TRAITEMENT DES NÉVROSES CONVLÎLSIVES
iri-aves chez les personnes douées d'une grande susceptibilité nerveuse , ou d'une prédisposition singulière à contracter des convulsions sous rinfluence de la cause la plus légère. Trousseau, qui avait fait cette remarque essentiellement clinique, rappelait à ce sujet le passage suivant de SloU : Convukio et spasmns^ uti freqtientior in infanlibxis^ ita minus periculosus 0$ plerumque est quàm adultis.]
Traitement. — Combattre la cause des convulsions ; traiter l'attaque con^iiJsive, tel est ici le double but de la thérapeutique.
V L'éliologie des convulsions comprenant un très-grand nombre d éléments, nous ne saurions entrer dans de longs détails au sujet du traitement réclamé par chacun d'eux. Nous dirons seulement qu'en premier lieu il faut déterminer le plus rigoureusement possible Texistence ou Tabsence d'une lésion matérielle, et s'attacher à combattre celle-ci quand elle est de celles qui ne déjouent pas les efforts de la médecine. ÛD rer^herchera donc le point de départ des convulsions dans les centres neneux, dans les nerfs moteurs, dans les nerfs sensitifs, et Ton opposera aux divers étals pathologiques de ces parties le traitement général ou topique, médical ou chirurgical, hygiénique et pharmaceutique qu'ils commandent. L'état de chlorose ou d'anémie devraétre, dans bien des cas, pris en grande considération, et les ferrugineux, les toniques de toutes sortes, l'hydrothérapie, occupent une place importante dans le traitement des maladies convulsives, fortifier étant souvent le vrai moven de calmer.
Les résultats sont beaucoup moins nets et souvent ils sont nuls quand la eause de la maladie reste inconnue, ou qu'elle est au-dessus dos ressources de l'art, ou qu'enfm on néglige de la traiter pour ne s'occuper que de ses effets. La disposition convulsive, ce que nous avons appelé convulsibilité, spasmophilie, suractivité du centre moteur, etc., f^sl une condition pathologique toute spéciale, singulièrement rebelle à l'usage externe et interne des préparations d'opium, de jusquiame, d'arsenic, de camphre, d'éther, et d'une foule d'autres agents pris dans la classe des médicaments que l'on décore du nom d'antispasmodiques : iiigensfarrago, disait Van Swieten. D'ailleurs, pour le choix à faire entre tant de moyens différents, on manque, il faut l'avouer, de toute indication positive et précise, et l'on se trouve réduit & tous les tâtonne* meols de l'empirisme.
[Ajoutons encore que la médication la plus efficace, la plus rationnelle, doit s'appuyer sur la physiologie de l'acte convulsif. Celui-ci a souvent sa source dans une impression subie par un nerf centripète, et pour qu'il se produise, il faut que la moelle, douée par ce fait ou par ellemême d'une excitabilité exagérée, devienne le point de départ d'excita^ lions motrices anormales elles-mêmes, conduites par les nerfs centrifuges.
iTO NÉVHOSES DE L\ MOTILITÉ.
Li th«!'rapeiilique aura donc pour but :
1* D'a^jir sur les conducteurs neneux en s'opposant à la transmissiuo des exciUilions cenlripîftes ou centrifuges;
2" D'agir sur les centres nerveux en diminuant le pouvoir excilo-moteur de la moelle.
Pour n*mj)lir la première indication, il faut, en ce qui regarde le nerf sen>ilif, supprimer les causes d'irritation lociile (extraction de corps étrangers sur le trajet des nerfs, ligature d'un membre sur le trajet d'une aura dans répilepsie, section nerveuse dans le tétanos, compresskm ovarienne dans Tliyslérie, emploi de stupéfiants locaux, etc.)
