‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 83 sur 100 · SIR · texte numérisé non relu

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doit êtreblanc , conservant toujours un aspect opalin , lors même que la quantité de gomme est de moitié moins considérable ; sa saveur est douce et mucilagineuse , sa densité très forte; il a beaucoup de viscosité et coule lentement. On peut reconnaître si un sirop contient de la gomme, et en déterminer approximativement la quantité, au moyen de l’alcool à 36°. Pour cela, il suffit de verser dans le sirop que l’on veut essayer un volume double d’alcool; si le sirop contient de la gomme, il s’y manifeste de suite un précipité blanc, floconneux, qui est d’autant plus abondant, que le sirop contient plus de gomme, et qui serait encore très apparent lors même que la proportion de gomme ne s’élèverait qu’à i centième.

Le sirop de gomme est fréquemment employé en Médecine comme pectoral ; on l’administre, soit pur, soit dans de l’eau ou dans un infusé approprié.

tent-ils que deux onces par livre de sirop de sucre. Cette remarque n’a point échappe' à MM. Henry père et Guibourt, qui, dans leur nouvelle Pharmacopée, ont adopté cette dernière proportion.

SIROP DE LIMONS. Le sirop de limons se prépare en faisant dissoudre du sucre très blanc dans le suc dépuré de ce fruit; mais il arrive que souvent on remplace le suc de limons ou de citrons par une solution d’acide tartrique.

On peut toujours reconnaître le sirop tartrique en en mélangeant une petite quantité avec quelques gouttes d’une solution concentrée d’hydro-chlorate de potasse , qui donne lieu à un dépôt grenu et cristallin de tartrate acide de potasse. Ce phénomène , qui n’a pas lieu avec le sirop de limons, ne se produit dans le sirop tartrique que quelques heures après le mélange, en raison de la viscosité du liquide.

Le sirop de limons est employé en Médecine comme rafraîchissant.

SIROP DE VIOLETTES. Le sirop de violettes se prépare, en faisant dissoudre du sucre très blanc dans un infusé de fleurs de violettes fraîches et mondées de leurs calices ( viola odoi'ata de L. ). Il doit être d’une belle couleur bleue qui devient verte par les alcalis et d’un rouge violet par les

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acides; d’une saveur douce et mucilagineuse , d’une odeur agréable de violette.

Ce sirop , qu’un pharmacien exact doit toujours préparer lui-même, est sujet dans le commerce à plusieurs falsifications. La première consiste à substituer à la fleur de violette la fleur de pensée des jardins ( viola tricolor de L. ) , qui donne aussi par l’eau bouillante un infusé d’une belle couleur bleue, à faire fondre du sucre dans la colature, et à donner à ce sirop l’odeur de la violette au moyen de l’iris de Florence. Dans la seconde, on remplace l’infusé de violettes par un décodé de tournesol en pains, et l’on procède ensuite de la même manière.

Le sirop préparé avec la fleur de pensée a beaucoup d’analogie avec le sirop de violettes sous le rapport de la couleur, mais il en diffère très sensiblement par une légère âcreté que lui communique l’infusé de racine d’iris. Les renseignent ens que nous avons pris sur cette substitution nous portent à croire qu’elle n’est pas si répandue qu’on le suppose généralement, eu égard à l’impossibilité de préparer ce sirop factice en tout temps, et à la cherté des fleurs de pensée mondées.

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Quant au sirop préparé avec le tournesol* il peut être distingué à plusieurs caractères. D’abord, il n’est jamais d’une couleur bleue franche, sa teinte est violâtre, et lorsqu’on interpose la fiole ou le flacon qui le renferme, entre l’oeil et la lumière solaire ou la flamme d’une bougie , il paraît d’une couleur rouge intense. Sa saveur, loin d’être douce et. mucîlagineuse comme celle du sirop de violettes, est au contraire urineuse et désagréable. Si l’on ajoute à ce sirop de tournesol quelques gouttes d’un acide, il devient instantanément d’une couleur rouge-coquelicot très claire, tandis que le sirop de violettes conserve encore, sous l’influençe des acides, une teinte violette bien différente de la précédente. Enfin , les alcalis qui font virer au vert la couleur de la violette sont sans aucune action sur celle du tournesol.

S’il arrivait que, dans l’intention de donner le change sur cette falsification , on mélangeât du sirop de tournesol avec un tiers ou un quart de sirop de violettes , les alcalis exceptés, tous les autres caractères pourraient encore servir à faire reconnaître ces mélanges. L’action des acides les ferait passer à une couleur qui se rapprocherait

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