanc très abondant.
Sulfate de fer.
Couleur verdâtre.
Précipité bleu très abondant.
Emétique.
Rien.
Précipité blanc très abondant.
Oxalate
d’ammo-
niaque.
Précipité très abondant.
Précipité très abondant.
Chlorure de barium.
R ien .
Très trouble.
Deutochlorure de mercure
Rien d’abord.
Précipité blanc.
Chlorure
d’or.
Rien, puis trouble brunâtre.
Réduction instantan ée; précipité pourpre-noirâtre.
Nitrate
d’argent.
Précipité jaunâtre très abondant.
Précipité jaunâtre passant au noir.
Potasse
caustique.
Rien; odeur de lessive.
Précipité gélatineux très abondant, rougissant à l’air; odeur de petite centaurée.
SIROP DE GOMME ARABIQUE. Ce sirop que les confiseurs et les épiciers se sont crus autorisés à préparer et à vendre . sous le prétexte qu’il ne renferme aucune substance active, capable de porter le trouble dans l’économie animale, est presque toujours, lorsqu’il sort de leurs boutiques, un médicament auquel on ne peut ajouter aucune confiance, car il arrive très rarement qu’il contienne la quantité de gomme exigée par les formulaires. La plupart du temps ces sirops de gomme ne sont que des eaux-mères de sucre candi ou des sirops de sucre très commun décolorés par le cliarbon animal. On ne doit donc pas être surpris du peu de succès qu’on obtient lorsqu’on fait usage d’un semblable médicament, au beu d’un médicament bien préparé, et sous ce rapport, il peut être utile de faire connaître les caractères que doit présenter le sirop de gomme.
Le sirop de gomme fait d’après la formule du Codex , c’est-à-dire renfermant quatre onces de gomme par livre de sirop simple (i) ,
(i) La dose de gomme indiquée par le Codex donne pour résultat un sirop trop épais et trop visqueux ; aussi îa plupart des pharmaciens n’en met-