‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 84 sur 100 · SOU · texte numérisé non relu

SOU

d’autant plus de la teinte violette ou de celle cocpielicot, que le sirop de violettes ou celui de tournesol serait prédominant.

Le sirop de violettes est employé en Médecine comme tempérant et rafraîchissant; il entre dans la composition de la casse cuite. On s’en sert en Chimie comme réactif pour reconnaître l’alcalinité de certains liquides.

SOUDE. La soude du commerce, qui n’est jamais de la soude pure, mais un mélange de soude carbonatée avec des proportions variables de sels étrangers , provient de diverses sources. Celle à laquelle on donne ' le nom de soude naturelle est produite par la combustion de certaines plantes marines, appartenant particulièrement aux genres saU sola et salicornia de L.

Ce sont les cendres elles-mêmes qui, par l’effet de la forte chaleur à laquelle elles sont soumises, éprouvent une espèce de fritte qui les agglomère en masses dures plus ou moins volumineuses, et comme la combustion n’est jamais complète, ces masses restent toujours colorées en brun par l’interposition d’une certaine proportion de charbon. Les diverses soudes naturelles portent dans le commerce

sou

le nom des pays d’où on les tire. Celles qui sont le plus répandues sont les soudes d’Alicante, de Carthagène, de Ténériffe, et une autre espèce que l'on fabrique sur les côtes de Normandie, à laquelle on a donné le nom de soude de varec/î, du nom commun que porte la plante qui la fournit.

< La soude qu’on appelle factice et dont il se fait une très grande consommation, est produite par la décomposition à une haute température du sulfate de soude , au moyen du charbon et de la craie.

Les soudes naturelles sont , comme nous l’avons dit, en masses informes, compactes, grisâtres. Celle d’Alicante, qui est la plus estimée et la plus riche en alcali, est d’une couleur claire; sa pâle est légèrement poreuse.

Celle de Carthagène, qui a beaucoup d’analogie avec la précédente, est en général plus compacte, plus dure et plus faible en degrés.

La soude de Ténériffe se distingue surtout par une teinte noire beaucoup plus foncée que les deux autres.

La soude de vareck , qui est aussi en masses noirâtres, a une saveur beaucoup moins caus-

sou 4s>7

tique que les précédentes; elle ne contient presque pas de carbonate de soude; elle est formée essentiellement de sulfate de soude, de sulfate de potasse et de chlorure de sodium ; son usage principal est pour l’extraction de l’iode et du sel marin qu’elle renferme.

La soude artificielle est en morceaux beaucoup plus friables , se délitant plus facilement à l’air, d’une couleur rougeâtre très prononcée , et contenant dans leur masse des fragmens de charbon d’un assez gros volume. Cette espèce de soude répand , quand on la traite par un acide quelconque, une odeur très forte d’œufs pourris.

Lorsqu’on traite les soudes brutes par l’eau froide, et qu’on évapore la dissolution à siccité, on obtient ce qui dans le commerce est connu sous le nom de sel de soude ; c’est un produit d’une couleur blanche, quelquefois légèrement rougeâtre, d’une saveur très caustique, que l’on confondrait au premier abord avec la potasse du commerce, mais qui s’en distingue par sa teinte jaunâtre, et surtout par la propriété de ne pas tomber en déliquescence comme la potasse lorsqu’on l’expose à l’action d’un air humide. {Voyez

Page 1