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à l’article Potasse les caractères distinctifs île ces deux produits.)
Ce que l’on appelle cristaux de soude n’est autre chose que du carbonate de soude cristallisé, que l’on peut considérer comme du carbonate de soude pur (pour les besoins des arts), c’est-à-dire ne contenant plus que des traces de sulfate et d’hydro-chlorate de soude, qui sont les deux sels étrangers qui existent en plus grande quantité dans les sels de soude. Seulement il faut avoir égard à la quantité d’eau de cristallisation qu’ils renferment, et qui s’élève à 62,69 pour 100 du poids des cristaux, de telle sorte que 100 kilogrammes de cristaux ne représentent que 3 7^' .3 1 de carbonate de soude sec.
Les diverses espèces de soude brutes, de même que les sels de soude, ne s’achètent jamais qu’après essai. Ces essais sont fondés sur les memes principes, et s’exécutent de la meme manière et avec les mêmes instrumens que les essais de potasse; ils ont été décrits à l’article Potasse; nous ajouterons seulement quelques précautions de détail , relatives aux différences que présentent les deux substances.
La première de ces précautions est relative
à la solubilité beaucoup moins grande du carbonate de soude. Pour faire un essai, on en prend io grammes, comme pour l’essai des potasses, mais au lieu de les mettre simplement dans la quantité d’eau prescrite, on broie la soude dans un mortier en y versant l’eau par petites portions, et décantant le liquide trouble à chaque fois. On continue à triturer de la sorte jusqu’à ce que toute la soude ait été enlevée par décantation, et réduite par conséquent en poudre très fine, condition la plus favorable à la dissolution des parties solubles quelle renferme. On laisse déposer le liquide, on en prend la moitié , et l’on opère comme pour la potasse. Il est bien évident que ces dispositions ne sont pas nécessaires pour les sels de soude, qui sont promptement et en totalité solubles dans l’eau.
Il faudrait bien se garder d’employer de l’eau chaude, dans l’intention de dissoudre plus promptement les portions solubles de la soude, surtout si l’on opérait sur la soude artificielle, attendu quelle renferme une grande quantité de sulfure de chaux qui est soluble à chaud, et qui, réagissant sur le carbonate de soude, reformerait du sulfure
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de soude et du carbonate de chaux, et troublerait ainsi les résultats de l’essai.
Malgré cette précaution, la détermination du vrai titre des soudes présente encore quelques incertitudes, comme l’ont indiqué MM. Gay-Lussac et ÏV elter , Annales de Chimie et de Physique , t. XIII. Ces incertitudes dépendent de ce que la dissolution de soude que l’on essaie contient non- seulement du carbonate de soude et de la soude caustique, mais encore du sulfure , du sulfite et quelquefois de l’hypo-sulfite de soude.
En effet, le sulfure de soude saturera une certaine quantité d’acide sulfurique, ce qui élèvera d’autant le degré de la soude, au préjudice de l’acheteur, puisque le sulfure de soude n’est d’aucune utilité et est meme nuisible dans la plupart des cas où l’on emploie la soude.
Le sulfite de soude est aussi une grande source d’erreur, car ce sel à l’état neutre, c’està-dire tel qu’il existe dans les sels de soude, composé d’un atome d’acide sulfureux et d’un atome de soude, verdit le sirop de violettes , ramène au bleu la teinture du tournesol rougie, et conserve cette propriété jusqu’à ce que l’on soit parvenu à saturer la