Parmi les agents capables de diminuer, d'anéantir même rexcitabili:^; ncr>'euse motrice, la théorie indique bien le curare, qui a pour propri^'lp de paralyser les extrémités des nerfs moteurs; mais, outre que l'emploi de cette subsUince est d'un maniement difficile, dangereux même, il n'a pas produit, dans le tétanos, la rage et Tcpilepsie, les résultats qu'on était en droit d'en attendre. Même réflexion doit être faite au sujet de la levé de Galal>ar et des autres médicaments congénères pouvant agir dans le même sens, c'est-à-dire à titre de paralyso-moteurs, tels que la ciguë, la cicutine, etc.
Pour remplir la seconde indication, qui est de calmer l'excitabilité médullaire, il faut s'adresser à des médicaments capables d'exercer une influence modératrice sur la moelle. Piu'mi eux, il faut citer le bromure de potassium, et tous les bromures en général (bromure de sodium, de calcium, de camphre, de zinc, etc.). D'après Mcizhuisen, le chlorure de potassium, Tacétiite de zinc peuvent agir au même titre.]
S'' Quant au traitement des attaques, distinguons bien les convulsioni partielles, qui par elles-mêmes n'exigent guère l'intervention active et immédiate du médecin, des convulsions générales, qui la réclament quelquefois impérieusement. Dans ces dernières, tantôt on s'eflbrce de prévenir le retour des attaques : pour cela il faut soustraire les malade? aux excitations morales ou physiques trop vives; placer dans certains cas des ligatures sur un membre d'où semble irradier l'excitation au mouvement; comprimer les carotides pour empêcher l'abord du san; vers la tête, etc. ; tantôt, si les convulsions ont déjà éclaté, on es?n\e iVan modérer l'intensité par l'usage des antispasmodiques, des dérivatif cutanés, etc. ; quelquefois, si des signes de congestion se prononcent ver> la tête, une émission sanguine devient nécessaire; ou bien enfin il s'api de remédier par un traitement variable selon les cas, aux accidents d'hyperhémie ou autres qui se développent cousécu/ivem^nf à l'accès convul<if.
Les moyens employés contre les conmlsions partielles sont exactement ceux que l'on est dans l'habitude d'opposer aux affections douloureuses des nerfs sensitifs.
TRÂITEMERT ÏÏES N&TROSES COIlTtJLSIVES. i7t
[DoDs certafaiee formes cowulsi¥es(é€lainpsie des femmes en eoiiehes, l'aoesthésîe par le chloroforme est souvent indiquée, ainsi que dans les cas où la convulsion a une tendance i se répéter et ise pnrfonger. Néanmoins, le cblorofonne est absolument contre-indiqué dans Tépil^^ie par exemple, ainsi que dans toutes les eonvulsicms asphyxiantes, dans celles qai, ayant le bulbe pour siège, réclameraient une dose de médicament trop considérable pour pouvoir influencer la moelle allongée avec efficacité et sans danger.
Dans certains cas, on pourrait peut-être employer Faneslhésie locale â faide de TappUcation de compresses froides ou glacées, de pulvérisa* tions d'éther sur la colonne vertébrale, lorsque les convulsions ont pour siège la moelle épiniére.
Enfin, on emploiera aussi les substances qui agissent à titre d'antispasmodiques : Toxyde, le laclatede zinc, etc., les préparations diverses de valériane, Téther, le castoréum, Tasa fœtida, le musc, le camphre, le sulfele de cuivre ammoniacal, la teinture d'ambre, etc.
