III. — DES CRAMPES
Il est bien peu de personnes qui ne connaissent les crampes pour en avoir éprouvé, surtout dans les muscles du mollet. On sait que cet accident débute soudainement, à la suite de quelque mouvement ou d'iiU'î altitude longtemps continuée, qu'il survient le plus souvent la nuit, qu'il dure très peu, tout au plus une ou deux minutes, mais qu'il peut se rvpéter un grand nombre de fois de suite. Les muscles contractes forment une saillie rigide, ils immobilisent complètement la partie affectée. Un*' vive douleur accompagne constamment celte contraction et quelquofoi> persiste assez longtemps après. Il peut môme y avoir déchirure dt quelques petits vaisseaux, épanchement sanguin, ecchymose, etc.
Les muscles le plus souvent affectés de crampes sont les jumeaus, le
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soléaire, ie plantaire grêle, les fléchisseurs et extenseurs du gros orteil; les muscles de la main, ceux de la mâchoire, du cou, du tronc, sont moins fréquemment atteints. Quant à retendue de la contraction, elle varie depuis les cas où tout un groupe de muscles est pris en même temps jusqu'à ceux où quelques fibres seulement se raidissent.
Lorsque les crampes ne se produisent que de loin en loin, elles ne constitueQt qu'un accident sans importance. Mais chez certains sujets les crampes, très douloureuses, se renouvellent toutes les nuits à des intervalles plus ou moins longs, troublent le sommeil et constituent un état des plus pénibles qui réclame les soins du médecin.
La cause la plus habituelle des crampes est la fatigue qui suit un exercice exagéré ; souvent il suffit de replacer la partie affectée dans la position où la crampe a eu lieu pour que celle-ci se reproduise aussitôt. Une cause moins commune consiste dans la compression des nerfs, dans celle des veines ou plus généralementdans un obstacle à la circulation des membres (certaines attitudes incommodes, tumeurs abdominales, varices). La production de crampes violentes est l'un des symptômes les plus douloureux du choléra; attribuées à tort à l'état morbide de l'inte>lin, ces contractions morbides se rattachent plus vraisemblablement à rallération du sang.
Les malades affectés de crampes ont instinctivement recours à l'immobilisation des membres, au mouvement forcé, à des frictions sur la peau, etc. Quand l'accident se répèle à de courts intervalles, on fait usage d'an régime doux, d'applications froides, de bains, de frictions excitantes, etc. Un médecin de Manchester, M. Bardsiey, tourmente lui-même par des crampes qui revenaient presque toutes les nuits depuis plusieurs années, fut frappé d'un fait qu'il constata également en ques* tionnant plusieurs autres personnes sujettes aux crampes : c'est que lorsqu il donnait dans son fauteuil, les extrémités inférieures ne touchant pas 1^' sol, mais suspendues de manière àformerunplan inclinéavecle reste du corps, jamais les crampes ne venaient le troubler dans cette position. Il fit doncpréparer unliten plan incliné. Cette méthode réussitparfaitement(l).