Dans certaines formes d'éclampsie et dans les convulsions de plus ou moins longue durée qui offrent un danger toujours imminent par les phénomènes d'asphyxie et de stases sanguines dans les différents organes et surtout dans les centres nerveux, il sera souvent indiqué d'ouvrir largement la veine ou défaire une application de sangsues. Les révulsifs intestinaux sont également indiqués ; mais il faut se garder, surtout chez les eniants, d'employer des drastiques, qui, par l'irritation intestinale qu'ils proTwjncnt, pourraient devenir la cause nouvelle de convulsions réflexes. Le mieux est d'avoir recours à l'huile de ricin, et surtout au calomel. Dans l'enËuice, on aura surtout en vue une médication étiologique (scarification ou débridement des gencives dans le cas de dentition pénible, traitement de l'helminthiase, de tous les symptômes intestinaux, de la diarrhée, de la constipation, traitement d'une simple indigestion, etc.) Dans l'intervalle des accès, bains simples ou bains de tilleul et de valériane, emploi de bromure de potassium, d'élher, d'onctions belladonées, lavements d'asa fœtida, de chloral à la dose de 0^,20 chez les nouveau-nés (1), purgatifs doux et légers, inhalations de chloroforme et d'élher à très-petites doses ; lorsque les convulsions sont très-violentes, emploi de la saignée générale ou mieux de la saignée locale (sangsues aux apophyses mastoïdes), seulement dans les cas où l'enfant paraîtfort et vigoureux et où la violence et la persistance des attaques déterminent des symptômes d'asphyxie.
Enfin, la compression des carotides pourra être suivie parfois de bons résultats. Voici comment Trousseau recommandait de la pratiquer :
(1) Polainon. — Dt Cen^loi du lavementê de ehloral, dam Us convulshm des nouveau-néi {Soc âeméd.dê Pari», fév. 1876, et Union médicaU, p. 471, 1876).
^72 .NÉVROSES DE L\ MOTIUTÉ.
quand la convulsion est prédominante d'un côté, il faut autant que possible comprimer la carotide du côté opposé; quand la convulsion est équilatérale, comprimer les deux carotides alternativement.
Mais dans les comiilsions de l'enfance, le médecin n'est pas olilig»^ d'intervenir toujours activement. Il doit au contraire parfois se garder dune thérapeutique trop énergique qui pourrait entretenir et proloni:er les accidents. C'est ainsi que l'application de révulsifs cutanés, de sinapismes, de vésicaloires, etc., au moment de l'accès doit être absolumenl proscrite, parce qu'elle peut déterminer par la douleur qu'elle provoque des convulsions réflexes; elle peut trouver son emploi, avec les frictions irritantes sur la peau, la saignée, etc., dans les cas où les convulsions ont jeté les enfants dans un état de stupeur plus ou moins accentué.
Dès que l'accès survient, il est nécessaire de débarrasser l'enfant de ses vêtements, afin de permettre la liberté des mouvements respiratoires, de l'exposer dans une chambre bien aérée, de lui élever la tel»* et de présener son corps contre les causes de chute ou de contusions.]
Dans les g/; n oral i lés qui précèdent, nous n*avons pas toujours nettement séparé ce qui est r»jlatif aux névroses complejces avec phénomènes convulsiis, do c«? qui appartient aux nitmv.i convuhives proprement dites. S'il en résulte quelque confusion, il n'en faut accuser quf u base exclusivem»:'nt physiologique sur la<iueUe repose la classitication des né\Toses; cljs>iiication dont nous avons déjà fait ressortir l'insuffisance et les inconvénients, tout en b siçmlaat comme la seule possible dans l'état actuel de nos connaissances. Mais au momt^at •!' faire la description paiiiculi-lredes diverses névroses convulsives, nous croyons devoir raj-'j-elfr que cette étude n'embrassera forcément qu'unpetit nombre d'espèces morbides, et que le Itct'jur devra recourir, pour en trouver le complément naturel, à l'histoire des névro>e> c«>jipiexcs (état nerveux, cliorée, hystérie, épilepsie, etc.). Les seules affections dont nous a^or:* a nous occuper à retle pla^e sont les convulsiotis jxirtielleSy et cela parce que les convuM cj:én»'Tales, étant le symptôme d'une affection des centres nerveux, ne sauraient guère existe: sans qu il s y ajoute d'autres phénomènes, tels que troubles de la sensibilité, de rîntelli^eace, des sens spéciaux, autant de signes concomitants et équivalents de la même souffrance organique.